Funérailles de Dagobert.
Aussitôt que le roi fut mort, commença la cérémonie des funérailles. On
avait coutume, en ce temps-là, de tenir prête pour l'heure de la mort
une statue du roi, faite de bois et de cire, parfaitement bien peinte,
de grandeur naturelle, et vêtue de la même manière que le roi
s'habillait en santé. Cette effigie, pendant trois jours et trois nuits,
représentait le roi défunt et recevait les hommages de ses serviteurs.
On prit donc la statue royale, on la leva le matin, on la mit dans la
chambre du Conseil, on la promena dans le chariot du roi, et on lui
servit les plats qu'aimait Dagobert.
César, Hercule et Bellérophon, qui se faisaient vieux, mais qui
portaient bien leur vieillesse, furent induits en erreur lorsqu'ils
virent cette effigie de leur maître; ils jappèrent joyeusement. Ce
spectacle fit pleurer les serviteurs du roi.
A quoi bon essayer de peindre la douleur des Parisiens lorsqu'ils
apprirent la mort du roi, la douleur des moines de Saint-Denis, et celle
des porteurs de sel qui, suivant le droit de leur corporation, portèrent
le corps du roi de son lit de mort jusqu'en sa tombe? Sur cette tombe,
on a longtemps admiré un bas-relief qui représentait une scène
miraculeuse. C'est ici le lieu de rappeler ce qui se passa peu de temps
après la mort de Dagobert, et d'invoquer le témoignage des Grandes
Chroniques de France, conservées avec l'oriflamme dans le trésor de la
basilique de Saint-Denis.