Nº V.--LETTRE DU PRINCE EUGÈNE À LA PRINCESSE AUGUSTE.

Vérone, le 23 novembre 1813.

Je t'envoie, ma bonne Auguste, une lettre que j'ai reçue du roi par un

officier parlementaire. Cet officier n'était autre que le prince Taxis.

J'ai causé plus d'une heure avec lui, et je t'assure que je n'ai dit que

ce que je devais. En deux mots, il m'a apporté la proposition de la part

de tous les alliés, pour me faite quitter la cause de l'Empereur, de me

reconnaître comme roi d'Italie.

J'ai répondu tout ce que toi-même, tu aurais répondu, et il est parti

ému et admirateur de ma manière de penser; comme il a vu que je ne

voulais entendre à rien qu'à un armistice, il m'a assuré que le roi

l'obtiendrait d'autant plus, «que les alliés admiraient mon caractère et

ma conduite.»

C'est déjà une bien belle récompense que de commander ainsi l'estime à

ses ennemis.

Déchire le billet du roi, ne parle de rien de tout cela.

Dans l'armée on ne sait qu'il est venu un parlementaire que comme

officier autrichien.

Adieu, etc., etc.

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (9/9) · 第 54 / 105 题