Que je suis reconnaissant envers votre Révérence de ce qu'elle a eu la
bonté de me faire envoyer cette ravissante «HISTOIRE D'UNE AME»! L'on ne
saurait parcourir ces pages sans se sentir remué jusqu'au fond de l'âme
par le spectacle d'une vertu si simple, si gracieuse et en même temps si
élevée et si héroïque.
Il faut que Notre-Seigneur chérisse singulièrement votre Carmel pour lui
avoir fait don d'un tel trésor. Il est vrai que cet ange terrestre n'a
fait, pour ainsi dire, que s'y montrer un instant, tant il avait hâte
d'aller rejoindre ses frères du Ciel et de se reposer sur le Cœur de
son unique Amour; mais le cloître qui a eu le bonheur de l'abriter reste
embaumé du parfum et éclairé de la trace lumineuse qu'il laisse après
lui.
Vous avez cru, ma Très Révérende Mère, que votre Carmel ne devait pas
être seul à respirer ce parfum; que cette lumière si brillante et si
pure ne pouvait rester cachée dans l'étroite enceinte d'un monastère,
mais qu'elle devait étendre au loin son rayonnement bienfaisant: six
mille exemplaires enlevés en l'espace d'un petit nombre de mois disent
assez que vous ne vous êtes point trompée. Je me suis réjoui en
apprenant qu'une nouvelle édition se préparait: elle aura, sans nul
doute, le même succès que les précédentes. S'il m'était permis
d'exprimer ici un vœu, ma Très Révérende Mère, je demanderais que des
plumes exercées s'essayassent bientôt à rendre, en plusieurs langues, la
grâce presque inimitable de celle qui a écrit l'_Histoire d'une âme_:
l'Ordre du Carmel tout entier serait ainsi mis en possession de ce que
je regarde comme un précieux joyau de famille.
Veuillez agréer, ma Très Révérende Mère, avec la nouvelle expression de
ma vive gratitude, l'hommage du religieux respect avec lequel j'ai
l'honneur de me dire