Je me ferais volontiers le propagateur et l'apologiste des écrits et des
vertus admirables de votre sainte enfant; mais, il faut l'avouer, cette
petite gâtée de Notre-Seigneur n'a besoin de l'éloge de personne; son
mérite lui suffit devant Dieu et devant les hommes.
Cependant d'autres ascètes, vous pouvez vous y attendre, ne manqueront
pas, en lisant de si belles pages, de vous apporter le tribut de leurs
félicitations et de leur approbation; pour moi, ma Révérende Mère, je
reste sous le charme de cet écho du Ciel, de cet ange terrestre qui a
passé ici-bas d'un vol rapide, sans ternir ses ailes, et qui nous a
enseigné, autant par son langage que par ses actes, le chemin qu'il faut
suivre pour aller à Dieu.
Je ne suis pas surpris de la rapidité de l'écoulement de la première
édition. Quand on a lu le précieux volume de l'HISTOIRE D'UNE AME, on
voudrait que tout le monde le lût, tant il renferme de charmes, de
piété, de doctrine, de naturel et de surnaturel, d'humain et de divin.
C'est Notre-Seigneur humanisé, rendu palpable, sensible, cultivant avec
un amour incessant cette fleurette du Carmel qu'il fait germer, grandir,
et qu'il embaume des plus suaves parfums, pour les délices de son
Cœur et le ravissement du nôtre.
Il y a là une spiritualité douce, vivante, pratique, entraînante,
enviable, qui fait comprendre et aimer la parole de Jésus: «_Mon joug
est doux, et mon fardeau léger._» Il n'est personne qui ne se délecte
dans cette lecture et qui n'y trouve une lumière et un encouragement.
Je vous remercie pour mes religieux et pour moi. Elle nous a fait le
plus grand bien.
Veuillez agréer, ma Révérende Mère, l'hommage de mon religieux respect.