On conte sur Horace Vernet, qui fut un des meilleurs peintres
militaires de la France, une amusante anecdote. Elle prouve que,
chez ce grand artiste, la bonhomie naturelle était à la hauteur
du talent.
Un matin, un cuirassier, qui avait fréquemment entendu prononcer
le nom de Vernet, mais qui ne se rendait pas bien compte de la
position du célèbre peintre, alla le trouver dans son atelier.
Le brave garçon désirait avoir son portrait pour l'envoyer au
pays. Il s'en ouvrit à l'artiste, mais il ajouta qu'il voulait
avant tout être fixé sur le prix que cela lui coûterait.
"Combien veux-tu y mettre? demanda Horace.--J'irai bien jusqu'à
trente sous, répondit le cuirassier.--Bon! cela me va."
En quelques coups de crayon, Vernet eut bien vite terminé une
charmante esquisse du guerrier, que celui-ci emporta triomphant.
Le beau militaire ne put cependant s'empêcher de dire à un camarade
qui l'attendait à la porte: "J'ai eu tort de ne pas marchander:
j'aurais peut-être eu mon portrait pour vingt sous."
La naïveté du cuirassier est d'autant plus amusante que le moindre
dessin de Vernet se payait déjà fort cher quand ce peintre célèbre
vivait. Aujourd'hui un tableau de lui vaut une petite
fortune.--(CLAUDE AUGÉ.)
À quel titre Horace Vernet est-it célèbre?--Avait-il un caractère
aimable?--Est-ce que le cuirassier de notre anecdote avait jamais
entendu parler de lui?--Quel dessein le soldat a-t-il
formé?--Qu'est-ce qu'il voulait savoir auparavant?--Le peintre a-t-il
fixé le prix que cela lui coûterait?--Le soldat voulait-il payer cher
son portrait?--Le peintre s'est-il montré complaisant?--Quel regret
le cuirassier a-t-il éprouvé en sortant de chez Vernet?--Savait-il
ce que valait son portrait fait par le célèbre artiste?
Quelles sont, dans cette anecdote, les expressions les plus usuelles?
Les plus difficiles?