XCIV.

Coment aucuns de Picardie furent desconfis des Anglois et Navarrois qui

tenoient le chastel de Mauconseil[139].

[139] _Mauconseil_. Ce nom ne se retrouve plus sur les cartes. Le

continuateur de Nangis nous apprend qu'il étoit situé près de

Noyon.--La chronique inédite (nº 530, Sup. fr.) nomme le capitaine

des François et Flamands _Pierre de Flavy_, chevalier; et celui des

Navarrois _Le Bascon de Mareil_.--Froissart dit, à propos de la

prise de Mauconseil, que «ces trois forteresses (Creil, La Harelle

et Mauconseil) firent tant de destourbiers au royaume de France, que

depuis en avant cent ans ne furent réparés né restaurés.» Il eût

fallu imprimer _qui_ au lieu de _que_, avec les manuscrits. Mais

comment Froissart, mort vers 1400, peut-il parler de ce qui se

voyoit un siècle après l'année 1358? Je soupçonne la une faute des

nouvelles éditions.

Le jeudi vingt-troisiesme jour du moys d'aoust, pluseurs des communes de

Tournay et de autres villes de Picardie qui estoient à siège devant un

chastel de l'evesque de Noyon avec pluseurs nobles du pays, pource que

les Anglois et Navarrois l'avoient pris et se tenoient dedens, furent

desconfis par pluseurs de la partie des Anglois et Navarrois, desquels

estoit capitaine monseigneur Jehan de Piquegny et monseigneur Robert son

frère, lesquels se estoient rendus ennemis du roy de France, de son fils

et de son royaume, avec ledit roy de Navarre. Et s'enfouirent lesdites

communes; et les gentilshommes furent pris, jusques au nombre de cent

vingt ou environ. Et y fu pris ledit evesque de Noyon et fu mené à

Creil, dont ledit monseigneur Robert s'appeloit capitain[140], depuis

que ladite ville avoit esté prise des Anglois.

[140] _S'appeloit capitain_. Plus loin, nos chroniques nomment, comme

Froissart, le capitaine de Creil _messire Jehan de Foudrigai_.

(Voyez chapitre CXVI.)

Les grandes chroniques de France (6/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 106 / 339 题