19 oct. 97

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Taillé dans l'espoir

un nu se faufile

à travers l'onde d'une parole

retenue entre les murs

des recommencements

gelés sous les draps

volupté d'une image féconde

adaptée au silence stupéfait

silence d'algues répandues

en flaques rondes

auréolées de présents inventés

et mauves

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Sur l'enclume des attentes

des étoiles

remplies de nuit

m'observent

dans les yeux du silence

étrange nuit

sous les sables envoûtés

que transportent des ombres

qui sombrent dans l'oubli

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Un peu de soleil un peu de lumière

à travers les feuilles jaunies

du temps suspendu aux lèvres

empêchées d'annoncer

l'approche du soir

dans la béance de la nuit

le silence parle au silence

sur l'indomptable pavé du désir

venu piller le brasier exténué

des grandes forêts

foulées aux pieds des attentes

à faire rougir la démence

au coeur des secrets

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Ma main telle une étoile

vient se poser sur ton visage apeuré

illumine tes ailes immenses

pour ton envol

vers tes rêves illimités

en plein azur

en plein éveil

vivaces au coeur de l'intime

à travers mes douces brises

effilochées

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Je n'ai encore rien fait

pas pris le temps de marcher

sur des étoiles dont le reflet

s'incruste dans vos pas

investis de couleurs diaphanes

pas pris le temps de grignoter

vos syllabes en faire des mots

que la brise transporte

vers un ailleurs dénudé de larmes

pas pris le temps d'avaler

des douceurs offertes

au temps trop court brisé

par des vagues violentes échouées

sur le rivage de nos vivants

pas pris le temps d'entendre

la symphonie des regards qui croisent

les passés présents et à venir

pas pris le temps d'éviter

les morsures de l'amour dispersé

dans le vernis du temps

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À demeure ailleurs

passer par une voix tellement puissante

que pas même un seul regard

ne peut soutenir l'ineffable demeure en soi

jugée trop petite

trop petite pour être habitée

par un trop-plein si grand

que même un ailleurs

ne pourrait le contenir

mais ailleurs n'est nulle part

c'est trop plein de vides trop vides

de désespoirs qui se perdent

à l'orée du soir

s'infiltre comme une eau qui entre

par les fentes de l'âme

insidieusement

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Sur l'écran brûlant du rêve

la chaleur de ta peau

vient caresser le souvenir

de mes mots que transporte

le désir à mon âme assoiffée

emportée en ce noir éternel

d'un amour écourté

indécent

noirs lendemains d'une blessure

à lécher de nuit

vivante et fauve

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Bêtement

la tête s'enroule

autour des heures

poursuivie par la mémoire des jours

devenus bêtes

lors d'un tête-à-tête avec l'ombre

de nos histoires indigestes

et la lumière venue trancher les départs

à faire périr

d'un coup sec

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Longues chevauchées du temps

que les nuits respirent

à travers des silences affectueux

au seuil des jours malades

Longues chevauchées des jours

qu'une Parole respire

à travers la nuit aimable

d'un désir emmuré

Longues chevauchées des nuits

expirées dans le temps

quand la Parole prononce

le corps devenu silence

l e

d é s i r

e m m u r é

s e

m e u r t

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D

É

L

I

R

E

Espace de feu

que le temps attise

dans le corridor des attentes

en quête de durée

Espace de pluie

qu'asperge le temps

ultimes orgasmes

des continents

Espace de terre

qu'ensemence le temps

de grâces enfuies

des temples incontinents

Espace de l'intime

murmuré par le temps

souvenance à nos lèvres

prononcé

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Craintif

l'oeil murmure des beautés

que promène une image solitaire

au-dessus d'un sourire blessé

image à angle ouvert

sur des mots couverts

image à angle indiscret

sur des mots discrets

image entourée d'angles

couverts et discrets

retournée à l'âme

solitaire

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Paradis symptomatique

de chairs de femmes offertes

aux abords de leurs fruits

achevés

Symptôme d'anges

agrippés aux solitudes

écartelées entre deux tristesses

longuement approuvées

Symptôme de solitude

d'un regard d'un sourire

prolonge l'âme

jusqu'aux sommets impardonnés

Symptôme du hasard

quand viennent mourir les heures

aux pieds d'une peine

sans rire

sans rien

rien

Ange écartelé

entre deux douleurs

que la chair approuve

solitaire

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Mots à rire

Mots à pleurer

s'en vont mourir sur une page blanche

vivante au coeur de soi

vivante au coeur vivante en soi

à mourir de rire et blanche

quand les matins s'en vont pleurer sous les arbres

quand les arbres vont déposer

le coeur sur le temps

quand ce temps vient jeter l'ancre

au coeur des mots

en silence

Au coeur des mots

un silence pleure

sur le temps

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Pendu au bout d'une ficelle noire

le corps attend menu

ce dépôt des chairs

entre deux phrases grises

que l'on porte jusqu'au seuil de la voix

résidus d'une foule venue applaudir

le spectacle des heures

en ce jour déchu

au seuil de l'âme

le poème s'enivre

de jours

déçus

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Au fin fond de mon univers

je chevauche les étoiles pour faire rêver

les impatiences des alentours

vieille habitude offerte au temple

des croyances qui bavent

sur les amours inachevées

semer le vent

semer le temps

de ce lointain paysage

sur nos paresses

endormies

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Quand cette pomme tomba de l'arbre

l'automne venu a dégusté

le fruit le jus les coloris

d'un très vaste pays

abandonné

dans le courant du feu des femmes

trop morcelées

un songe d'été

colore les arbres

de leur automne gris

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Les mots ont quelque chose à dire

