LE RENDEZ-VOUS.

Elle plia le papier, le remit au commissionnaire qui, devant elle, le

glissa dans l'enveloppe, passa sa langue comme s'il voulait la lécher

et la ferma. Lorsqu'il fut parti, pendant que les ouvrières riaient,

Geneviève s'enfermait dans sa chambre et, tombant à genoux devant le

portrait de Pierre, les larmes aux yeux, le visage rayonnant d'espoir,

elle s'écriait:

--Pierre! Pierre! tu m'as entendue! tu pardonnes enfin!

On juge facilement de l'anxiété dans laquelle se trouvait Geneviève:

ce rêve de ses jours et de ses nuits allait être exaucé; elle n'osait

y croire. Elle s'enfermait dans sa chambre, et relisait les trois lignes

de la lettre anonyme; elle cherchait à reconnaître l'écriture, mais

vainement... Qui pouvait s'intéresser à elle? Personne.

Il n'y avait au monde que l'enfant elle-même qui pouvait chaque jour

demander sa mère; alors peut-être les gens auxquels elle avait été

confiée avaient-ils fait des démarches et venaient-ils d'eux-mêmes

amener l'enfant... La lettre était précise: on offrait sans condition;

il n'y avait donc pas là d'affaire de spéculation; on demandait une

chose qui paraissait toute naturelle à Geneviève, qu'elle fût seule;

on ne voulait pas se compromettre, vis-à-vis des gens qui avaient

confié la petite Jeanne et qui payaient pour elle; on voulait

simplement satisfaire l'enfant.

Et Geneviève le comprenait bien, elle en était bien certaine: chaque

jour son enfant devait la demander, car elle aimait sa fille; mais

sa Jeanne le lui rendait. Revoir Jeanne... la retrouver! Oh! quelle

singulière sensation elle éprouvait à cette seule idée. D'abord,

cette lettre lui assurait une chose, qui souvent avait tourmenté ses

nuits: c'est que sa fille vivait!...

Puis la pauvre veuve se demandait si elle n'était pas victime d'une

mystification. Mais qui la connaissait? Qui savait qu'elle était mère?

Qui avait intérêt à la faire souffrir encore?... Un seul homme au

monde, et c'était son regret, son remords, avait à se plaindre d'elle,

et elle avait à se reprocher sa mort... C'était pour sa conscience

un assez lourd fardeau. Des autres, elle avait été la dupe et la

victime... Elle n'avait donc pas de mystification à redouter.

Si c'était Simon?... Mais Simon était le chien fidèle de son mari,

le protecteur de l'enfant, et, s'il voulait la ramener à sa mère, il

n'avait pas besoin de demander autre chose que celle-ci: Mme Davenne

était-elle bien la veuve de Pierre Davenne? et il serait venu

aussitôt... Ce n'était point cela...

Toute la journée, Geneviève fut si fiévreuse, si agitée, qu'elle

parut à peine dans l'atelier: elle aurait voulu avancer l'aiguille de

la pendule; à des moments, inconsciente, elle voulait se rendre dans

l'atelier pour renvoyer ses ouvrières, croyant ainsi avancer l'heure...

Elle pleurait, puis riait. Sa fille, sa Jeanne, elle allait savoir où

elle était... et elle essuyait ses larmes; puis, voilant ses yeux de

ses mains, elle s'abandonnait à son imagination:

Elle entendait sonner neuf heures... On frappait à la porte, elle

courait ouvrir et, au lieu de trouver un homme venant lui donner des

nouvelles de son enfant, c'était sa Jeanne seule, qu'on avait montée

jusqu'à sa porte et qui entrait chez elle, qu'elle prenait dans ses

bras, qu'elle dévorait de baisers. Qu'elle était belle! et, voulant

échapper à cette pensée qui l'affolait, Geneviève se leva; ses

doigts fébriles s'agitaient, elle riait et elle avait des larmes aux

yeux; elle regardait l'heure, et l'aiguille semblait immobile...

