L'ACOLI, Nº. 31.

[Illustration: _L'Acoli._]

L'acoli est un oiseau de proie qui peut tenir sa place à côté de

l'oiseau saint-martin[17], avec lequel il a infiniment de rapport: même

taille, mêmes proportions, et les couleurs à peu près aussi les mêmes,

feroient prendre cet oiseau pour n'être qu'une variété de l'oiseau

saint-martin; mais une particularité qui les distingue l'un de l'autre,

c'est que l'Acoli a la base du bec d'un beau rouge, particulièrement

dans le tems des amours, et qu'il a le ventre rayé.

[17] Voyez les planches enluminées de Buffon, Nº. 459.

L'Acoli, comme l'oiseau saint-martin, a le corps alongé et svelte,

les jambes et les tarses longs, ainsi que la queue: caractères qui

conviennent également aux éperviers. Ceux-ci n'ont point les aîles

longues, comme les oiseaux du genre de l'Acoli; ils sont, au contraire,

de tous les oiseaux de proie, ceux qui ont les pennes de l'aîle les

plus courtes, si nous en exceptons pourtant les autours qui ont

également les aîles très-petites, et qui se distinguent à leur tour des

éperviers, par les tarses qui ne sont pas si longs que les leurs.

La couleur principale de l'Acoli est un beau gris-bleu pâle,

répandu sur la tête, le cou et le manteau. Cet oiseau est très-culotté;

c'est-à-dire, que les plumes qui recouvrent les jambes descendent fort

bas, quoique le tarse ne soit point emplumé par lui-même. Toute la

partie inférieure du corps est blanchâtre, et finement rayée, comme

celle du faucon chanteur, avec lequel il ne faut point non plus le

confondre. Ce dernier est beaucoup plus gros: d'ailleurs, sa queue

étagée le distingue de l'autre. Il est encore à remarquer que dans les

cantons où ces deux espèces se trouvent en même tems, jamais ils ne se

mêlent ensemble, et que l'Acoli n'a qu'un cri aigre et ne chante point.

Dans la Colonie, cet oiseau fréquente les terres labourées; dans

les déserts, il habite les terres sablonneuses; et c'est sur une

taupinière, une motte de terre ou sur une de ces voûtes que bâtissent

les fourmis, qu'il se perche pour guetter les souris, les mulots et

les taupes, ainsi que tous les petits oiseaux, dont il fait également

sa proie. Cet oiseau vole très-bien et avec une grande vîtesse; mais

son vol est toujours bas. Il est peu farouche, et se laisse assez

facilement approcher. Il suit le chasseur et vient de lui-même tourner

autour de l'homme qu'il voit dans la plaine, afin de se jeter sur les

alouettes qu'il fait lever sur son passage, ce qui facilite beaucoup

le moyen de le tirer. Satisfait de sa chasse, l'Acoli se retire sur un

buisson pour se reposer.

On voit communément le mâle et la femelle ensemble. Ils construisent

leur nid dans les buissons. La ponte est de quatre œufs, d'un blanc

sale; ils sont ovales, tandis que ceux du faucon chanteur sont presque

ronds. C'est principalement dans le Swart-land, le Rooye-sand et les

Vingt-quatre-rivières, que j'ai vu le plus communément l'Acoli: pays où

je n'ai jamais trouvé le faucon chanteur. Dans l'intérieur des terres,

ce n'est que vers les rivières de Swarte-kop et le Sondag où j'ai vu

l'Acoli: à la vérité bien plus rarement que dans la Colonie, où il

paroît que les défrichemens l'ont attiré.

Les colons du Swart-land nomment l'Acoli _Witte-valk_ (faucon blanc);

dans d'autres endroits, on le nommoit encore _Leeuwerk-vanger_

(attrapeur d'alouettes). Il a le bec bleuâtre, et le tour du nez d'un

beau rouge très-vif; les yeux sont d'un jaune orangé, qui est aussi la

couleur des pieds. Les ongles sont noirs, ainsi que le bout du bec. La

femelle est d'un bon tiers plus forte que le mâle, la base de son bec

est d'un rouge plus terne que celui du mâle.

Histoire naturelle des oiseaux d'Afrique, t. 1 · 第 57 / 90 题