Soissons, le 12 mars 1814.
Mon fils, je reçois une lettre de vous, et une de la vice-reine, qui
sont de l'extravagance; il faut que vous ayez perdu la tête: c'est par
dignité et honneur que j'ai désiré que la vice-reine vînt faire ses
couches à Paris, et je la connais trop susceptible pour penser qu'elle
puisse se résoudre à se trouver dans cet état au milieu des Autrichiens.
Sur la demande de la reine Hortense, j'aurais pu vous en écrire plus
tôt; mais alors Paris était menacé. Du moment que cette ville ne l'est
plus, il n'y aurait rien de plus simple aujourd'hui que de venir faire
ses couches au milieu de sa famille, et dans le lieu où il y a le
moindre sujet d'inquiétude. Il faut que vous soyez fou pour supposer que
tout ceci se rapporte à de la politique. Je ne change jamais ni de
style ni de ton, et je vous ai écrit comme je vous ai toujours écrit.
Il est fâcheux, pour le siècle où nous vivons, que votre réponse au roi
de Bavière vous ait valu l'estime de toute l'Europe. Quant à moi, je ne
vous en ai pas fait compliment, parce que vous n'avez fait que votre
devoir, et que c'est une chose simple. Toutefois vous en avez déjà la
récompense, même dans l'opinion de l'ennemi, de qui le mépris pour votre
voisin est au dernier degré.
Je vous écris une lettre en chiffres pour vous faire connaître mes
intentions.
Votre affectionné père,