Et lorsqu'elle était dévorée de fièvre, comptant les minutes, les

secondes, elle entendait à côté d'elle, dans la pièce qui servait

d'atelier, le chant banal des ouvrières, le refrain des rues psalmodié

sans cesse; elles étaient calmes et elle bouillait, et cela l'agaçait,

l'énervait, et, cependant elle ne voulait rien laisser voir.

Oh! la longue, l'interminable journée! Enfin, huit heures sonnèrent,

et les ouvrières partirent. Alors, seule, Geneviève se hâta de tout

ranger; cependant elle ne pouvait recevoir dans son atelier.

Ce jour, la malheureuse rougissait de son honnête misère: elle disposa

sa chambre, fermant avec soin les rideaux de son lit pour le cacher et

faire, autant que cela lui était possible, ressembler la pièce à

un salon... Ce qui lui semblait le plus pénible ce jour-là, c'était

d'avoir un logement dont les fenêtres donnaient sur la cour... Ah! si

elle avait pu voir dans la rue, elle serait restée à sa fenêtre pour

voir de plus loin celui qui, comme la colombe de l'arche, apportait la

branche d'olivier, annonçant que tout allait redevenir calme... Mais

non seulement elle ne pouvait voir dans la rue du Temple, mais encore

l'escalier qui conduisait à son logement se trouvait près de la loge

du concierge, sous le porche. Cette circonstance avait été cause

que le matelot ne l'avait pas vue se diriger dans la maison, et, en

regardant dans la cour, elle ne pouvait même pas voir les gens qui

venaient chez elle.

Enfin neuf heures sonnèrent... Au dernier coup, elle fut presque

obligée de dominer son émotion, disant:

--C'est ridicule... On frapperait, je n'aurais pas la force d'ouvrir.

Elle se remit vite, et, s'imposant le calme, en raison de la gravité

du rendez-vous, elle attendit... Neuf heures un quart! personne! Avec la

même intensité qu'était venue la joie, vint le désespoir... C'était

une mystification... On s'était joué d'elle, des indignes avaient ri

avec ce sentiment sacré, cette affection sainte: l'amour maternel!

A neuf heures et demie on frappa... Elle fut presque une minute à

dominer son émotion... Elle se leva et alla ouvrir...

Un homme se présenta et demanda, d'une voix contrefaite assurément,

tant elle ressemblait à une voix de femme:

--Madame veuve Davenne?

--C'est moi, monsieur.

--Je suis la personne qui vous ai adressé un mot hier, et à laquelle

vous avez fait l'honneur de répondre en l'assurant qu'elle vous

trouverait seule...

--Bien, monsieur, veuillez entrer.

Et Geneviève, en regardant celui qui lui parlait, ne pouvait distinguer

son visage: elle vit qu'il était jeune, à sa mise qu'il paraissait

être un artiste, et son étonnement s'en augmenta; la nuit était

presque venue, elle pria l'inconnu d'entrer et le guida vers sa chambre.

Lorsqu'il fut entré elle avança des sièges, elle en offrit un à

l'étranger, la lumière de la lampe frappait en plein sur son visage,

elle le regarda et elle se recula vivement en jetant un cri d'effroi...

--Vous, vous ici!...

--Eh! oui! moi... Je ne suis pas un oublieux...

--Sortez!... Sortez!...

Et, superbe de crânerie, de volonté le bras étendu, montrant la

porte, elle répétait:

--Sortez...

Mais l'homme,--nos lecteurs ont deviné Fernand,--dit tranquillement et

prêt à obéir.

--Ne crie pas... Je sortirai si tu l'exiges, mais je viens te dire:

Veux-tu savoir où est Jeanne?...

Geneviève se tut aussitôt et ses bras retombèrent le long de son

corps.

Geneviève était atterrée; Fernand chez elle! Elle ne pouvait le

chasser, il venait lui dire ce qu'était devenue sa fille... Jamais

elle n'avait pensé qu'elle pourrait être dans une aussi cruelle

situation... Devoir quelque chose à cet homme! c'était le comble de

ses peines!

