LE CORDONNIER.

Antony donc répandant partout ses ravages était toujours pendu à une

sonnette et tandis que les autres fuyaient, lui souvent mettait dans sa

tête d'affronter le danger.

Une servante accourait, effrayée du terrible ébranlement de la sonnette,

et avant même qu'elle ouvrît la bouche, Antony, levant un nez insolent,

demandait:

--Est-ce ici le médecin de mon oncle?

--Qu'est-ce que c'est que le médecin de votre oncle? demandait la

servante irritée.

--C'est... je ne me souviens pas de son nom; mais c'est un bien bon

médecin!»

--Ce n'est pas ici. Et une autre fois ne sonnez pas si fort.»

Une ardeur nouvelle emportait la troupe errante. Pas un ne songeait que

c'est lâche d'insulter dans l'ombre.

Antony, bien élevé d'ailleurs, et qui coûtait à son père une grosse

somme pour devenir savant, imitait effrontément le gamin dont la joie

est immense quand il fait tressaillir l'humble cordonnier, en plongeant

tout à coup sa tête dans l'échoppe par un carreau de papier qu'il

enfonce, et en demandant froidement: «Quelle heure est-il?»

Il trouvait aussi une émotion délectable à lancer l'épouvante chez le

tranquille artisan, travaillant à la lampe. Il faisait ruisseler sur

les vitres sonores des poignées de pois secs qui descendaient comme la

foudre en éclat dans le silence laborieux du chaussetier solitaire.

Le Livre des Mères et des Enfants, Tome I · 第 71 / 89 题