Total. Fr. 130 60

Ce total de 130 fr. 60 dépasse de 17 fr. 60 celui de 113 francs que

j'indiquais dans mon article. J'avais calculé sur le lit en bois. Il en

résulte que l'économie par unité n'est plus seulement de 64 francs mais

bien de 81 francs, et celle que l'administration de la Guerre aurait pu

réaliser pour les 250.000 hommes de la nouvelle classe est de 20.250.000

francs au lieu de 16 millions!

Pour ce qui est de la différence notable entre les prix payés par la

Guerre et ceux payés par la Marine pour les draps, couvertures, matelas,

il n'y a vraiment qu'une chose à en dire, c'est que la Guerre pourrait

s'informer auprès de la Marine des procédés qu'elle emploie pour avoir

ces fournitures à si bon compte.

«Il n'y a pas d'économies à faire sur l'entretien, dit-on encore: le

soldat de terre ne lavant pas ses draps, ne pourra laver les toiles de

hamac!»

C'est vraiment avoir trop mauvaise opinion du soldat français. Une foule

de jeunes inscrits maritimes arrivant au service de la Marine ignorent

l'art de laver une toile de hamac. Une leçon suffit pour le leur

apprendre, et puis c'est fini pour la vie!

Enfin, et c'est ici la plus étonnante des objections faites à l'emploi

du hamac dans l'armée, on m'écrit qu'un soldat ne pourrait se faire à

une couchette telle que le hamac! Et pourquoi donc, s'il vous plaît? Nos

marins sont-ils d'autres hommes que nos soldats? Pensez-vous que, tous

petits, ils ont été habitués au hamac? Si cela peut être exact pour un

faible nombre de pêcheurs de Terre-Neuve et d'Islande (et encore la

plupart d'entre eux ont-ils à bord des couchettes en planches) l'énorme

majorité des jeunes gens qui viennent à la Marine n'a connu auparavant

que des lits plus ou moins confortables, mais lits tout de même. Et

croyez bien qu'ils goûtent à leur première nuit de hamac le même repos

que dans ces lits, si ce n'est un meilleur.

Donc, je me permets de conclure à nouveau que les plus fortes raisons de

propreté, de commodité, d'économie, plaident en faveur du hamac de marin

et veulent qu'on l'emploie pour nos soldats. Je sais bien qu'il y a la

terrible routine? Mais, qu'on fasse un essai! Beaucoup de jeunes gens

qui vont entrer au service s'y prêteraient volontiers.

L'Illustration, No. 3689, 8 Novembre 1913 · 第 29 / 35 题