_Il n'y a rien qui charme tant, les affections des hommes, & qui les
attache plus puissamment aux grands Princes que la vertu & bon exemple
qu'ils doivent à leurs sujets. Vostre naissance de la tres-ancienne,
tres Auguste & royalle maison de Lorraine, vous est d'un si grand
advantage que je ne m'estonne point de l'opinion de plusieurs que vostre
grandeur sera un jour un sainct. La perfection peut estre petite au
commencement, mais elle s'esleve comme les Cedres du Liban, & va
tousjours croissant à mesure qu'elle est arrousée des benedictions du
Ciel, que le Seigneur verse abondamment en vous dont on en voit tous les
jours des effects. L'histoire nous apprend (Monseigneur) qu'autrefois il
n'estoit pas permis à aucun d'aller saluer les Roys de Perse, que l'on
n'eust quelque chose à leur donner, non pour les enrichir: car ils
estoient des plus grands & puissans Princes de toute la terre, mais
seulement pour obliger les sujets à rendre quelque tesmoignage de
l'affection qu'ils portoient à leur Prince._
_C'est pourquoy considerant les grandes obligations & bienveillances
tres-estroites que Vostre saincte & Royalle maison a acquis sur tous les
Religieux du monde dont elle a tousjours esté le support & l'asyle
asseuré, j'ay pris la hardiesse de presenter aux pieds de Vostre
grandeur cest ouvrage avec son Autheur, qui sera s'il vous plaist pour
un asseuré tesmoignage; de l'affection que j'ay à vostre service, & une
foible recognoissance de l'obligation que vous ont les Recollects de
vostre ville de fainct Denis, & moy en particulier m'ayant autrefois
fait l'honneur me commander de luy discourir des moeurs des Sauvages, &
du pays de Canada._
_S'en est un traicté (Monseigneur) & des choses principales qui s'y sont
passées pendant quatorze ou quinze années que nos Peres y ont demeuré
pour la conversion du pays. Si vostre, grandeur le reçoit comme je l'en
supplie en toute humilité (orné sur son frontispice de vostre Auguste
nom) il sera bien venu & chery de tout le monde, & verra-on qu'à
l'imitation de tous les Princes de vostre maison, vous cherissez la
conversion des infidelles comme ils ont tousjours esté portez pour
l'accroissement de l'Empire de Jesus-Christ, l'extirpation des heresies,
la paix & le salut des peuples._
_Ce sont ces vertus là (Prince tres-illustre) qui vous acquerront un
grand Empire dans le Ciel, & vous feront aymer de tous les courtisans du
Paradis. La terre n'est qu'un petit point, & ce petit point divisé en
tant d'autres que je m'estonne comme les Princes, à qui Dieu a donné un
coeur si relevé puissent mettre leur affection à chose si basse, & comme
un néant devant les yeux de Dieu._
_La vostre n'y est point attachée (Monseigneur) vos pensées sont toutes
autres, & croy pour moy ayant considere la douceur & bonté de vostre
naturel, qu'un jour on dira le coeur de ce Prince estoit tout en Dieu,
ce n'est point ma croyance seule, mais de beaucoup d'autres qui sçavent
qu'il est permis aux grands de paroistre avec un grand esclat extérieur,
tandis, que leur intérieur traicte de paix avec ce Dieu duquel ils sont
les images._
_Agreez donc, Monseigneur, s'il vous plaist, mes bonnes volontez, &
recevez ce petit present de la mesme, affection que ce grand Prince
receut le verre, d'eau d'un pauvre villageois: ce n'est point à la
valeur du don qu'on regarde, mais à l'affection du coeur d'où il part,
mon histoire mal polie ne merite pas de vous estre offerte n'y qui
employe aucune heure de vostre loisir, la lecture vous en seroit
ennuyeuse comme mon stile grossier trop importun, mais puis que vostre
clemence ne desdaigne personne pour petit qu'il soit & ne mesprise le
donneur pour son petit don, suffit que vostre grandeur lui fasse
l'honneur de le recevoir avec un doux accueil, & le protège à lencontre
de tous les envieux, & les langues mesdisantes de ceux qui comme des
araignes veneneuses tirent du venin de la fleur d'où l'abeille succe le
miel. C'est la très-humble prière que je fais à vostre excellence qui
est la sagesse, la bonté & la courtoisie mesme, & tellement accomplie
que pour faire un Prince aussi parfait que vous estes, il faudroit
recueillir ceste perfection de plusieurs. Ce sont dons que Dieu vous a
faits lesquels je prie sa divine bonté vous accroistre, & conserver ses
benedictions en vostre Auguste maison, qui suis,_
_MONSEIGNEUR,_
A Paris ce 1 Septembre 1636.
