LA LANGUEUR DES VOYAGES

Le matinal plaisir du soleil dans l'herbage,

Dessinant des ruisseaux d'intangible cristal;

Les cieux d'été, plus chauds qu'un sensuel visage

Opprimé de désir, altéré d'idéal;

Le hameau romantique au creux d'un roc stérile;

Des jardins de dattiers, épais ainsi qu'un toit;

L'arrivée, au matin, dans d'étrangères villes,

Où, soudain, l'on se sent libéré comme une île

Que bat de tout côté un flot distrait et coi;

Le bitumeux parfum d'une rade en Hollande,

Le bruit de forge en feu des vaisseaux roux et noirs

Que la noble denrée exotique achalande;

Enfin, surtout, l'odeur et la couleur des soirs,

Ont, pour le voyageur que le désir oppresse

Et que guide un mystique et rêveur désespoir,

L'insistante langueur qui prélude aux caresses...

Les vivants et les morts · 第 97 / 150 题