29 mai 1910.

Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus continue à _descendre_ souvent dans

notre île. Sa pieuse intervention, nous aide beaucoup à prouver la

vérité de notre sainte Religion.

En mai dernier, une de nos nouvelles Sœurs malgaches, la filleule de

Thérèse (car la petite sainte, étant une des premières protectrices de

notre noviciat, nous avons appelé: _Thérèse de l'Enfant-Jésus_, la plus

jeune de nos novices, celle qui par sa simplicité nous rappelle le mieux

notre petite sœur du Ciel), sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus,

dis-je, accompagnée de Flore, une de nos postulantes, visitait les

malades d'une petite chrétienté qui a nom: Ambadivona, près

d'Ambatolampy. Elles rencontrèrent dans une case délabrée une pauvre

femme minée par la fièvre. Après l'avoir fait prier et lui avoir donné

quelques remèdes, la sœur et sa compagne se préparaient à sortir,

lorsqu'elles entendirent un profond gémissement: «Y a-t-il quelque autre

malade ici?» demandèrent-elles à la pauvre femme. Cette dernière, leur

montrant un trou au fond de la case, leur dit: «Il y a là mon fils qui

est mourant.» Nos deux visiteuses pénétrèrent par le trou et virent

étendu sur une natte, faisant entendre le râle de l'agonie, un jeune

homme de 16 à 17 ans. Près de lui était blottie la grand'mère. «Est-il

baptisé?» lui demandèrent-elles; la vieille fit un signe négatif. Alors

sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus essaya de dire quelques mots du

baptême, mais le malade paraissait avoir perdu connaissance. La sœur

eut alors la pensée de sortir une image de Thérèse qu'elle portait sur

elle, et de la mettre devant les yeux du mourant. A l'aspect de cette

image, le regard de ce dernier parut s'illuminer et la connaissance lui

revenir. La sœur profita de cette lueur de raison pour instruire le

jeune homme, puis elle l'ondoya. Enfin, elle invita fortement la famille

à prier et à suivre les catéchismes préparatoires au baptême. Tous

promirent.

Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et sa compagne sortirent, laissant la

petite image de Thérèse au père du jeune homme qui venait de rentrer

dans la case, apportant un linceul pour l'ensevelir. Elles remercièrent

leur protectrice, à qui elles devaient la consolation d'avoir donné une

âme de plus à Dieu; mais elles n'espéraient guère la guérison du malade

qui n'avait plus qu'un souffle de vie.

Quel ne fut pas leur étonnement quand une huitaine de jours après cet

incident, la femme du catéchiste d'Ambadivona vint leur dire que le

malade presque mourant était complètement guéri. Elles crurent d'abord à

une erreur.

Pour en avoir le cœur net, elles me demandèrent la permission d'aller

s'assurer de la vérité. Leur surprise fut grande lorsque, arrivées à

quelques pas de la case, elles aperçurent le jeune homme qui s'avançait

à leur rencontre, aussi vigoureux que s'il n'avait jamais été malade.

«Quel remède as-tu pris, lui dirent-elles, pour retrouver si vite tes

forces?--Mais aucun, répondit-il, c'est l'image que vous m'avez laissée

qui m'a guéri; chaque fois que je la regardais, je sentais mes forces

revenir.»

Cette petite image est toujours dans la case, elle fait l'admiration de

tous ces pauvres païens.

V

Il y a quelques mois, une pauvre mère nous amenait son petit enfant

couvert de plaies; pas une place sur tout ce petit corps qui fût

intacte. Comme toujours, ma première question fut de demander si

l'enfant était baptisé. A la réponse négative de ses parents, j'appelai

une de nos sœurs, nouvellement arrivée de France et qui brûlait du

désir de faire un baptême. Après avoir conduit les parents de l'enfant

dans notre chapelle et les avoir fait prier, la sœur toute tremblante

d'émotion fit couler l'eau sur la tête de ce pauvre petit dont la seule

vue et l'odeur nauséabonde, s'échappant des plaies, soulevaient le

cœur. Elle donna ensuite une image de Thérèse aux parents de l'enfant

en leur disant: «Priez bien la petite sœur qui est là sur cette

(sary) image. Elle seule peut guérir votre enfant, ou, si ce n'est pas

la volonté de Dieu, elle viendra le chercher pour le mettre au ciel.»

Ils partirent; nous ne pensions plus du tout à cet enfant, lorsque, une

quinzaine de jours après, la jeune sœur m'appela: «Venez vite voir

mon petit Paul, me dit-elle, il est tout à fait guéri, il n'a plus une

seule plaie»; et la jeune sœur était vivement émue.

«Qui a guéri ton fils?» demandai-je à la mère du petit. Et soulevant

les pauvres haillons qui couvraient le corps de son enfant, la femme me

montra une image de Thérèse, pliée dans un petit chiffon, et attachée à

son cou: «Depuis que l'image est là, me dit-elle, les plaies ont séché

presque subitement.»

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 250 / 403 题