«_Celui qui chérit sa cellule y trouvera la paix._ L'Imitation de
Jésus-Christ nous l'apprend. Je commence par éprouver la vérité de ces
paroles consolantes. Le sentiment de la solitude s'adoucit aussi par le
travail. L'homme qui travaille n'est jamais complétement malheureux, et
j'en suis la preuve. Pendant la belle saison, la culture de mon jardin
et de mon parterre m'occupe suffisamment; pendant l'hiver, je fais des
corbeilles et des nattes; je travaille à me faire des habits; je prépare
chaque jour moi-même ma nourriture avec les provisions qu'on m'apporte
de l'hôpital, et la prière remplit les heures que le travail me laisse.
Enfin l'année s'écoule, et, lorsqu'elle est passée, elle me paraît
encore avoir été bien courte.