Tout n’est qu’heur et malheur.
Ainsi, pour la première fois, dans l’esprit de Max, l’idée de Louise se
trouva rapprochée de l’idée de mariage.
Le cœur du vicomte avait fait tant de chemin en moins de six mois que
cette idée, qui autrefois lui eût semblé la plus bouffonne du monde, lui
paraissait maintenant presque naturelle.
Il en était à peser les difficultés, à chercher un moyen de les
vaincre.
Son plus grand embarras était de faire accepter son mariage par ses
amis, par ses connaissances, à se sauver du ridicule, la seule chose
vraiment redoutable.
--L’originalité me tirera de là, pensait-il, je m’afficherai autant que
possible, ce sera un esclandre; mais, au bout de huit jours, personne
n’en parlera plus. Maintenant on ne se marie plus que pour de l’argent;
j’aurai pour moi les gens exaltés et les jeunes femmes sentimentales.
Quant à son père, le sévère comte de Tressang, Max ne doutait pas
d’avoir son consentement, en lui présentant la chose d’une certaine
façon.
Restaient encore quelques scrupules, quelques vieux préjugés, l’absence
de Louise les dissipa tous.
Le vicomte se résolut donc à une grande démarche. Un beau jour il se
présenta chez Louise:
--Mademoiselle, dit-il sans préambule, je viens vous demander si vous
voulez être ma femme.