Gifflinga est revenu aujourd'hui de Naples. Le roi est décidément contre
nous, et il sera à Bologne d'ici à quelques jours; je vais donc me
préparer à un mouvement sur le Mincio, pour être de là plus à portée de
passer le Pô, et donner sur le nez des Napolitains, si l'occasion s'en
présente.
Il faut penser sérieusement à ton voyage, quoique je sois certain de
pouvoir toujours te prévenir. Rien ne peut t'empêcher de passer par
Turin, le col de Tende et Nice pour aller à Marseille; la route de Gênes
serait peut-être moins sûre, à cause des Anglais, qui sont toujours le
long des côtes.
Tu feras bien de dire à Triaire de faire partir pour Aix ou pour
Marseille mes caisses de livres et de cartes topographiques.
Adieu, ma bonne Auguste.