TRUSNELDA

Ah! le voici qui revient tout couvert de sueur, du sang des Ro-

mains et de la poussière du combat! Jamais Hermann ne m'a paru si

beau, jamais tant de flamme n'a jailli de ses yeux!

Viens! je frémis de plaisir; donne-moi cette aigle et cette épée

victorieuse! Viens, respire plus doucement et repose-toi dans mes

bras qu tumulte de la bataille!

Viens! que j'essuie ton front couvert de sueur, et tes joues tou-

tes sanglantes! Comme elles brillent tes joues! Hermann! Hermann!

Jamais Trusnelda n'eut tant d'amour pour toi!

Non, pas même le jour que dans ta demeure sauvage tu me serras

pour la première fois de tes bras indomptés; je t'appartins désor-

mais, et je pressentis dès lors que tu serais immortel un jour.

Tu l'es maintenant: qu'Auguste, dans son palais superbe, embrasse

en vain l'autel de ses dieux!... Hermann, mon Hermann est immor-

tel!

Poésies Allemandes · 第 12 / 24 题