LVI.

Coment l'université de Paris, par le prévost des marchans, alèrent par

devers monseigneur le duc pour faire accorder les demandes au roy de

Navarre.

Celle sepmaine, l'université de Paris[81], le clergié, le prévost des

marchans et ses compaignons, alèrent par devers monseigneur le duc, au

palais, et là fu dit audit duc, par frère Simon de Langres, maistre de

l'ordre des Jacobins, que tous les dessus nommés avoient esté ensemble

au conseil, et avoient délibéré que le roy de Navarre feroit faire audit

duc toutes ses demandes à une fois; et que tantost que il les auroit

faites, ledit duc feroit rendre audit roy de Navarre toutes ses

forteresces: et après l'en regarderoit sur toutes les requestes dudit

roy, et luy passeroit l'en tout ce que l'en devroit. Et pour ce que

ledit maistre ne disoit plus, un moine de Saint-Denis en France, maistre

en théologie et prieur d'Essonne[82], dit audit maistre que il n'avoit

pas tout dit. Si dist lors ledit prieur à monseigneur le duc, que encore

avoient-il délibéré que sé il ou le roy de Navarre estoient refusans de

tenir et accomplir leur délibération, il seroient tous contre celuy qui

en seroit refusant et prescheroient contre luy[83].

[81] Du Boullay, dans son _Histoire de l'Université_, et tous nos

historiens assurent, je ne sais sur quel garant, que l'Université

refusa toujours de porter le chaperon mi-parti; mais tous, à

l'exception de M. Michelet, omettent de mentionner la visite faite

par l'Université au dauphin, qui s'en seroit bien passé.

[82] _Essonne_. Près de Corbeil.

[83] Il suffiroit de ces dernières phrases pour prouver que notre

chronique n'est plus rédigée par un moine de Saint-Denis.

Les grandes chroniques de France (6/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 68 / 339 题