CII.

De la requeste qui fu faite à monseigneur le régent sur la délivrance

des dessus nommés.

Le lundi ensuivant vingt-nueviesme jour du moys d'octobre, pluseurs des

mestiers de Paris, au pourchas de amis des dessus nommés prisonniers,

alèrent en la maison de la ville et firent grant clamour de leur amis

qui avoient esté pris, en disant que autel pourroit-on faire de tous les

autres de Paris. Et faisoient sentir, par leur paroles, que ce avoit

esté fait par vengeance de ce qui avoit esté fait au temps passé par

ceux de Paris; en disant que l'en les prendroit ainsi les uns après les

autres; et tout, pour esmouvoir le peuple. Et portoit la parolle un

clerc de Paris appelé maistre Jehan Blondel, lequel requist au prévost

des marchans qui lors estoit appelé Jehan Culdoe, et pluseurs autres qui

là estoient, qu'il alassent par devers le régent qui estoit au Louvre,

pour lui requérir que il féist tantost délivrer les dessus emprisonnés,

ou que il déist les causes pour lesquelles il les avoit fait

emprisonner. Et ainsi le firent contre la voulenté du prevost des

marchans et firent audit régent lesdites requestes; lequel respondi que

il iroit l'endemain à la maison de la ville, et là feroit dire les

causes pour lesquelles il les avoit fait emprisonner; et quant il les

auroient oïes, sé il vouloient que il les délivrast il les délivreroit.

Et ainsi se despartirent.

Les grandes chroniques de France (6/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 114 / 339 题