XIII

René Grandon s’interrompit. Peut-être hésitait-il à se livrer davantage,

à découvrir un coin plus obscur, une blessure plus profonde de son âme.

Il n’avait pas encore prononcé le nom de madame Derive, ni fait allusion

à cet amour mystérieux. Et, tout à l’heure même, tandis qu’il parlait,

je devinais que son esprit était ailleurs, absorbé dans un autre passé;

son regard fixe semblait voir l’invisible, et, par instants, il se

penchait, il tendait la face, attentif, comme s’il entendait un appel

lointain, là-bas, dans le silence. Il me tardait de savoir toute son

histoire. Je le pressai de continuer.

--C’est un spectacle décevant, reprit-il soudain, que Paris vu pour la

première fois, par un temps d’hiver. On s’est imaginé des merveilles, on

s’attend à des splendeurs, et l’on s’étonne des rues étroites, des

maisons grises, du pavé boueux, du brouillard qui fond en pluie fine sur

ce vaste monde de pierres; et l’on s’effraye de sa petite molécule

humaine, instable et frêle, perdue parmi cette foule indifférente et

anonyme qui se hâte, qui s’agite, s’enfièvre, tourbillonne et vous

bouscule.

Dès mon arrivée dans la capitale, où je ne connaissais personne,

j’éprouvai cette impression de solitude infinie, je sentis se dissoudre

ma chétive personnalité, qui ne tenait à rien et qui errait au hasard,

par les rues, avec la crainte de s’égarer. Je fus ainsi, plusieurs

semaines, seul, désorienté, ahuri par le vacarme, éloigné, par une

timidité souffrante, de cette humanité fébrile qui grouillait sans cesse

autour de moi et dont le heurt me brutalisait. Non, ce n’était même pas

l’hostilité permanente, universelle, qui, en province, me pourchassait

de toutes parts; c’était l’indifférence complète, absolue, l’égoïsme

intransigeant que crée l’âpre conflit vital dans les grandes cités. Ma

laideur même n’effarouchait personne, je passais inaperçu dans cette

agglomération d’existences insoucieuses de la mienne, comme parmi les

arbres d’une forêt déserte et touffue.

Au quartier Latin, où je m’étais installé, je voyais des couples joyeux,

des bandes bruyantes d’étudiants qui montaient ou descendaient le

boulevard Saint-Michel. Moi, j’étais seul, toujours seul, au milieu de

cette gaîté, de toute cette joie de vivre; je n’osais aborder personne,

ni même entrer dans un café, car les cafés étaient pleins de jeunesse,

d’illusions, d’espérances et de rires; et les femmes surtout, les filles

du quartier me faisaient peur. Je savais bien que je ne pouvais

prétendre à aucune, que toutes m’auraient repoussé, peut-être insulté,

si j’avais eu l’audace de leur parler. Leur regard ne rencontrait jamais

le mien; je baissais les yeux, elles détournaient la tête. Oui, même par

le regard, je n’avais de communication avec aucun être, ma laideur

horrible faisait le vide autour de moi, comme une barrière

infranchissable. J’étais plus malheureux que les infirmes, plus délaissé

que les chiens perdus, qui sont parfois recueillis par des âmes

pitoyables.

J’avais une voisine dans l’hôtel garni où je logeais. Une cloison légère

séparait nos deux chambres. Tout le jour, j’entendais son jeune rire et

son babillage. Elle se nommait Bijoute. Du moins, c’était ainsi qu’on

l’appelait.

Bijoute n’était pas sérieuse. Elle était l’insouciance et l’inconscience

mêmes, rentrant tard ou pas du tout, parant de ses cheveux dorés, de son

éclat de courtisane fauve, les restaurants de nuit et les bals publics,

attirant et allumant tous les regards, quand elle dansait, vêtue d’une

robe si étroitement ajustée, qu’elle en était troublante à la fois de

grâce et d’indécence.