--Je ne croyais pas, dit Fernand, que ma vue t'aurait fait une si

désagréable impression...

L'acharnement qu'il mettait à la tutoyer gênait Geneviève.

--Monsieur, avec mon mari j'ai enterré le passé... Et malgré le

désir ardent que j'ai de retrouver mon enfant, si j'avais su que

vous étiez l'auteur de la lettre, peut-être... aurais-je refusé ce

rendez-vous.

--Mon Dieu, ma chère Geneviève, voilà bien des façons... Il vaudrait

mieux arriver tout de suite à la raison pour laquelle je suis venu,

sans s'arrêter à des enfantillages... Tu veux retrouver ton enfant, je

sais où il est...

--C'est tout ce que je désire savoir...

--Si je comprends bien... tu veux dire: Hâte-toi de me dire où il

est... et va-t'en...

Geneviève ne répondit pas... Fernand avait fort clairement exprimé sa

pensée.

--Ainsi, je t'inspire aujourd'hui une telle répulsion... Ainsi de

l'amour d'autrefois il ne reste rien!

-Il me reste le remords et la honte...

--Cela pouvait être du vivant de ton mari; aujourd'hui, tu es veuve...,

tu es libre... Il n'y a donc plus ni remords ni honte à avoir.

La jeune femme était gênée, la présence de Fernand lui faisait peur,

elle était oppressée, il lui semblait que le malheur planait autour de

cet homme...

--Je vous en prie, fit-elle, je vous en prie, monsieur Séglin, veuillez

ne vous souvenir que d'une chose: vous étiez l'ami de mon mari... qui

vous a obligé tant qu'il l'a pu faire...

Fernand eut un méchant rire en répondant:

--Je le reconnais; il me portait un intérêt qui n'a jamais diminué.

Geneviève, ne comprenant pas, continua:

--Aujourd'hui, j'ai juré sur ses cendres, que je rachèterais par une

vie de sacrifice le passé qui l'a tué... Aujourd'hui, je n'ai qu'un

but: retrouver mon enfant, et travailler pour l'élever comme elle

devait l'être...

Fernand s'était assis, et, accoudé sur la table, il regardait

Geneviève; il dit d'un ton calme:

--Ainsi le passé est oublié... Tu acceptes la condamnation, et,

au lieu de maudire celui qui t'a jetée dans la misère où tu es

plongée,... tu vénères sa mémoire...

--Je subis le châtiment mérité et cherche, par ma vie nouvelle, à me

rendre digne du pardon.

--Du pardon de qui...

--De tous... de lui?

--Ah! tu crois à une autre vie... Tu espères le pardon... Et que te

fera son pardon?...

--Je retrouverai mon enfant..., puisque vous savez où il est...

Il y eut un silence... pendant lequel le regard de Fernand ne quittait

pas Geneviève: il semblait se plaire à la contempler... Et, disons-le,

la jeune femme était restée l'adorable créature que nous avons vue au

commencement de notre récit.

La vie calme qui avait suivi la maladie de Mme Davenne avait augmenté

peut-être un peu le côté charnel; elle avait acquis du charme en

perdant peut-être un peu de finesse, d'élégance; la peau était

devenue plus blanche, cette blancheur mate des oisifs, mais cela seyait

à ses cheveux blonds, à la profondeur de son regard bleu, à l'air

doux, résigné, de son visage... Ses longs vêtements de deuil la

rendaient intéressante.

Geneviève était très belle, et, en la regardant, la nature du

libertin renaissait tellement dans Fernand que Geneviève, gênée par

ce regard effrontément persistant, cherchait à y échapper.

--Tu retrouveras ton enfant!... Oui, je te mènerai vers elle,

Geneviève; mais, pour que j'y consente, il faut encore que tu veuilles

être avec moi ce que tu dois être...

--Je ne vous comprends pas.