Vostre tres-humble &
tres-affectionné serviteur
en J.-C. GABRIEL SAGARD
Recollect.
Ce grand Appelles (amy Lecteur) que la venerable antiquité a admiré
entre tous les plus excellens Peintres de son temps estoit tellement
amateur de la perfection de ses oeuvres qu'il les exposoit à la censure
d'un chacun, pour en cognoistre les fautes, & en corriger tous les
deffauts, mais comme il arrive ordinairement que les plus impertinens
s'emportent facilement en toutes choses, il arriva que le cordonnier fut
de fort bonne grâce repris par cet admirable Appelles qu'ayant jugé du
soulier, il vouloit encor controller le reste du vestement.
A l'exemple de cet excellent Peintre j'ay librement presenté au publique
le premier crayon de mon voyage des Hurons dedié au tres-valleureux &
puissant Prince Monseigneur le Comte d'Harcourt Generalissime de l'armée
Navale du Roy, lequel a esté parfaitement bien receu, & veu en diverses
nations estrangeres, car tant s'en faut que les personnes sages & de bon
esprit, & ceux qui ont quelque cognoissances dans le pays y ayent trouvé
à redire, qu'au contraire ils m'ont supplié de l'amplifier, & de
descrire l'histoire entiere des choses principales qui se sont passées
en tout le Canada, pendant quatorze ou quinze années que nos freres y
ont demeuré pour la conversion du pays, la lecture de laquelle vous sera
d'autant plus utile qu'elle vous portera à une recognoissance envers ce
Dieu de tout le monde qui vous a fait naistre dans un pays Chrestien, &
de parens Catholiques. Les plus devots y trouveront de quoy occuper
leurs bonnes oeuvres & charité à l'endroit de tant de pauvres âmes
esgarées & esloignées du chemin de salut. Les affligez leur
consideration endurant pour le Paradis, où les pauvres barbares ne
souffrent que pour l'enfer. Les esprits curieux, & qui n'ont autre but
que leur propre divertissement y verront dequoy se satisfaire allechez
par l'aggreable aspect & diversité des choses y contenues, & ceux qui
ont voyagé dans le pays comme a fait depuis moy le R. P. Brebeuf
Jesuite, pourront avoir le mesme sentiment que ce bon Pere tesmoigna de
mon premier Livre, lequel il jugea non seulement digne de voir le jour,
mais s'offrit d'en donner son approbation s'il eut esté necessaire.
Je peux donc à bon droit dire que ce Volume peut profiter non seulement
aux devots, & personnes portées à la pieté, mais à tous ceux qui ne sont
portez que d'une simple curiosité de cognoistre les choses estrangeres &
non communes. Pour les esprits blessez ou enyvrez du mal-heureux péché
d'envie qui perce jusques aux plus fortes & secretes murailles du monde,
il m'est indifferent qu'ils m'ayent en considération ou en mespris,
suffit que l'on sçache que ce font personnes qui ne sçauroient souffrir
en autruy le bien qu'ils ne peuvent faire eux mesmes.
