XXXIII.

Des lettres qui furent apportées à Paris de par le roy de France,

lesquelles furent publiées en faisant deffense que les trois estas ne

s'assemblassent à la journée dessus dicte.

Le mercredi après Pasques flories qui fu le quint jour du moys d'avril,

furent criées et publiées par Paris, par lettres ouvertes et mandement

du roy, les trièves dont est dessus faite mencion. Et aussi fu crié et

publié que le roy ne vouloit pas que l'en paiast le subside qui avoit

esté ordené par lesdis trois estas, dont est faite mencion; et aussi il

ne vouloit pas que les trois estas se rassemblassent à la journée par

eux ordenée à la quinzaine de Pasques né à autres, dont le peuple de

Paris fu moult esmeu, par espécial contre l'arcevesque de Sens, contre

le conte d'Eu cousin germain du roy, et contre le conte de Tancarville,

qui les lettres du roy ès quelles les choses dessus dites estoient

contenues avoient apportées de Bourdeaux, et auxquels le roy avoit

enchargié de les faire publier avec pluseurs autres choses que l'en leur

avoit commises et chargiées à faire.

Et disoit la plus grant partie du peuple de Paris que c'estoit fausseté

et traïson de publier que lesdictes trièves fussent données né

accordées; et de empescher ladite assemblée des trois estas né à lever

ledit subside. Et par la commocion et desroy qui fu lors en ladite

ville, il convint que ledit arcevesque et conte s'en alassent assez

hastivement; lesquels se absentèrent. Et pour ce que aucuns disoient

qu'il estoient moult dolens de la vilenie qui leur avoit esté faite, et

que pour ce il assembloient gens d'armes et avoient entencion et volenté

de gréver aucuns de ceux de Paris, l'en fist garder soigneusement ladite

ville, tant de jour comme de nuit; et n'y avoit de la partie devers

Grant-Pont que trois portes ouvertes de jour; et de nuit elles estoient

closes toutes.

Item, le samedi ensuivant, la veille de Pasques les grans, qui fu le

huitiesme jour d'avril, fu crié et publié par Paris que l'en leveroit

ledict subside et que les trois estas se rassembleroient à ladicte

quinzaine de Pasques, nonobstant ledit cri qui avoit esté le mercredi

précédent. Et ordena ledit duc de Normendie que l'en féist ledit cri,

par le conseil ou contrainte des dessus dis trois estas, c'est assavoir:

dudit evesque de Laon qui estoit principal gouverneur desdis trois

estas, du prévost des marchans et de aucuns autres.

Les grandes chroniques de France (6/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 44 / 339 题