--C'est simple cependant... Lorsque nous nous sommes quittés..., j'ai

peut-être été vif, je le reconnais; mais, aujourd'hui, reconnaissant

mes torts, je viens vers toi... J'y reviens plein d'affection,

d'intérêt... Je reviens en t'apportant l'objet de tes rêves... ton

enfant... Et tu me reçois bien, bien mal... Dans cette situation, tu me

permettras de faire des conditions...

--Des conditions! fit Geneviève inquiète.

--Évidemment... Enfin, jugeons par toi; aurais-tu jamais pensé

à m'être agréable?... Non! n'est-ce pas? Si l'occasion, s'était

présentée, tu l'aurais repoussée... Ne nie pas, c'est la vérité. Si

tu ne l'avais repoussée..., tu me l'aurais vendue.

--Oh!...

--Je n'ai pas à choisir mes expressions.

--Enfin... vous venez me vendre... ce que vous savez sur mon enfant...

--Fernand éclata de rire et dit:

--Oui... Mais pas absolument dans le sens que signifie le mot vendre.

--Je ne comprends pas...

--Tu n'as pas peur de moi, n'est-ce pas? fit Fernand gaiement, quitte

tes airs mélodramatiques. Assieds-toi là devant moi et causons. Ton

enfant est vivant, il se porte bien, je sais où il est, je te le

rends demain si tu veux. Mais tout dépend de toi, il faut que cette

restitution me serve. Tu vas me répéter ce que tu disais. Tu ne

comprends pas. Tu me comprendras, si tu veux m'écouter avec calme.

Assieds-toi là, en face de moi.

Calme, étonnée, muette, Geneviève obéit. Dominant la répulsion que

lui inspirait le misérable, elle s'assit en face de lui. Celui-ci dit

alors:

--Écoute-moi, Geneviève, et ne m'interromps pas... Ton mari, dis-tu,

m'a fait du bien de son vivant. Oui... Il a appris...

Geneviève cacha sa figure dans ses mains.

--Il a appris nos relations, et aussitôt il m'a rendu au centuple

en mal le bien qu'il m'avait fait... Je suis quitte envers lui... Au

contraire, il me redoit et j'espère que...

Voyant Geneviève le regarder, il se reprit vivement.

--Il me redevait plutôt... et j'estime ne pas être tenu à avoir pour

sa mémoire la vénération que tu as...

--Ne blasphémez pas... Respectez les morts...

--Je ne blasphème pas... Si je suis misérable, malheureux aujourd'hui,

c'est lui qui en est la cause... Au delà de sa mort, il m'a poursuivi

de sa vengeance, et je n'ai pour lui que de la haine...

--Taisez-vous... taisez-vous!.. Dieu pardonne aux morts...

--Il a l'éternité pour les punir..., fit Fernand en parodiant

une phrase célèbre... Moi, je n'ai aucune raison de respecter sa

mémoire... Écoute, Geneviève!... Tu es veuve, libre; veux-tu renouer

le passé?

--Que me dites-vous là? exclama Geneviève, en se dressant devant

Fernand. Mais celui-ci répondit calme et indifférent.

--Je te propose, ma chère, la chose la plus heureuse pour toi... Je

suis seul, libre, tu es seule, libre... Veux-tu ressouder la chaîne

brisée de nos amours?

--Mais vous ne sentez donc pas que c'est indigne ce que vous me dites

là?

--Je sais, ma chère Geneviève, que tu peux du même coup retrouver

toute ta famille: un mari, moi... et ta fille que je te ramène

aussitôt...; que tu peux en même temps retrouver une situation plus

heureuse, car, malgré les précautions de Pierre, je suis riche, ma

chère Geneviève.

--Vous me faites honte!

--Tu refuses?

--Non, c'est impossible, Fernand..., c'est impossible: vous ne pouvez

être devenu à ce point indigne que vous offririez ce marché à une

mère, d'être une malhonnête femme si elle veut retrouver son enfant!

