«Au nom de la Très Sainte Trinité.
«Ma plus grande satisfaction pendant ma vie étant de rendre heureuses
les personnes attachées à mon service, je souhaiterais, après ma mort,
pouvoir leur continuer le même bonheur, mais en me réglant sur la
possibilité, j'ai tâché de laisser à celles qui en auront le plus
besoin quelques ressources en me perdant, et à toutes en général une
marque de mon souvenir...
«Je déclare en conséquence par ces présentes... que ma dernière
volonté est qu'il soit payé à chacun de mes officiers et domestiques
qui sont compris dans l'état général de ma maison et qui seront à ma
mort à mon service une année pleine et entière de leurs gages.»
(En dehors de ces libéralités, beaucoup d'officiers et de serviteurs
reçurent encore des legs supplémentaires.)
Le tout se montait à 506,462 l. 6 s. 3 d.
Le Roi faisait ensuite des legs particuliers à un grand nombre de
personnes et à tous ceux de ses serviteurs qui l'approchaient le plus
fréquemment:
«Au comte de Ligniville, grand veneur, pour marque de mon souvenir,
10,000 l.
«A M. de la Galaizière, mon chancelier, pour marque de mon souvenir,
un diamant de la valeur de 60,000 l.
«A Alliot, commissaire général de ma maison, pour reconnaître ses
services, 60,000 l.
«Au Père Hubermonovitz, mon confesseur, 12,000 l.
«A Rönnov, mon premier médecin, 10,000 l.
«A Solignac, mon secrétaire, 5,000 l.
«Voulant donner à ma chère cousine, la princesse de Talmont, une
dernière marque de mon souvenir, je veux qu'il lui soit délivré une
somme de 24,000 l.
«Il sera délivré aux Pères Minimes de Bon-Secours, dans l'église
desquels je choisis ma sépulture, près du corps de la Reine, ma très
chère épouse, une somme de 6,000 l., pour l'exécution de la fondation
faite d'un service perpétuel le jour de mon décès, pour le repos de
mon âme et de celle de la Reine.
«Je veux qu'incontinent après mon décès il soit célébré deux mille
messes pour le repos de mon âme.»
(Suivent encore d'autres legs pieux à des institutions religieuses.
Il lègue à la Reine sa fille une rente de 121,000 livres viagères
provenant de ses différentes propriétés.)
«Dans l'espérance où je suis qu'il plaira au Roi d'accorder à la Reine
la jouissance du château de Commercy, j'y ai fait à mes frais une
dépense considérable pour rendre cette maison commode, utile et
agréable et je donne à la Reine tous les meubles et effets mobiliers
qui y sont.
«Je laisse à l'absolue disposition du Roi, mon très cher frère et
gendre, tous les meubles meublants à moi appartenant dans mon château
de Lunéville, de même que ceux de la Malgrange, Einville, Hauviller et
Chanteheu.
«Je donne au prince de Beauvau la ménagerie à moi appartenant au bout
des bosquets de Lunéville et tout ce qui en dépend.
«Je donne au maréchal comte de Bercheny tous mes chevaux de carrosse,
de chaise, de selle, de manège qui sont dans mes écuries, tous mes
mulets, tous mes carrosses, berlines, chaises, brancards, chariots,
fourgons et tous les harnais et équipages de chevaux...
«Je donne au comte de Ligniville mon équipage de chasse.
«Je donne mon grand service de porcelaine de Saxe à colonnes et tout
ce qui le compose en glaces, groupes, vases et figures à Mme la
princesse de Beauvau pour marque de mon souvenir.
«Tous mes livres de Lunéville seront remis à ma bibliothèque publique
de Nancy, lui en faisant don.
«L'argent qui se trouvera dans ma cassette au moment de mon décès doit
être remis à la reine, ma fille, pour acquitter les frais d'exécution
du testament[131].»
[131] A la mort de Stanislas on trouva dans sa cassette 580,000
livres; dans le tiroir de sa table 1,200 livres.