En partant de ce principe, devenu aujourd'hui un fait, que le continent
américain est la propriété collective du genre humain, et non de
l'_union_ déchirée d'une seule race sans titre et sans droit, du moins
sur l'Amérique espagnole et sur la race latine, mère de toute
civilisation, le principe de protection de l'Europe et de son
indépendance, du moins dans ses dix-sept États républicains de
l'Amérique du Sud, découle évidemment pour nous et pour toutes les
puissances de l'ancien monde. Il faut prévoir les événements, il faut
protéger la race latine, et, pour protéger, il faut prendre position
d'abord sur le point menacé contre les États-Unis. Il le faut, ou bien
il faut déclarer que le continent nouveau, possession de l'Europe,
appartiendra tout entier, dans vingt-cinq ans peut-être, à ces pionniers
armés qui ne reconnaissent pour tout titre de leur usurpation que leur
convenance, et qui permettent à leurs citoyens, comme Walker, de lever
individuellement des escadres et des armées contre Cuba, pendant que
leur général fédéral entre au nom de l'Union dans Mexico, et de là dans
toutes les capitales de l'Amérique civilisée du Sud!