Air: _Mignon regrettant sa patrie._

Je te réponds d'en haut, puisque ta voix m'appelle;

Je brise le lien qui t'enchaîne en ces lieux.

Oh I vole jusqu'à moi, colombe toute belle,

Viens... l'hiver est passé; viens régner dans les cieux!

Jeanne, ton Ange te réclame,

Et moi, le Juge de ton âme,

En toi, toujours, je le proclame,

J'ai vu briller la flamme de l'amour.

Oh! viens, tu seras couronnée,

Tes pleurs, je veux les essuyer.

De l'exil l'ombre est déclinée,

Je veux te donner mon baiser!

Avec tes compagnes,

Viens sur les montagnes;

Et dans les campagnes,

Tu suivras l'Agneau.

O ma bien-aimée,

Je t'ai réclamée;

Chante, transformée,

Le refrain nouveau.

De tous les saints Anges,

Les blanches phalanges

Chantent tes louanges

Près de l'Eternel.

Timide bergère,

Vaillante guerrière,

Ton nom sur la terre

Doit être immortel.

Timide bergère,

Vaillante guerrière,

Je te donne le ciel!...

Le cantique du triomphe.

Air: _Oui, je le crois, elle est immaculée_.

_Les Saints_.

Elle est à toi l'immortelle couronne;

Martyre du Seigneur, cette palme est à toi.

Nous t'avons préparé cet admirable trône,

Tout près du Roi.

Ah! reste dans les cieux, Jeanne, colombe pure

Echappée à jamais du filet des chasseurs.

Tu trouveras ici le ruisseau qui murmure,

L'espace avec des champs en fleurs.

Prends ton essor, ouvre tes blanches ailes,

Et tu pourras voler en chaque étoile d'or;

Tu pourras visiter les voûtes éternelles.

Prends ton essor!

Jeanne, plus d'ennemis, plus de prison obscure,

Le brillant Séraphin va te nommer sa sœur;

Epouse de Jésus, ton Bien-Aimé t'assure

L'éternel repos sur son Cœur!

_Jeanne._

Il est à moi... quelle douceur extrême!

Tout le ciel est à moi!

_Les Saints._

Tout le ciel est à toi!

_Jeanne._

Les anges et les saints, Marie et Dieu lui-même,

Ils sont à moi!

* * * * *

_Les Saints._

Des siècles ont passé sur la terre lointaine

Depuis l'instant heureux où tu volas au ciel.

Mille ans sont comme un jour en la céleste plaine;

Mais ce jour doit être éternel!

_Jeanne._

Jour éternel, sans ombre, sans nuage,

Nul ne me ravira ton éclat immortel.

Du monde elle a passé la fugitive image...

A moi le ciel!

_Les Saints._

A toi le ciel!

Prière de la France à la Vénérable Jeanne d'Arc.

Air: _Rappelle-toi_.

Oh! souviens-toi, Jeanne, de ta patrie,

De tes vallons tout émaillés de fleurs.

Rappelle-toi la riante prairie

Que tu quittas pour essuyer mes pleurs.

O Jeanne, souviens-toi que tu sauvas la France.

Comme un ange des cieux tu guéris ma souffrance,

Ecoute dans la nuit

La France qui gémit:

Rappelle-toi!

Rappelle-toi tes brillantes victoires,

Les jours bénis de Reims et d'Orléans;

Rappelle-toi que tu couvris de gloire,

Au nom de Dieu, le royaume des Francs.

Maintenant, loin de toi, je souffre et je soupire.

Viens encor me sauver, Jeanne, douce martyre!

Daigne briser mes fers...

Des maux que j'ai soufferts,

Oh! souviens-toi!

Je viens à toi, les bras chargés de chaînes,

Le front voilé, les yeux baignés de pleurs;

Je ne suis plus grande parmi les reines,

Et mes enfants m'abreuvent de douleurs!

Dieu n'est plus rien pour eux! Ils délaissent leur Mère

O Jeanne, prends pitié de ma tristesse amère!

Reviens, «fille au grand cœur».

Ange libérateur,

J'espère en toi!

1894

[Illustration]

Cantique pour obtenir la canonisation de la Vénérable Jeanne d'Arc.

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 175 / 403 题