à nos essentiels

cherchez-les

trouvez-les

mâchez-les

digérez-les

ne resteront

que les mots essentiels

parmi les vôtres

les miens

et ceux des autres

Essentiellement vôtre,

le mot

les mots les mots les mots les mots les mots les

mots les mots les mots les mots les mots Un les

mots les mots les mots les mot les les mots lesm

mots les mots les mots les mots les mots les mot

les mots les mots les mots les mots les mots les

mots les mots les mots les mots les mots les mot

les mots les mots les mots les mots les mots les

mots seul les mots les mots les mots les mots les

mots les mots les mots les mots les mots les mot

les mots les mots les mots les mots les mots mot

les mots les mots les mots les mots les mots les

mots les mots les mots les mots les mots les mot

les mots les mots les mots les mots les mots les

_________________________

Sur le rivage insondable des abandons

la mer raconte ses insomnies

croise la douleur

réveille les muses

de mots crus et frais

poésie explosive

au bout d'une main tendue qui se brise

dans un décor inattendu

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À l'heure où le ciel s'endort

ne sait-on pas

que les poètes graves

doivent curieusement aller dormir

à l'ombre de leurs rêves

parmi un peuple de mots

dont les blessures s'épanchent

sur l'épaule de l'oreiller

nourries à même le plein des jours

délicieusement habité

dehors le temps grisaille

le vent s'accroche aux arbres

pendant que pleure le poème

sur la nuit esseulée

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Y a des tranches de vie indigènes

d'où s'échappent des amours interdites

piétinées sous les pieds de l'oubli

Y a des tranches de vie comestibles

plongées dans le secret des blessures

sous le ramage d'une étoile solitaire

Y a des tranches de vie liquide

harnachées

qui produisent des ondes de choc

qui vous arrivent dans la gorge

comme un déluge venu inonder la peur

Y a des tranches de vie qui font des ronds

dans le liquide le comestible

des amours indigènes

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tendres

tendrement tendres

tous ces gestes

sur une fleur enivrée

qu'un doux regard

est venu désarmer

tendres

tendrement tendres

tous ces mots

jetés au sort

qu'une simple brise

est venue balayer

tendres

tendrement tendres

tous les mots

tous les gestes

bus à même ces lèvres

emprisonnées dans un délire

tendre

tendrement tendre

ce rêve nu

échoué entre la chair et l'âme

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Sans cris

sans joies

la vie cette impatiente

vient saturer le temps

et tous ses heurts

qui vous aiguisent l'âme

magnifiquement approfondie

comme un coup de grâce

dans la continuité des choses belles

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la vie bête fauve

de ses crocs vient mordre

les échines langoureuses

entre ses griffes empoigne

cet amour spontané

arraché à la flamme

d'une âme enivrée

vie fauve

vie sèche

au coeur du tendre

dérive sur un fleuve

appelé liberté

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Cette chair qui nous déchire

vient mourir à l'ombre d'un poème

habité par les mots par les sons

d'un volcan balafré

par tant de braises

par tant de pluies

par tant de cendres

sur le visage de l'âme abîmée

ramassée par les peurs qui filent

entre les dents des jours trop aiguisés

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À la dérive

quelques mots tendres se répondent

entre la lumière et l'ombre

par vagues successives

viennent s'échouer sur le rivage

d'une âme emportée

sur la mer

déchirée

joie paix santé bonheur

dans la dureté des jours

quand les nuits scintillent

au coeur du rêve en allé

sans appel

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Atteint au coeur du crépuscule

le jour se meurt gris

enchaîné aux mots

sur banc de pierres

qu'un simple rêve

a terrassé

était-ce un rêve

ou bien l'amour

trop fasciné

par tant de bruits

autour d'un personnage

étoilé

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Noire pluie noire

sur la chair abritée

quand la beauté perdure

dans un souffle vert émeraude

s'abandonne dans la sève

des regards endormis

Noire pluie noire

sur la peur détrempée

par tant de vains mots

qui racontent des peines

affichées à l'écran

d'un grand ciel trop aimé

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Enivrée d'un silence

je titube vers les mots

murmurés à l'oreille

de mon âme profanée

emportés par la vague

que vient bercer ma nuit

jusqu'à l'aube

dégrisée

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Éternel dur pays

en mon âme givrée

que portage le soleil

sur les rives sanglantes

de mille lacs mille rivières

vers le flot de l'oubli

cette marche du feu

vient brûler les attentes

arrachées à nos pas

trop fragiles

et brisés

Entre la chair et l'âme: Poésie · 第 17 / 17 题