Coment le roy, par le conseil de pluseurs sages, fist signefier à
pluseurs princes crestiens, lesquels il tenoit pour ses amis et bien
vueillans, que il s'estoit délibéré pour la partie du pape Clément.
Après ladite déclaration faite, le roy ot avis et délibéracion, par le
conseil de pluseurs sages, que il segnifieroit ces choses aux princes
crestiens que il tenoit pour ses amis et bien vueillans, et ainsi le
fist. Et envoia messages notables, prélas, barons et autres chevaliers
et clers, les uns en Alemaigne, les autres en Hongrie, les autres en
Ytalie et autres en pluseurs autres pays, pour segnifier coment il se
estoit déclaré pour la partie dudit pape Clément, et pour leur dire et
monstrer les causes et raisons qui l'avoient meu à ce faire, et pour
leur requérir que pour l'onneur de Dieu et de sainte églyse il
voulsissent ainsi faire, afin que toute crestienneté fust soubs un
pasteur et un vicaire de Jésus-Christ, ainsi comme elle devoit estre. Et
oultre leur faisoit le roy savoir que s'il y avoit aucun prince ou autre
qui féist aucun doubte en ce fait pour cause de l'esleccion ou
nominacion dudit Berthélemi, que il voulsissent oïr les messages que le
roy leur envoioit, lesquels estoient instruis souffisamment et informés
de la vérité du fait. Et si trouvèrent lesdis messages du roy, en aucuns
lieux, gens instruis autrement que de la vérité, et soustenans le fait
dudit Berthélemi, et par espécial ès parties d'Alemaigne. Et jasoit ce
que le roy de Hongrie eust par avant segnifié et escrit au roy de France
que telle partie comme il tendroit ledit roy de Hongrie tendroit, toutes
voies, les messages que le roy de France envoia devers ledit roy de
Hongrie pour ceste cause trouvèrent que il estoit plus enclin à la
partie dudit Berthélemi que à la partie dudit pape Clément. Et aussi les
Flamens, jasoit ce que il fussent et soient du royaume de France,
respondirent que jusques à ce qu'il fussent plus plainement enformés, ne
tendroient ledit pape Clément pour pape.