Elle était la parure du quartier, convoitée par tous, rayonnante et

folle, intéressante aussi par ce je ne sais quoi de las et de vaincu

qu’ont toutes, en dépit des artifices, les vendeuses de joie; mais cette

lassitude ne s’apercevait chez elle qu’aux heures rares où les lueurs de

la conscience se reflètent sur le visage. Il y avait alors un rien

d’amertume dans le pli de ses lèvres qui touchait à la joue. On lui

demandait: «Qu’as-tu Bijoute?» Et c’était toujours la même réponse: «Je

n’ai rien, laissez-moi.» Elle passait pour la fille capricieuse,

inconstante, amoureuse d’indépendance, congédiant ses amants au bout de

huit jours, désespérant ses adorateurs, usant sa chance, sans profit,

inhabile enfin à exploiter le désir de l’homme. J’entendais parfois la

tenancière de notre hôtel qui la sermonnait: «Vous êtes trop gâtée;

c’est dommage vraiment! vous êtes si jolie!... Ah! si vous vouliez

devenir sérieuse!...»--«Mais je suis sérieuse», répondait Bijoute, en

prenant tout à coup un air grave et froissé, adorablement drôle.

La première fois que Bijoute m’avait vu, elle avait jeté un cri

d’épouvante, puis elle était partie d’un éclat de rire inextinguible.

Moi, je m’étais sauvé, et, depuis, je n’osais plus paraître devant elle,

je l’évitais, je craignais de la rencontrer. Et, pourtant, il m’arrivait

de la suivre à distance, et je ne sais quelle joie soudaine m’inondait,

quand son jeune rire, traversant la cloison de ma chambre, éclatait dans

le silence de ma solitude. J’avais peur, si elle me voyait une seconde

fois, qu’elle ne quittât l’hôtel, pour fuir mon voisinage.

Un jour, je ramassai un objet qu’elle avait laissé tomber; je le

suspendis à sa porte pour qu’elle le retrouvât en rentrant; et je

veillai sur cet objet, jusqu’à l’instant où je reconnus son pas et le

frou-frou de sa robe dans l’escalier.

J’aspirais avec ravissement le parfum qui traînait après elle et dont

l’air restait un moment imprégné, là où elle avait passé... Non, je

n’espérais rien. C’était déjà beaucoup pour moi de la sentir si près,

d’être effleuré par son atmosphère et d’en pouvoir rêver... Souvent, je

me cachais pour la voir, elle me frôlait, sans se douter que j’étais là.

Je la trouvais adorable, cela me suffisait, cela bornait mon horizon; il

y avait des jours où je n’étais pas malheureux.

Combien avait-elle eu d’amants? Elle-même sans doute ne savait plus.

Elle était la chose éphémère et jolie, offrant au caprice qui passe

l’aumône d’une caresse, l’illusion du bonheur...

Moi, j’aspirais seulement à l’approcher de plus près, à causer, un

instant, avec elle. Mais cela même, ce désir naïf me semblait aussi

irréalisable que le rêve de conquérir une reine.

J’avais encore dans l’oreille ce cri d’effroi qu’elle avait jeté, puis

ce fou rire, plus insultant et plus cruel encore, dont elle avait été

secouée, l’unique fois qu’elle m’avait aperçu. Je ne lui en voulais pas,

cependant. Tant d’autres, avant elle, m’avaient fait expier plus

durement le crime d’être laid!

Un matin, une idée étrange et romanesque germa dans mon cerveau.

Nous étions à l’époque du carnaval. Il y avait bal masqué, le soir, à

l’Opéra. Je me procurai deux billets, et j’en adressai un, sous

enveloppe, à Bijoute. «Elle ira, pensai-je, je serai masqué comme tout

le monde, elle ne me reconnaîtra pas, et je lui parlerai.»

Qu’avais-je donc à lui dire? En vérité, je l’ignorais. Une confusion de

sentiments intenses, inexprimables, m’agitait comme un cyclone

intérieur. J’étais vierge, je ne m’étais jamais approché d’une femme, et

j’avais toujours songé à l’amour... Oh! l’affreuse ironie du destin qui

m’avait fait cette laideur inhumaine avec un cœur humain, capable

d’amour!

