Un volume in-fol. maximo, vélin, trois colonnes, très-nombreuses
miniatures; XVe siècle; relié en maroquin rouge, aux armes et au chiffre
de J. Auguste de Thou sur les plats. Provenant de l'ancienne
bibliothèque de Colbert.
Il est surprenant que l'immortel de Thou, auquel ce volume a appartenu
et qui l'a fait magnifiquement relier, ait laissé subsister sur le dos
de la reliure le titre erroné de _Hist. de la guerre saincte_.
Ce bel exemplaire ne contient que la première partie de la rédaction
définitive, jusqu'à la mort de Philippe-Auguste. Le reste, jusqu'à celle
de Philippe-le-Hardi, est emprunté à Guillaume de Nangis, et à ses
continuations. Le chapitre des amours du comte de Champagne ne s'y
trouve pas.
Début: «Cyl qui ceste oevre commence a tous ceulx qui ceste ystoire
liront salut a noustre Seigneur. Pour ce que pluseurs doubtoient de la
geneologie des roys de France de quel original et de quel lignee ils
sont descendus emprist-il ceste oeuvre a faire par le commandement de
tel home que il ne pot ny ne dut refuser. Mais pour ce que sa lectreure
et la simplese de son engin ne souffit mie a traitier de oevre de si
haulte ystoire.»
Fin: «Pour ceste chose furent mehues pluseurs questions a Paris entre
les maistres de theologie savoir mon si le roy povoit donner ne octroier
le cuer de son pere sans la dispensacion du souverain evesque. Ci fault
listoire du bon roy Phelippe-le-Hardi.»
Nºs 8304, 8305.
Deux volumes in-folio, papier, deux colonnes; fin du XVe siècle; reliés
en maroquin rouge, aux armes du France sur les plats.
Cette leçon est fort mauvaise. Le copiste était un fripon qui s'est
contenté de mettre de l'exactitude dans la transcription des têtes de
chapitre, se réservant d'en abréger scandaleusement la substance. On
voit qu'il avoit sous les yeux un exemplaire de la rédaction définitive
et qu'il ne l'a tronquée que pour rendre sa besogne plus facile. Le
récit est continué d'après Juvénal des Ursins jusqu'à l'année 1458. En
finissant, il a bien voulu nous faire connoitre son nom dans les lignes
suivantes: «Ces chroniques ont esté escriptes de la main de Nahei
Reituag (Jehan Gautier) pour maistre Jehan Blondeau, praticien, en la
court de parlement. Et contiennent deux voulumes, lequel Blondeau les
vendra à qui vouldra bailler argent content paix et accord, ainsi que en
tel cas appartient.»
Nºs 8305 ^2, 8305 ^4.
Deux volumes in-folio, vélin, deux colonnes, miniatures, vignettes et
initiales; écriture du commencement du XVe siècle; reliés en maroquin
rouge, aux armes de Colbert sur les plats. Provenant de l'ancienne bibl.
de Colbert.
Cet exemplaire offre le texte définitif. Il est d'une bonne écriture et
d'une assez rigoureuse correction. Il ne contient pas le dernier
chapitre du pillage de la Juiverie.
Début: «Cil qui ceste oeuvre commence a toux ceulx qui ceste histoire
liront salut en Nostre-Seigneur pour ce que plusieurs gens se doubtoient
de la genealogie des roys de France de quel original et de quel lignie
ils sont descendus emprist cette oeuvre afaire par le commandement de
tel homme que il ne le pot ne ne deut reffuser mais pour ce que sa
lecture et la simplesce de son engin ne souffist pas atraittier de une
si haulte histoire...»
Fin: «Fut advise pour tenir lesdis ducs en unite, et par censequent le
royaume de France, qu'il estoit expedient que le roy qui encore ne avoit
accompli son .XII. an si feust sacrez et couronnez et receust ses
hommages, et feust tout le royaume gouverne par ly et en son nom lequel
advis fut raporte aux dis ducs lesquielx le consentirent et orent
agreable.»
Le chapitre du comte de Navarre s'y trouve avec le nom de _Gratebrule_.