L'attention des archéologues qui ont visité l'Égypte a été si fortement
attirée par les temples et par les tombeaux que nul d'entre eux ne s'est
attaché à relever avec soin ce qui reste des habitations privées et des
constructions militaires. Peu de pays pourtant ont conservé autant de
débris de leur architecture civile. Sans parler des villes d'époque
romaine ou byzantine, qui survivent presque intactes à Kouft, à
Kom-Ombo, à El-Agandiyéh, une moitié an moins de la Thèbes antique
subsiste à l'est et an sud de Karnak. L'emplacement de Memphis est semé
de buttes qui atteignent 15 et 20 mètres de hauteur, et dont le noyau
est formé par des maisons en bon état. A Tell-el-Maskhoutah, les
greniers de Pithom sont encore debout; à Sân, à Tell-Basta, la cité
saïte et ptolémaïque renferme des quartiers dont on pourrait lever le
plan. Je ne parle ici que des plus connues; mais combien de localités
échappent à la curiosité des voyageurs, où l'on rencontre des ruines
d'habitations privées remontant à l'époque des Ramessides, et plus haut
peut-être! Quant aux forteresses, le seul village d'Abydos n'en a-t-il
pas deux, dont une est au moins contemporaine de la VIe dynastie?
Les remparts d'El-Kab, de Kom-el-Ahmar, d'El-Hibèh, de Dakkèh, même une
partie de ceux de Thèbes, sont debout et attendent l'architecte qui
daignera les étudier sérieusement.