[1] Sur la plaque décapée au moyen de la couche d'eau, comme je l'ai
indiqué, on obtient très-rapidement des épreuves d'une grande finesse,
mais qui manquent aussi de modelé, à cause du peu d'épaisseur de la
couche sensible.
[2] Tout le monde sait que la vapeur sèche du brome est plus favorable
que celle qu'on obtient au moyen de l'eau bromée, car cette dernière a
l'inconvénient d'entraîner avec elle de l'humidité qui se condense à la
surface de la plaque. L'emploi de l'huile que j'indique plus loin
neutralise cet effet et donne à la vapeur du brome étendu d'eau la même
propriété qu'à celle du brome sec.
[3] Cela est tellement vrai que, si l'on fait une épreuve sur une plaque
qui a été fixée plusieurs fois, on peut la laisser à l'exposition de la
vapeur du brome autant de fois en plus du temps nécessaire qu'elle a
reçu de différentes couches d'or.
[4] Je veux dire seulement que l'emploi de tous les métaux que j'indique
plus loin est indispensable; mais la manière de les appliquer peut
varier.
[5] Car, en multipliant ces éléments comme dans une pile, on augmente
cette puissance, et l'on parvient ainsi à faire agir dans le même temps
les radiations les plus paresseuses, telles que celles du rouge et du
vert.
[6] L'huile de pétrole la plus convenable est d'un ton jaune-verdâtre,
et prend, sous différents angles, des reflets azurés.
J'ai donné la préférence à cette huile sur les huiles fixes, parce
qu'elle reste toujours limpide, quoique fortement acidulée. Le but que
je me propose en employant une huile acidulée est de réduire les métaux
en poussière et de retenir cette poussière à la surface de la plaque, en
même temps de donner plus d'épaisseur à la couche par ses propriétés
onctueuses; car le naphte qui résulte de la distillation de cette huile
ne produit pas le même effet, parce qu'étant trop fluide, il entraîne la
poussière des métaux. C'est par cette même raison que j'ai conseillé
dernièrement l'emploi de l'_essence de lavande_, plutôt que celui de
l'essence de térébenthine.
[7] Si je préfère, pour polir, le rouge aux autres substances, ce n'est
pas que je lui reconnaisse une propriété photogénique, mais bien parce
qu'il brunit mieux et qu'il aide à fixer la couche d'or qui n'est plus
si susceptible de s'enlever par écailles lorsqu'on la chauffe trop.
Les plaques galvaniques, lorsqu'elles n'ont ni marbrures ni taches
noires (ce qui arrivait quelquefois dans l'origine), reçoivent mieux que
les autres l'application des métaux, et par conséquent le chlorure d'or
y adhérant plus fortement ne s'enlève pas par écailles.
[8] Il faut avoir soin d'appuyer le moins possible, car autrement le
rouge adhérerait à la plaque et formerait un voile général.
[9] Lorsque l'on opérera sur une plaque qui aura reçu longtemps à
l'avance la première préparation, il faudra, avant d'employer l'huile
acidulée et l'oxyde rouge, opérer comme je l'indique plus loin pour la
plaque qui a reçu une épreuve fixée. Cette précaution est nécessaire
pour détruire les taches que le temps pourrait avoir développées.