--Ah çà, que me chantes-tu là? Il y a deux ans qu'il fallait penser

à cela; il y a deux ans, tu pouvais être une malhonnête femme;

mais aujourd'hui qui trompes-tu? Tu es libre, tu es veuve... et je te

retrouve ainsi que je te rêvais, indépendante, plus belle et rendue

raisonnable par le malheur... A cette heure, c'est moi qui suis heureux;

c'est moi qui viens t'apporter le bonheur.

La malheureuse était absolument écrasée par le cynisme méprisant du

misérable. Et cependant elle voulait retrouver son enfant.

--Aujourd'hui, Fernand, vous êtes riche, dites-vous; vous trouverez

autour de vous les femmes que vous voudrez... En grâce, au nom du

malheureux dont nous avons causé la mort, ne me parlez jamais de ce

passé dont j'ai honte... Oubliez-le... et... dites-moi où je pourrais

revoir Jeanne.

--Geneviève, je suis venu ici ayant arrêté ma conduite... Tu dois

te souvenir que rien ne peut modifier ma volonté... Je t'aimais, et tu

sais que pour t'avoir je n'ai reculé devant rien... Aujourd'hui, ce feu

que je croyais éteint et qui dormait sous la cendre reprend avec plus

de vigueur... Je t'aime... et il me semble trouver encore dans ton deuil

un charme nouveau... Je veux que tu redeviennes celle que tu étais

autrefois. Je veux... que nous nous aimions...

Geneviève, effrayée du ton et de la chaleur avec laquelle Fernand

parlait, se reculait jusque sous le portrait de son mari... Fernand se

levait et voulait lui prendre la main; elle le repoussa.

--Laissez-moi..., laissez-moi... Vous me faites horreur... et honte...

--Écoute, Geneviève, je viens ici sur un plan arrêté, voulu; il n'y

a nulle puissance humaine qui puisse changer ma volonté... Je veux,

entends-tu, que le passé revive... Je veux être ici chez moi... et j'y

ramènerai ton enfant... qui sera notre enfant!

--Oh! taisez-vous..., exclama Geneviève, montrant le grand portrait de

Pierre; au nom de votre victime..., taisez-vous...

Fernand releva la tête; il regarda le portrait et, les dents serrées,

la haine dans le regard, il dit:

--C'est pour lui que je veux ça... Oui, je veux qu'il me voie à sa

place, entends-tu, Geneviève? A sa place, entre sa femme et son enfant.

--Malheureux! taisez-vous...

Fernand prit brutalement la main de Geneviève et, l'attirant vers lui,

la prenant dans ses bras, regarda le portrait et dit:

--Tu vois..., ta femme, c'est la mienne!

Geneviève, épouvantée, se débattait, disant: Il est fou! Fernand la

tenait dans ses bras et l'embrassant, il disait:

--Ne sois donc pas sotte, Geneviève... Aimons-nous..., c'est une douce

façon de nous venger de celui qui nous a frappés...

--Laissez-moi, laissez-moi, exclamait Geneviève, s'arrachant de ses

bras, essuyant de ses mains la place où ses lèvres s'étaient posées,

et courant à la fenêtre qu'elle ouvrit en disant:

--Sortez! sortez! ou j'appelle au secours!

Fernand s'arrêta aussitôt, le front plissé, le regard haineux...; il

se disposa à sortir en disant:

--Ah! Geneviève, tu me chasses! Prends garde! Je pars. Réfléchis, tu

sais où m'écrire, réfléchis. Tu sais à quel prix tu retrouveras ton

enfant.

Et Fernand, qui redoutait surtout un esclandre, sortit.

Lorsque la porte fut fermée, Geneviève, à bout de forces, courut

pousser le verrou de sa porte. Puis, s'abandonnant alors, elle se jeta

sur son lit et fondit en sanglots, gémissant:

--Seigneur, ne me pardonnerez-vous donc jamais?

V

La femme du mort, Tome II (1897) · 第 15 / 44 题