Il était une fois un prince puissant et opulent qui pour agrandir
le parc de son château, dépouilla un pauvre paysan du seul morceau
de terre qu'il possédait. Un jour, comme il se promenait, triste
et préoccupé, dans le champ qu'il avait volé, il vit le paysan
qui s'approchait de lui, tenant à la main un sac vide. "Je viens
vous parler, prince, dit-il, les larmes aux yeux, de vouloir
bien accorder une grâce à celui que vous avez volé; souffrez
qu'il emporte[1] de son patrimoine seulement autant de terre
que se sac peut contenir.--Je ne puis vous refuser l'objet de
cette sotte demande," répondit l'usurpateur.
Le paysan remplit alors de terre son sac: "J'ai encore une grâce
à vous demander, dit-il ensuite à son fief interlocuteur, c'est de
m'aider à charger ce sac sur mon épaule." Le prince y consentit,
bien qu'impatienté et prêt à entrer en colère; mais lorsqu'il
voulut soulever le sac plein, il s'écria: "Je suis fou de vouloir
soulever ce sac, il est trop lourd; homme singulier, emportez-le
comme vous pourrez." Alors le paysan, se redressant devant le
prince, lui dit: "Un seul sac de cette terre est déjà trop lourd
pour vous, et vous ne craignez pas de charger votre conscience
de tout le poids de ce champ!"
Frappé de ces paroles, le prince comprit l'injustice de l'action
qu'il avait commise et il restitua aussitôt au paysan le champ
qu'il lui avait pris.
[Footnote 1: Why subjunctive?]
Écrivez en 300 mots cette histoire.