Toute la journée, je passai par des alternatives d’exaltation,

d’inquiétude, de tristesse et de joie. Enfin, vers onze heures du soir,

j’entrai à l’Opéra, déguisé et masqué.

Où était-elle? J’errai près d’une heure, à sa découverte, taciturne et

gauche, dans le vertige de la fête, le flamboiement des lustres, avec la

stupeur d’une bête de nuit exportée au soleil. J’examinais toutes les

femmes, cherchant à la deviner à sa taille, à sa démarche, au timbre de

sa voix, à la couleur de ses cheveux et de ses yeux, à la grâce

troublante de ses mouvements, car elle ne pouvait faire un geste qui ne

fût gracieux... Autour de moi, les couples tournaient, valsaient,

sautaient, au tumulte d’un orchestre qui me mettait plus de détresse

dans l’âme...

J’étais venu là pour me donner, l’espace d’une soirée, une illusion

apaisante, l’illusion d’être un homme comme les autres. Un homme comme

les autres!... Eh bien! non, malgré mon masque, malgré mon déguisement

qui me confondait dans la banalité de cette mascarade, je n’étais pas un

homme comme les autres! J’étais différent de tous, non seulement par ma

disgrâce physique, mais aussi et plus encore peut-être par ma chair, par

mes sentiments, ma pensée, par toute la souffrance muette qui s’était

accumulée en moi, différent des garçons de mon âge qui osaient parler

aux femmes, qui avaient goûté à des lèvres chéries; différent des

vieillards qui gardaient au cœur des souvenirs délicieux et pouvaient

espérer encore... Je me sentais à part, étranger à tout, ne tenant à

rien, et je restais en panne, adossé à une colonne, morfondu par cette

gaieté factice, pénible et machinale, où le rire sonnait faux, où les

voix s’éraillaient, aigres et criardes. Et je me trouvais bête, bête à

pleurer, sous ce déguisement grotesque, où mentait et sanglotait toute

mon âme.

Le temps passait; déjà, des masques se soulevaient. Enfin, je la vis...

La première de tout le bal, elle avait jeté son loup, et elle s’avançait

vers moi, la figure claire et riante, essoufflée par la danse, l’air

triomphant.

Je l’abordai et je trouvai le courage de lui dire:

--Bonsoir, Bijoute.

Elle s’arrêta, surprise:

--Vous me connaissez donc?

--Oui.

--Qui êtes-vous?

--Curieuse!

--Je veux savoir.

--Tout à l’heure.

--Non, tout de suite.

En même temps, elle tenta de soulever mon masque; j’arrêtai son geste.

--Non, je vous en prie.

--Pourquoi?

--Parce que...

--Alors, que me voulez-vous?

--On peut causer un moment, dis-je.

Je faisais le brave, mais je tremblais comme une feuille. Pour ne pas

laisser tomber la conversation, je lui avouai que l’inconnu qui lui

avait adressé un billet pour le bal de l’Opéra, c’était moi. Elle me

demanda, en me tutoyant tout à coup, si je l’invitais à souper.

--Avec plaisir, déclarai-je.

Elle me prit le bras.

--Oh! comme tu trembles! dit-elle.

Je ne répondis pas, je ne trouvais plus de parole, mes genoux

fléchissaient... Je sentais les pulsations tièdes de sa chair sur le

revers de ma main gauche, au-dessous de ses seins; il me semblait que

l’atmosphère était pleine du parfum de ses cheveux, de la chaleur douce

qui émanait d’elle et qui m’enveloppait... Puis, je ne savais pas parler

aux femmes, ni pourquoi je tremblais auprès d’elles. C’était ma nature

ainsi... C’était peut-être aussi que j’aurais eu trop de choses à leur

dire, si j’avais su m’expliquer. Tout mon être défaillait de tendresse,

de passion torturante et inassouvie.