On me pourra dire que je devois avoir emprunté une plume meilleure que
la mienne pour polir mes escrits, & les rendre recommandables, mais
c'est dequoy je me soucie le moins, & vous asseure que quand bien je
l'aurois pu faire je ne l'aurois pas fait, car il n'est pas raisonnable
qu'un pauvre frere mineur comme moy, se pare des riches thresors de
l'éloquence d'autruy, & puis je n'ay pas entrepris de contenter les
amateurs de beaux discours, mais d'édifier les bonnes ames qui verront
en cette Histoire une grande exemple de patience & modestie en nos
Sauvages, un coeur vrayement noble, & une paix & union admirable, car
que servent tant de mots nouveaux & inventez à plaisir sinon pour vuider
l'ame de la devotion & la remplir de vanité. Il n'y a pas jusques à de
certaines devotes & petites servantes de Jesus-Christ, qui veulent
pindariser & faire les sçavantes en matière de bien dire. Il vaudrait
bien mieux, disoit saincte Therese, qu'elles usassent du langage des
hermites, sceussent peu parler & bien operer, que de s'amuser à ces
cajoleries, ou discours affectez.
On demanda un jour à Démosthenes par quel moyen il estoit plus excellent
que les autres en l'art de bien parler, il respondit en consommant, plus
d'huyle que de vin. Je pourrois rendre la mesme responce à ceux qui
m'interrogeroient du moyen d'avoir pu travailler à mon Histoire, estant
si occupé d'ailleurs en d'autres commissions. Que la lampe m'a servy de
Soleil, & qu'à peine ses rayons m'ont ils veu composer mes escrits qui
portent le pardon de mes fautes s'il s'en trouve dans le corps de ce
Livre, car il est bien difficile qu'ayant l'esprit partagé en tant
d'endroits & preocupé de tant de differentes affaires il ne s'y soit
glissé quelques redites ou trop de sentences & d'exemples, qui portent
la rougeur au front de ceux qui se qualifient du nom de Chrestiens, &
vivent presque en payens. Tout le monde abonde en son sens & en ses
sentimens, quelqu'un me dira que j'ay plustost allégué les sentences des
sages payens que non pas des vertueux Chrestiens, je l'ay fait pour ce
qu'elles me sembloient plus à nostre confusion, car quand je considere
la vie & moeurs d'un Phocion ou d'un Socrates, où les riches documens
d'un Marc Aurelle, & d'un Seneque Payens, je suis plus esmeu pour la
vertu que non pas par la consideration d'un sainct Jean Baptiste où les
belles sentences de quelque autre Sainct qui n'ayent point eu de vices.
De mesme je reste plus confus en la pensée de la vie d'une saincte femme
que d'un sainct homme, à raison de la fragilité du sexe féminin, qui me
donne quelque esperance de pouvoir parvenir à la vertu, l'homme ayant
naturellement plus de courage, & la femme moins de resolution.
Mon intention a tousjours esté bonne, & ne voudrois pour rien avoir
offencé qui que ce soit, car pour la reprehension que je fais aux vices,
personne ne s'en peut offencer que les vicieux mesmes desquels je ne
dois pas craindre le mespris, n'y appeler les louanges. Si j'ay parlé
advantageusement pour mes Sauvages contre ceux qui negligeoient leur
conversion, ç'a esté par devoir, & non pour interest que de celuy de mon
Dieu. J'ay blasmé le peu de soin qu'on a eu du pays, & je les ay deu
faire pour la mesme intention, & faire veoir les choses comme elles se
sont passées pour y apporter les remedes, car ça esté une chose bien
déplorable que quelques Marchands des Compagnies anciennes, avant cette
nouvelle, qui a pris tout un autre esprit y ayent apporté si peu de
soin, & plustost nuits que favorisez nos pieux desseins de les
convertir, rendre sedentaires, & peupler le païs.
