Il m'en coûte beaucoup de vous confier ce que ma chère petite Sr
Thérèse a fait pour nous depuis le mois de janvier. Mais je ne peux pas
résister plus longtemps à vos prières ni à ma petite sainte qui veut
m'obliger à manifester les prodiges de Dieu opérés par elle.
A la fin du mois de janvier, malgré les soins avec lesquels notre
sœur dépositaire, la clavière et les deux sœurs du tour tiennent
leurs livres de comptes, nous avons trouvé dans la recette un surplus de
25 lires que nous n'avons pas pu nous expliquer, si ce n'est en pensant
que Sr Thérèse l'avait glissé dans notre caisse. Alors Mgr notre
Evêque voulut que je séparasse l'argent de la communauté d'avec les deux
billets qui nous restaient des dix apportés du Ciel.
A la fin de février, de mars et d'avril, nous avons remarqué la même
chose étrange; seulement la somme variait.
Au mois de mai, j'ai revu ma petite Thérèse; elle m'a d'abord parlé de
choses spirituelles, et elle m'a dit ensuite: «_Pour vous prouver que
c'est bien moi qui vous ai apporté le surplus d'argent constaté à vos
différents règlements de comptes, vous trouverez dans la cassette un
billet de 50 fr._» Puis elle ajouta: «_La parole de Dieu opère ce
qu'elle dit._»--Vous l'avouerai-je, ma bonne Mère, pour ma grande
confusion? Cette fois encore, je n'osais pas aller voir dans la
cassette; mais le bon Dieu, qui voulait que je constate la nouvelle
merveille, permit que l'un des jours suivants, deux sœurs vinssent
par dévotion me demander à revoir les deux billets miraculeux... Et, ma
Mère, que vous dirai-je? Vous devinez notre émotion: au lieu des deux
billets, il y en avait trois!...
Au mois de juin, nous trouvâmes 50 fr. de la manière ordinaire.
Dans la nuit du 15 au 16 juillet, je revis ma sœur bien-aimée, elle
me promit d'apporter bientôt 100 fr. Et puis elle me souhaita ma
fête[274], en me donnant un billet de 5 lires. Mais moi je n'osais pas
l'accepter, et alors elle le déposa au pied de la petite statue du
Sacré-Cœur qui est dans notre cellule; et peu après, l'heure du
réveil étant sonnée, je trouvai en effet le billet où je l'avais vue le
déposer.
Quelques jours après, Mgr notre Evêque, en causant, nous dit qu'il avait
perdu un billet de 100 fr. en faisant les comptes pour son clergé, et
qu'il espérait que Sr Thérèse les apporterait chez nous.
Le 6 août arriva; c'était la veille de la fête de Monseigneur, qui
s'appelle Gaétan. Je vis encore ma bien-aimée Sr Thérèse..... elle
tenait à la main un billet de 100 fr.!!! Elle me dit alors «_que la
puissance de Dieu retire ou donne avec la même facilité dans les choses
temporelles aussi bien que dans les choses spirituelles_.» Ayant trouvé
ce billet de 100 fr. dans la cassette, je me hâtai de l'envoyer à
Monseigneur avec les souhaits de la communauté; mais lui me le renvoya
aussitôt.
Depuis ce temps, elle ne nous a plus apporté d'argent, car notre
détresse ayant été connue par toutes ces merveilles, nous avons reçu
quelques aumônes.
Mais le 5 septembre, la veille de son exhumation, je l'ai revue et,
après m'avoir parlé comme elle le fait toujours du bien spirituel de la
communauté, elle m'a annoncé qu'on retrouverait «_à peine ses
ossements_». Et puis elle m'a fait comprendre quelque chose des prodiges
qu'elle fera dans l'avenir. Soyez sûre, ma chère Mère, que ses ossements
bénis feront des miracles éclatants et seront des armes puissantes
contre le démon.
Presque toutes les fois, elle s'est fait voir vers l'aurore, en quelque
moment de prière particulière. Son visage est très beau, brillant; ses
vêtements luisent d'une lumière comme d'argent transparent, ses paroles
ont une mélodie d'ange. Elle me révèle ses grandes et occultes
souffrances supportées héroïquement sur cette terre... Ma petite Thérèse
a beaucoup, beaucoup souffert!!!
Que dois-je vous dire de plus? Qu'il vous suffise de savoir, ma chère
Mère, que nous sentons autour de nous l'esprit de votre angélique
enfant. Toutes les sœurs affirment, avec franche et tendre
vénération, que, outre les grâces temporelles accordées à la communauté,
chacune a reçu des grâces intimes et très grandes.
Suor _M. Carmela del Cuore Gesu_,
r. c. i.
_prieure_.
79.
S. (Meuse), 1er avril 1910.
Une de nos deux religieuses de la Doctrine chrétienne, Sr A.,
souffrait depuis longtemps d'un mal intérieur (tumeur) qui ne pouvait
guérir sans une opération chirurgicale fort dangereuse. Après bien des
soins inutiles et un repos prolongé, le mal ne cessait d'empirer, au
point que le moment arriva où elle fut envoyée à Nancy pour y subir
l'opération. Elle fut mise en observation pendant huit jours, au bout
desquels devait être tentée l'opération.
Durant ce temps, une neuvaine fut commencée à Sr Thérèse de
l'Enfant-Jésus, avec promesse de répandre son culte par une distribution
d'images si l'opération réussissait.
Or, le moment d'opérer étant arrivé, le docteur constata que le mal
avait disparu; il ne restait plus qu'un peu de sensibilité à la place où
avait été la tumeur.
Abbé F. N.
80.
Quimper (Finistère), 18 avril 1910.
Souffrant depuis huit ans d'un épanchement de synovie et d'une arthrite
au genou gauche, et, ne trouvant aucun soulagement dans les remèdes,
j'eus la pensée d'invoquer la «petite Fleur de l'Enfant Jésus» et de lui
faire une neuvaine.
Dix-huit petites filles se préparant à leur première Communion s'unirent
à moi.
Le huitième jour, je ressentis du mieux, et le neuvième (3 avril), la
douleur avait complètement disparu. Depuis je marche très bien, ne
souffre plus du tout et sors tous les jours.
Mlle M. T.
Le Docteur a promis un certificat.
81.
Carmel de N., avril 1910.