30 JANVIER 1761.

«Au nom de la Très Sainte Trinité.

«Ma plus grande satisfaction pendant ma vie étant de rendre heureuses

les personnes attachées à mon service, je souhaiterais, après ma mort,

pouvoir leur continuer le même bonheur, mais en me réglant sur la

possibilité, j'ai tâché de laisser à celles qui en auront le plus

besoin quelques ressources en me perdant, et à toutes en général une

marque de mon souvenir...

«Je déclare en conséquence par ces présentes... que ma dernière

volonté est qu'il soit payé à chacun de mes officiers et domestiques

qui sont compris dans l'état général de ma maison et qui seront à ma

mort à mon service une année pleine et entière de leurs gages.»

(En dehors de ces libéralités, beaucoup d'officiers et de serviteurs

reçurent encore des legs supplémentaires.)

Le tout se montait à 506,462 l. 6 s. 3 d.

Le Roi faisait ensuite des legs particuliers à un grand nombre de

personnes et à tous ceux de ses serviteurs qui l'approchaient le plus

fréquemment:

«Au comte de Ligniville, grand veneur, pour marque de mon souvenir,

10,000 l.

«A M. de la Galaizière, mon chancelier, pour marque de mon souvenir,

un diamant de la valeur de 60,000 l.

«A Alliot, commissaire général de ma maison, pour reconnaître ses

services, 60,000 l.

«Au Père Hubermonovitz, mon confesseur, 12,000 l.

«A Rönnov, mon premier médecin, 10,000 l.

«A Solignac, mon secrétaire, 5,000 l.

«Voulant donner à ma chère cousine, la princesse de Talmont, une

dernière marque de mon souvenir, je veux qu'il lui soit délivré une

somme de 24,000 l.

«Il sera délivré aux Pères Minimes de Bon-Secours, dans l'église

desquels je choisis ma sépulture, près du corps de la Reine, ma très

chère épouse, une somme de 6,000 l., pour l'exécution de la fondation

faite d'un service perpétuel le jour de mon décès, pour le repos de

mon âme et de celle de la Reine.

«Je veux qu'incontinent après mon décès il soit célébré deux mille

messes pour le repos de mon âme.»

(Suivent encore d'autres legs pieux à des institutions religieuses.

Il lègue à la Reine sa fille une rente de 121,000 livres viagères

provenant de ses différentes propriétés.)

«Dans l'espérance où je suis qu'il plaira au Roi d'accorder à la Reine

la jouissance du château de Commercy, j'y ai fait à mes frais une

dépense considérable pour rendre cette maison commode, utile et

agréable et je donne à la Reine tous les meubles et effets mobiliers

qui y sont.

«Je laisse à l'absolue disposition du Roi, mon très cher frère et

gendre, tous les meubles meublants à moi appartenant dans mon château

de Lunéville, de même que ceux de la Malgrange, Einville, Hauviller et

Chanteheu.

«Je donne au prince de Beauvau la ménagerie à moi appartenant au bout

des bosquets de Lunéville et tout ce qui en dépend.

«Je donne au maréchal comte de Bercheny tous mes chevaux de carrosse,

de chaise, de selle, de manège qui sont dans mes écuries, tous mes

mulets, tous mes carrosses, berlines, chaises, brancards, chariots,

fourgons et tous les harnais et équipages de chevaux...

«Je donne au comte de Ligniville mon équipage de chasse.

«Je donne mon grand service de porcelaine de Saxe à colonnes et tout

ce qui le compose en glaces, groupes, vases et figures à Mme la

princesse de Beauvau pour marque de mon souvenir.

«Tous mes livres de Lunéville seront remis à ma bibliothèque publique

de Nancy, lui en faisant don.

«L'argent qui se trouvera dans ma cassette au moment de mon décès doit

être remis à la reine, ma fille, pour acquitter les frais d'exécution

du testament[131].»

[131] A la mort de Stanislas on trouva dans sa cassette 580,000

livres; dans le tiroir de sa table 1,200 livres.

Dernières Années de la Cour de Lunéville Mme de Boufflers, ses enfants et ses amis · 第 57 / 95 题