Je remonstre avec raison combien il seroit necessaire pour le bien du
public d'imiter en quelque chose les loix Chinoises, & regler les
pauvres & vagabonds, non contre la charité que je dois aux vrais pauvres
& membres de Jesus-Christ, mais pour remédier aux abus qui se glissent
sous ce nom de pauvres; car en verité il se trouve en beaucoup de choses
de la tromperie, qui seroit besoin de cognoistre pour le soulagement des
vrays pauvres, & corriger les abus.
Je fais mention des trois Ordres establis par sainct François, non pour
en relever le lustre; car il parle assez de soy-mesme, mais pour nostre
repos & contenter ceux qui en desirent sçavoir les distinctions j'avois
aussi dessein d'inserer en ce volume plusieurs pièces importantes
touchant nostre establissement & mission és terres du Canada avec nos
Dictionaires & phrases de parler és langues Canadoise, Algoumequine, &
Huronne; mais l'ayant veu grossir suffisamment sous ma plume, j'ay creu
avec le conseil de nos amis qu'il valloit mieux laisser toutes ces
pièces & ces Dictionnaires pour un autre Tome à part, que de grossir
trop inconsiderement ce livre, autrement il m'eust fallu contre le
sentiment de plusieurs retrancher de mon livre de belles authoritez,
lesquelles si elles ne plaisent aux uns, pourront contenter les autres,
car il y a des esprits qui se delectent au meslange, & en la diversité,
principalement les simples pour lesquels j'escris, & non pour les doctes
qui n'ay dequoy leur satisfaire.
Voyla, amy Lecteur, mon petit labeur, l'Histoire du Canada que je vous
prie d'aggréer & prendre en bonne part: Si elle ne mérite vostre
entretient, qu'elle aye part à vostre amitié qui la deffendra contre
tous ses envieux. La bonne vesve au temple ne fut pas mesprisée pour son
petit denier, je n'ay pû faire mieux, où il m'eust fallu du temps pour
r'appeller mon esprit, & mes pensées souvent esloignées du cours de ma
plume, & embarassées aux devoirs de l'obeïssance que j'ay tousjours
preferés à mes propres interests, pourveu que Dieu soit loué, & mes
pauvres Canadiens assistez, c'est tout ce que je demande, & puis
souhaiter avec vos bonnes prières, lesquelles j'implore à ce que Dieu me
fasse la grâce de pratiquer pour son amour les mesmes vertus que les
barbares exercent pour l'amour d'eux mesmes, & qu'à la fin je vous
puisse voir dans le Paradis, où nous conduise le Pere, le Fils, & le
sainct Esprit, Amen.
_Approbation des Docteurs._
Nous soubsignez Docteurs en Theologie de la Faculté de Paris, certifions
avoir leu le livre intitulé, Histoire de Canada, Composé par le Frere
Gabriel, de l'Ordre des Recollects, auquel nous n'avons rien trouvé
contraire à la Foy Catholique, Apostolique & Romaine, ny aux bonnes
moeurs, en foy dequoy nous avons signé le present tesmoignage, ce
unziesme Juillet mil six cent trente-six.
Le Maistre.
Pean.
_Permission du Commissaire general_
Nous soubsignez Frere Cherubin de Marcigny de l'Ordre des Fr. Mineurs
Recollects, Père des Provinces de S. François, & de S. Bernardin en
France, & Commissaire General en cette Province de S. Denys du mesme
Ordre, permettons à Fr. Gabriel Sagard, Profez dudit Ordre, & de ladite
Province, de faire imprimer un livre intitulé, _Histoire du Canada, où
les voyages que les FF. Mineurs Recollects y ont faicts en divers temps
pour la conversion des Sauvages, avec un dictionaire, des langues
Françoise, Huronne & Canadienne_. En gardant ce qui est determiné par
le sacré Concile de Trente, Ordonnances du Roy, & Constitutions de
l'Ordre touchant l'impression des livres. Faict en nostre Convent de
l'Annunciation de la glorieuse Vierge à Paris, sous nostre sein, & seau
de la Province, le 19 jour du mois de May l'an de grace 1635.
