MA RÉVÉRENDE MÈRE,

Permettez à une humble petite sœur du Carmel de venir vous faire part

d'une grande faveur dont elle vient d'être l'objet ces jours-ci, par

l'intercession de notre chère Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Depuis six ans, ma santé était mauvaise et la faiblesse m'avait

occasionné une extinction de voix. Je ne parlais qu'à voix basse depuis

seize mois et encore avec beaucoup de peine. Un grand nombre de remèdes

avaient été employés, et tous étaient restés sans effet. La communauté

avait adressé de ferventes prières au Saint Enfant Jésus de Prague, mais

notre aimable «_Petit-Grand_» était resté sourd à nos supplications.

Notre Révérende Mère nous ayant lu, en récréation, les nombreuses

faveurs déjà obtenues par l'intercession de Sr Thérèse de

l'Enfant-Jésus, et consignées dans la grande édition de sa Vie, la

pensée de s'adresser à cette petite sainte pour solliciter le

recouvrement de ma voix fut générale, et, le lundi de Pâques, 20 avril,

notre Mère commençait en communauté une neuvaine en l'honneur de la

Sainte Face, afin d'obtenir, par l'intercession de sa dévouée Servante,

la grâce désirée. Elle promit, si nous étions exaucées, de propager le

plus possible les images de la Sainte Face et aussi la Vie de la petite

sainte.

Le second jour de la neuvaine, dans la matinée, étant occupée à un

travail manuel, je repassais intérieurement le cantique «_Vivre

d'amour_». Arrivée à ces vers:

_Vivre d'amour, ce n'est pas sur la terre_

_Fixer sa tente au sommet du Thabor_,

il me prit envie de les chanter. O surprise! Sans effort, je pus en

fredonner quelques mots, quoique péniblement. Le lendemain, je parlais

bien distinctement; enfin, le jeudi, quatrième jour de la neuvaine, je

fus complètement guérie. Depuis je chante, je fais la lecture au

réfectoire, sans la moindre difficulté; il y a six ans que j'étais

privée de cette satisfaction!

Vous trouverez ci-joint, ma Révérende Mère, un mandat de 300 francs, sur

lesquels vous voudrez bien nous envoyer quelques exemplaires de la Vie

de notre puissante «petite Reine». Le reste vous est envoyé par ma

famille, pour aider à l'achat de la châsse qui devra renfermer son

corps, lorsque l'Eglise l'aura déclarée bienheureuse.

_Témoignage de la Révérende Mère Prieure._

Dès le second jour de la neuvaine, la voix de notre chère malade devint

un peu plus libre; chaque jour, le mieux s'accentuait, et vers la fin de

la neuvaine, elle était entièrement revenue à son état normal. Notre

chère sœur put reprendre immédiatement l'office de lectrice au

réfectoire, ce qu'elle continua toute la semaine sans fatigue. Quatre

mois se sont écoulés depuis, et notre sœur jouit toujours de sa bonne

voix. L'état général s'est aussi sensiblement amélioré, et plusieurs

accidents qui se produisaient souvent, tels que crachements de sang,

n'ont pas reparu.

Notre angélique Sr Thérèse a bien voulu donner une preuve de son

affection fraternelle à notre sœur et à toute notre Communauté:

qu'elle en soit mille fois remerciée!

Carmel de R., le 27 août 1908.

Sr S., _prieure_.

Suit le certificat du médecin.

13.

Saint-S. (Creuse), 12 mai 1908.

Devant aller prêcher une mission, j'en mis le succès sous la protection

de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, cette âme si fidèle à la grâce

pendant toute sa vie. Je promis en retour, au cas où les prédications

produiraient des fruits de salut, de les lui attribuer pleinement et de

les publier pour hâter sa béatification.

Je tiens à vous dire aujourd'hui, ma Révérende Mère, que cette mission a

été particulièrement bénie. Grâce à la puissante intercession de votre

sœur du Ciel, les pécheurs se sont convertis en grand nombre. Nous

étions très surpris, mon confrère et moi, des accents que le divin

Maître nous mettait dans le cœur et sur les lèvres, pour tenir notre

auditoire attentif, d'une façon soutenue. Et certes, ils avaient du

mérite à nous écouter, les pauvres gens! car, pendant huit jours, ils

venaient tous les soirs de plusieurs kilomètres, parfois de deux lieues,

malgré la neige, la pluie et le vent, dans une église où nous les

gardions deux longues heures. En s'en retournant, ils étaient obligés de

s'éclairer avec des flambeaux pour se préserver des précipices, dans des

chemins épouvantables.

Que Dieu bénisse votre Carmel d'avoir fait connaître un ange qui lui

ramène tant d'âmes!

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 213 / 403 题