Cueillez en automne, pendant le beau tems, de l'agaric de chêne (c'est
une espece de champignon qui croît sur cet arbre).
Il a quatre parties qui se présentent successivement: 1. La peau qu'on
peut jetter. 2. La partie qui suit la peau, qui est la meilleure. On la
bat avec un marteau jusqu'à ce qu'elle devienne douce & molle; c'est-là
toute sa préparation, & l'on en applique un morceau convenable sur les
vaisseaux ouverts. Il les resserre, empêche l'hémorrhagie, & tombe
ordinairement au bout de deux jours. 3. La troisieme, qui peut suffire
pour arrêter le sang dans les petits vaisseaux; & la quatrieme, qu'on
peut employer reduite en poudre.
Ce remede connu il y a long-tems de quelques personnes, n'est commun
que depuis neuf ans. Il a eu partout les mêmes succès, & j'en ai vu
les effets les plus heureux. Il épargne les tourmens qu'occasionnent
les autres moyens d'arrêter le sang; & c'est une des heureuses
découvertes qu'on pût faire en chirurgie. L'on voit que chaque paysan
peut s'en procurer avec plus de facilité que le plus habile
Chirurgien. M. BROSSARD, Chirurgien françois qui l'a fait connoître,
préfere celui qui croît sur les parties des chênes où l'on a coupé de
grosses branches.