De Cherubin de Marcigny,
Commissaire General.
_Permission des Superieurs._
J'ay soubsigné Frere Antoine des Moynes, Diffiniteur de la Province de
Paris, Ordre de S. François des FF. Mineurs Recollects, certifie avoir
veu, & leu par le commandement de nostre Reverend P. Provincial, le R.
P. Ignace Legault, un livre intitulé, Histoire du Canada, où les voyages
que les F F. Mineurs Recollects ont faits en dîners temps pour la
conversion des Sauvages en l'Amérique, avec un Dictionnaire des langues
Françoise, Algoumequine, Huronne, & Canadienne: faict & composé par Fr.
Gabriel Sagard, Religieux de la mesme Province & du mesme Ordre, & n'y
avoir trouvé rien de contraire à nostre saincte Foy, ny aux bonnes
moeurs, ains l'ay jugé fort utile, & profitable d'estre mis en public,
pour exciter les coeurs des fidels Catholiques, Apostoliques, & Romains,
à assister ces pauvres idolâtres, touchant leur conversion au vray Dieu.
Faict en nostre Convent de S. Germain en Laye, ce jour S. Denys
Areopagite 9 Octobre 1635. Fr. Antoine des Moynes.
J'ay soubssigné Theologien, Predicateur, & Confesseur des Peres
Recollects de la Province de sainct Denys en France, certifie avoir leu
le livre intitulé Histoire du Canada, & voyages que les FF. Mineurs
Recollects y ont faicts pour la conversion des Sauvages, avec un
Dictionnaire des langues Françoise, Canadoise, Algoumequine, & Huronne:
faict & composé par le Frère GABRIEL SAGARD. Religieux de nostre mesme
Ordre & Institut. Auquel je n'ay rien trouvé contraire à la Religion
Catholique, Apostolique, & Romaine, la lecture duquel fera recognoistre
aux ames Chrestiennes l'extreme obligation qu'elles ont à Dieu du don de
la Foy, voyans la barbarie és moeurs prophanes, & brutalité de vie de
ces peuples: ce que les Chrestiens seroient si Dieu ne les avoit pollis
par la cognoissance de son nom & lumière de la foy. J'ay juge que ce
livre pourroit estre utile au public. En foy dequoy j'ay signé de ma
main, ce vingt septiesme jour de Décembre 1634. A nostre Convent de
Paris.
F. ANGE CARRIER,
qui supra.
_Extraict du Privilege du Roy._
Par Grace & Privilege du Roy, donné à Paris le 17 jour de May 1635,
signé par le Roy en son Conseil, Croiset, & seellé du grand seau de cire
jaulne, il est permis à Fr. Gabriel Sagard Theodat, Religieux Recollect,
de faire imprimer un livre intitulé, Histoire du Canada, où les voyages
que les Frères Mineurs Recollects y ont faicts en divers temps pour la
conversion des Sauvages, avec un Dictionnaire des langues Françoises,
Huronne, & Canadienne. Et deffenses à tous Imprimeurs & Libraires de ce
Royaume, pays & terres de nostre obeyssance d'Imprimer ledit livre, d'en
vendre, ny distribuer d'autre impression que de celle que ledit Fr.
Gabriel Sagard Theodat, aura faict imprimer durant le temps de six ans,
à compter du jour que la première impression sera achevée, sur peine de
confiscation des exemplaires, de deux mille livres d'amende & de tous
dépens, dommages, & interests, ainsi que plus au long est contenu audit
Privilege.
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Achevé d'imprimer pour la première fois le
dernier Aoust 1636.
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Et ledit Fr. GABRIEL SAGARD, a transporté le droict de son Privilege à
CLAUDE SONNIUS Marchand Libraire à Paris, pour en joüyr selon la teneur
d'iceluy.
HISTOIRE
DU CANADA
ET
VOYAGES DES PERES
RECOLLECTS EN LA
nouvelle France.