--Comme tu trembles! répéta-t-elle... Qu’as-tu donc?

Je continuais à me taire. Les mots s’étranglaient dans ma gorge, ma voix

aurait chevroté de fièvre, si je m’étais fait violence pour prononcer

une phrase, une de ces plaisanteries lourdes dont s’amusent les filles.

Elle restait surprise, ne comprenant pas.

--Voyons, tu ne dis rien? Tu es muet?... C’est drôle. Tu n’es pas comme

tout le monde... Tout à l’heure, tu voulais causer, et voilà qu’on ne

t’entend plus... Allons, parle, dis quelque chose...

Une tristesse infinie, maintenant, m’envahissait. Mes larmes coulaient,

silencieuses et tièdes, sous le masque qui me cachait la face.

Cependant, je parvins à balbutier quelques mots, des mots sans suite,

qui n’avaient pas de sens. Puis, invinciblement, je retombai dans mon

mutisme.

--Non, vrai, tu n’es pas drôle, reprit-elle... Qu’est-ce que tu as? Un

chagrin? Alors, on ne vient pas ici... Moi, je suis très gosse, je me

fiche de tout... Toi aussi, tu dois être très gosse. Dis un peu ton âge

pour voir... A t’entendre, on dirait la voix d’un enfant qui a pâti.

Je déclarai mon âge: dix-huit ans. Je confessai aussi que j’arrivais de

province et que j’avais encore ma virginité. Elle éclata de rire.

--Non, vrai!... Ah! c’est tordant! Un puceau de dix-huit ans, à Paris,

au bal de l’Opéra!... Alors, je ne te lâche plus... Un puceau, je ne

connais pas ça, je veux voir ça... Alors, c’est pour ça que tu tremblais

tantôt?... Va, n’aie pas peur, mon gosse, on ne te fera pas de mal.

En même temps, elle essaya, de nouveau, de soulever mon masque. Ma

résistance l’étonna. Pourquoi ne voulais-je pas découvrir mon visage? Je

ne trouvais que de mauvaises raisons. J’avais envie de fuir maintenant,

honteux, troublé, redoutant l’issue de cette aventure, qui ne pouvait se

terminer qu’à ma confusion.

--C’est bien, dit-elle, je ne te tourmente plus, laisse-moi la surprise.

Nous nous étions écartés du bal, nous longions un couloir, où le bruit

de l’orchestre arrivait jusqu’à nous, intermittent et adouci, comme une

harmonie lointaine apportée par la brise.

--Pourquoi donc es-tu malheureux? me demanda-t-elle avec un accent de

compassion soudaine.

--Parce que, répondis-je, je ne serai jamais aimé, parce qu’il est

impossible que je le sois.

--Gosse! fit-elle, quelle idée! Qu’en sais-tu, si tu ne seras jamais

aimé?... D’abord, tu as de beaux yeux et une voix très douce qui caresse

et qui plaît. Tu dois être joli garçon... Mais montre donc ta figure!

Pour la troisième fois, j’arrêtai sa main, au moment où elle touchait

mon masque.

--Non, laisse, je t’en prie... Pas encore.

--Quand, alors?

--Tout à l’heure.

--T’es bizarre! Je ne te comprends pas... Regarde, tout le monde

maintenant a levé son loup.

Elle crut que je voulais l’intriguer, par caprice d’original. Sa

familiarité de bonne fille m’avait donné un peu d’assurance. Nous

continuâmes à causer. Je ne sais ce que je lui dis ni comment elle en

vint elle-même aux confidences:

--Va, mon petit, chacun porte sa croix, comme on dit. Moi non plus, je

ne suis pas heureuse, malgré qu’on me voie rire, danser et chahuter,

tout le temps... J’en ai assez de cette vie! Je me sens rompue. C’est

crevant, la noce! Vadrouiller, par force, quand on est éreintée, lever

des types dégoûtants, des crevés, des vicieux, des poivrots, des

nègres... oui, des nègres... Ce sont encore les plus convenables... Ah!

