Volta, le 27 février 1814, au soir.
Sire,
J'ai reçu ce matin les ordres de Votre Majesté, en date du 19,
concernant le départ de la vice-reine de Milan. J'ai été profondément
affligé de voir, par la forme de cet ordre, que Sa Majesté s'était
méprise sur mes véritables intentions, en pensant que j'eusse jamais eu
celle de laisser la vice-reine dans des lieux qu'auraient occupés les
ennemis de Votre Majesté, à moins d'un obstacle physique. Je croyais,
par toute ma conduite, avoir mérité que Votre Majesté ne mît plus mes
sentiments en doute.
La santé de ma femme a été très-mauvaise depuis trois mois; les derniers
événements, en redoublant ses inquiétudes, avaient encore aggravé son
mal. Je vais lui communiquer les intentions de Votre Majesté, et, dès
que sa santé le lui permettra, elles seront remplies. Je le répète,
Sire, elles ne pouvaient nous chagriner que par les motifs injustes qui
vous les auraient suggérés, et qui sont étrangers, j'ose le dire, à
votre coeur paternel.
Je suis avec respect, Sire, de Votre Majesté,
Le bien soumis et tendre fils et fidèle sujet.