A. C.

55.

Barcelone, Espagne, 14 octobre 1909.

J'étais atteinte depuis douze ans de douleurs à la jambe gauche. Pendant

18 mois, elles furent intolérables, malgré les soins que l'on me

prodiguait. Notre Révérende Mère Supérieure me fit conduire alors chez

un spécialiste. A la vue de ma jambe qui se desséchait, celui-ci déclara

la gravité du mal, ordonna du repos et dit qu'il fallait craindre une

paralysie.

J'en étais là, quand une religieuse de notre communauté me prêta une

relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, m'engageant à la prier avec

une confiance absolue. Je lui fis alors une neuvaine et cessai tout

traitement, n'attendant de secours que de notre chère sainte. Les sept

premiers jours les douleurs augmentèrent; j'étais tentée de me

décourager, mais une voix intérieure que je ne saurais rendre me disait:

«Tu guériras».

Le huitième jour je me sentis grandement soulagée, mais ma guérison

n'était pas encore complète; alors je fis une seconde neuvaine, et la

chère petite sainte me prit en pitié.

Depuis un an, non seulement je n'ai donné aucun soin à ma jambe; mais je

remplis une charge qui me force à marcher ou à me tenir debout la plus

grande partie de la journée, sans prendre jamais une heure de repos.

Quelle reconnaissance je garde à Sr Thérèse pour une guérison si

inespérée!

Sr J. D.

56.

X., Angleterre, 15 octobre 1909.

Depuis onze ans, Mme D. souffrait de douleurs presque incessantes,

causées par le développement d'une tumeur qui poussait de profondes

racines visibles jusque sur le dos de la malade.

A mesure que le temps s'écoulait, les douleurs devenaient plus intenses

et la tumeur plus volumineuse. Durant les trois dernières années avant

la guérison, la malade n'eut pas une heure de répit; elle passait des

nuits blanches, rongée par la douleur incessante, ne dormant jamais plus

de sept minutes de suite.

En 1909, son médecin lui conseilla de se faire opérer; mais plusieurs

chirurgiens l'ayant examinée, la déclarèrent inopérable, la tumeur

affectant tous les organes du corps.

A partir de ce moment, elle ne cessa de s'affaiblir; et, durant les dix

dernières semaines qui précédèrent sa guérison, elle ne put boire que de

l'eau gazeuse, additionnée d'alcool, ou un peu de glace sucrée. Cette

alimentation si légère lui causait des crises de vomissements. La

tumeur, devenue énorme, pesait sur les organes intérieurs et en

paralysait toutes les fonctions.

Sa vie semblait toucher au terme, et on était sur le point de lui

administrer de nouveau les derniers sacrements.

Bien des neuvaines avaient été faites pour obtenir sa guérison; mais une

de ses amies lui ayant fait connaître Sr Thérèse, «LA PETITE FLEUR DE

JÉSUS», une neuvaine fut commencée le dimanche 22 août, en l'honneur de

l'angélique sainte.

Durant les trois premiers jours la malade baissa rapidement, et le jeudi

on s'attendait à ce qu'elle mourût dans la nuit. Ses douleurs étaient

aiguës, ses yeux voilés.

A onze heures du soir elle eut un vomissement qui l'épuisa complètement,

puis elle s'endormit et, pour la première fois depuis bien des années,

reposa paisiblement jusque vers cinq heures et demie du matin. Elle fut

réveillée par un léger attouchement sur les épaules, comme si quelqu'un

se penchait sur elle; elle sentit en même temps une douce chaleur, telle

qu'une respiration, et comprit qu'il y avait auprès d'elle une présence

invisible...

Toute douleur, toute souffrance avait disparu.

Mme D. ne dit rien à personne du miracle dont elle venait d'être

favorisée; elle attendait la visite du docteur pour qu'il s'en rendît

compte lui-même. Pendant une heure, il l'examina, la palpa et avoua que

tous les organes fonctionnaient bien; que l'enflure et la tumeur avaient

disparu, ne laissant qu'une petite grosseur sur le côté, telle qu'une

petite bille, comme pour prouver que la tumeur avait existé. Il ne

restait plus trace de ces racines qu'on avait constatées auparavant

jusque sur le dos de la malade.

Quand, à la fin de cet examen, une des filles de Mme D. rentra dans

la chambre, elle trouva le docteur--un protestant--la tête dans ses

mains, stupéfait: «Après tout, lui dit-il, je crois en Dieu; je sais

qu'il peut faire des miracles: certes, en voici un!»

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 266 / 403 题