non, ce n’est pas gai! L’autre nuit, je me suis trouvée mal; on m’a mise

dans un fiacre, évanouie... L’hiver dernier, j’ai passé deux mois à

l’hôpital. Tu sais, je te dis ça à toi, rien qu’à toi, ne va pas le

répéter... Souvent j’ai du regret, quand je pense à mon pays, à ceux que

j’ai quittés... C’est Paris qui m’a perdue... Quelquefois, je rêve

d’aller vivre ailleurs, bien loin, en plein air, à la campagne. Il me

faudrait ça pour me remettre... Oui, bien loin d’ici, avec quelqu’un que

j’aimerais bien... Mais ça, c’est des rêves! Les belles choses qu’on

espère n’arrivent jamais... Toi, je crois, tu me plairais. Tu n’es pas

comme les autres, tu ne me parles pas comme tout le monde... Peut-être

qu’on serait heureux ensemble.

Elle se rapprochait de moi, et je sentais son haleine tiède qui se

mêlait au parfum de ses cheveux... Qu’elle était jolie et charmante, à

cette heure, avec ses yeux fins, un peu humides et qui semblaient fondre

de tendresse, et ses joues colorées d’un rose vif!... Le sang battait

dans mes veines; mes lèvres, une fois, l’effleurèrent presque. Et

désespérément je songeais au bonheur impossible de la posséder, toute,

de respirer dans son atmosphère, d’habiter continuellement en elle. Je

l’aurais saisie, emportée là-bas, loin de tout, dans un îlot de félicité

ignoré du destin.

--Oui, être heureuse, reprit-elle, vivre tranquille, si on pouvait!...

Tu ne m’as même pas dit ton nom, comment t’appelles-tu?

--René, répondis-je.

--C’est joli, ce nom-là.

--Le tien aussi, Bijoute.

--Moi, c’est un surnom. Les étudiants m’appellent comme ça... Toi, où

m’as-tu connue?

--Au quartier Latin.

--Tu savais donc mon adresse, puisque tu m’as envoyé ce billet?

--Oui.

--Comment ça?

--Je t’avais suivie, un soir, jusqu’à ta porte.

--Et pourquoi ne m’as-tu jamais parlé?

--Parce que je n’osais pas.

--Tu n’osais pas?

--Non.

--Mais quelle idée de m’avoir fait venir ici pour me causer! Vrai, c’est

étrange, je ne saisis pas.

Je restai interdit. Nous étions tout à fait isolés de la foule.

En même temps, elle se rapprochait de moi, et je sentais de nouveau les

pulsations de sa chair, un parfum tiède qui me montait au cerveau et me

grisait comme un encens de volupté... Je ne sais quelle ivresse s’empara

tout à coup de moi, quel désir spontané, irréfléchi, comme une impulsion

irrésistible, le débordement de toute ma tendresse comprimée... je la

saisis, nos corps s’élancèrent l’un vers l’autre, nos lèvres se

joignirent, elle murmura dans un désir pâmé... «Oh! chéri!»... Et, au

même instant, avant que je pusse lever la main pour le retenir, mon

masque tomba, ma disgrâce lui apparut, elle recula, toute blanche,

glacée soudain.

--Oh! lui! fit-elle d’une voix basse comme gelée par l’épouvante.

Anéanti, éperdu, je ne trouvai pas une parole, l’esprit noyé, emporté,

submergé dans un flot de détresse. Le tumulte de l’orchestre m’arrivait

comme le bruit monotone et sans fin de l’océan désert... Elle s’était

enfuie... Lentement, je revins à moi, je remis mon masque, je gagnai la

sortie à travers le tournoiement du bal... J’allai au hasard, par les

rues vides, je ne savais où, là-bas, dans le silence de la nuit.

Le lendemain, je quittai mon hôtel, je louai une chambre ailleurs, dans

un quartier plus solitaire.

La gangue · 第 19 / 28 题