XVII

Funérailles de Dagobert.

Aussitôt que le roi fut mort, commença la cérémonie des funérailles. On

avait coutume, en ce temps-là, de tenir prête pour l'heure de la mort

une statue du roi, faite de bois et de cire, parfaitement bien peinte,

de grandeur naturelle, et vêtue de la même manière que le roi

s'habillait en santé. Cette effigie, pendant trois jours et trois nuits,

représentait le roi défunt et recevait les hommages de ses serviteurs.

On prit donc la statue royale, on la leva le matin, on la mit dans la

chambre du Conseil, on la promena dans le chariot du roi, et on lui

servit les plats qu'aimait Dagobert.

César, Hercule et Bellérophon, qui se faisaient vieux, mais qui

portaient bien leur vieillesse, furent induits en erreur lorsqu'ils

virent cette effigie de leur maître; ils jappèrent joyeusement. Ce

spectacle fit pleurer les serviteurs du roi.

A quoi bon essayer de peindre la douleur des Parisiens lorsqu'ils

apprirent la mort du roi, la douleur des moines de Saint-Denis, et celle

des porteurs de sel qui, suivant le droit de leur corporation, portèrent

le corps du roi de son lit de mort jusqu'en sa tombe? Sur cette tombe,

on a longtemps admiré un bas-relief qui représentait une scène

miraculeuse. C'est ici le lieu de rappeler ce qui se passa peu de temps

après la mort de Dagobert, et d'invoquer le témoignage des Grandes

Chroniques de France, conservées avec l'oriflamme dans le trésor de la

basilique de Saint-Denis.

Légendes pour les enfants · 第 19 / 156 题