Coment l'université de Paris, par le prévost des marchans, alèrent par
devers monseigneur le duc pour faire accorder les demandes au roy de
Navarre.
Celle sepmaine, l'université de Paris[81], le clergié, le prévost des
marchans et ses compaignons, alèrent par devers monseigneur le duc, au
palais, et là fu dit audit duc, par frère Simon de Langres, maistre de
l'ordre des Jacobins, que tous les dessus nommés avoient esté ensemble
au conseil, et avoient délibéré que le roy de Navarre feroit faire audit
duc toutes ses demandes à une fois; et que tantost que il les auroit
faites, ledit duc feroit rendre audit roy de Navarre toutes ses
forteresces: et après l'en regarderoit sur toutes les requestes dudit
roy, et luy passeroit l'en tout ce que l'en devroit. Et pour ce que
ledit maistre ne disoit plus, un moine de Saint-Denis en France, maistre
en théologie et prieur d'Essonne[82], dit audit maistre que il n'avoit
pas tout dit. Si dist lors ledit prieur à monseigneur le duc, que encore
avoient-il délibéré que sé il ou le roy de Navarre estoient refusans de
tenir et accomplir leur délibération, il seroient tous contre celuy qui
en seroit refusant et prescheroient contre luy[83].
[81] Du Boullay, dans son _Histoire de l'Université_, et tous nos
historiens assurent, je ne sais sur quel garant, que l'Université
refusa toujours de porter le chaperon mi-parti; mais tous, à
l'exception de M. Michelet, omettent de mentionner la visite faite
par l'Université au dauphin, qui s'en seroit bien passé.
[82] _Essonne_. Près de Corbeil.
[83] Il suffiroit de ces dernières phrases pour prouver que notre
chronique n'est plus rédigée par un moine de Saint-Denis.