_________________________
Taillé dans l'espoir
un nu se faufile
à travers l'onde d'une parole
retenue entre les murs
des recommencements
gelés sous les draps
volupté d'une image féconde
adaptée au silence stupéfait
silence d'algues répandues
en flaques rondes
auréolées de présents inventés
et mauves
_________________________
Sur l'enclume des attentes
des étoiles
remplies de nuit
m'observent
dans les yeux du silence
étrange nuit
sous les sables envoûtés
que transportent des ombres
qui sombrent dans l'oubli
_________________________
Un peu de soleil un peu de lumière
à travers les feuilles jaunies
du temps suspendu aux lèvres
empêchées d'annoncer
l'approche du soir
dans la béance de la nuit
le silence parle au silence
sur l'indomptable pavé du désir
venu piller le brasier exténué
des grandes forêts
foulées aux pieds des attentes
à faire rougir la démence
au coeur des secrets
_________________________
Ma main telle une étoile
vient se poser sur ton visage apeuré
illumine tes ailes immenses
pour ton envol
vers tes rêves illimités
en plein azur
en plein éveil
vivaces au coeur de l'intime
à travers mes douces brises
effilochées
_________________________
Je n'ai encore rien fait
pas pris le temps de marcher
sur des étoiles dont le reflet
s'incruste dans vos pas
investis de couleurs diaphanes
pas pris le temps de grignoter
vos syllabes en faire des mots
que la brise transporte
vers un ailleurs dénudé de larmes
pas pris le temps d'avaler
des douceurs offertes
au temps trop court brisé
par des vagues violentes échouées
sur le rivage de nos vivants
pas pris le temps d'entendre
la symphonie des regards qui croisent
les passés présents et à venir
pas pris le temps d'éviter
les morsures de l'amour dispersé
dans le vernis du temps
_________________________
À demeure ailleurs
passer par une voix tellement puissante
que pas même un seul regard
ne peut soutenir l'ineffable demeure en soi
jugée trop petite
trop petite pour être habitée
par un trop-plein si grand
que même un ailleurs
ne pourrait le contenir
mais ailleurs n'est nulle part
c'est trop plein de vides trop vides
de désespoirs qui se perdent
à l'orée du soir
s'infiltre comme une eau qui entre
par les fentes de l'âme
insidieusement
_________________________
Sur l'écran brûlant du rêve
la chaleur de ta peau
vient caresser le souvenir
de mes mots que transporte
le désir à mon âme assoiffée
emportée en ce noir éternel
d'un amour écourté
indécent
noirs lendemains d'une blessure
à lécher de nuit
vivante et fauve
_________________________
Bêtement
la tête s'enroule
autour des heures
poursuivie par la mémoire des jours
devenus bêtes
lors d'un tête-à-tête avec l'ombre
de nos histoires indigestes
et la lumière venue trancher les départs
à faire périr
d'un coup sec
_________________________
Longues chevauchées du temps
que les nuits respirent
à travers des silences affectueux
au seuil des jours malades
Longues chevauchées des jours
qu'une Parole respire
à travers la nuit aimable
d'un désir emmuré
Longues chevauchées des nuits
expirées dans le temps
quand la Parole prononce
le corps devenu silence
l e
d é s i r
e m m u r é
s e
m e u r t
_________________________
D
É
L
I
R
E
Espace de feu
que le temps attise
dans le corridor des attentes
en quête de durée
Espace de pluie
qu'asperge le temps
ultimes orgasmes
des continents
Espace de terre
qu'ensemence le temps
de grâces enfuies
des temples incontinents
Espace de l'intime
murmuré par le temps
souvenance à nos lèvres
prononcé
_________________________
Craintif
l'oeil murmure des beautés
que promène une image solitaire
au-dessus d'un sourire blessé
image à angle ouvert
sur des mots couverts
image à angle indiscret
sur des mots discrets
image entourée d'angles
couverts et discrets
retournée à l'âme
solitaire
_________________________
Paradis symptomatique
de chairs de femmes offertes
aux abords de leurs fruits
achevés
Symptôme d'anges
agrippés aux solitudes
écartelées entre deux tristesses
longuement approuvées
Symptôme de solitude
d'un regard d'un sourire
prolonge l'âme
jusqu'aux sommets impardonnés
Symptôme du hasard
quand viennent mourir les heures
aux pieds d'une peine
sans rire
sans rien
rien
Ange écartelé
entre deux douleurs
que la chair approuve
solitaire
_________________________
Mots à rire
Mots à pleurer
s'en vont mourir sur une page blanche
vivante au coeur de soi
vivante au coeur vivante en soi
à mourir de rire et blanche
quand les matins s'en vont pleurer sous les arbres
quand les arbres vont déposer
le coeur sur le temps
quand ce temps vient jeter l'ancre
au coeur des mots
en silence
Au coeur des mots
un silence pleure
sur le temps
_________________________
Pendu au bout d'une ficelle noire
le corps attend menu
ce dépôt des chairs
entre deux phrases grises
que l'on porte jusqu'au seuil de la voix
résidus d'une foule venue applaudir
le spectacle des heures
en ce jour déchu
au seuil de l'âme
le poème s'enivre
de jours
déçus
_________________________
Au fin fond de mon univers
je chevauche les étoiles pour faire rêver
les impatiences des alentours
vieille habitude offerte au temple
des croyances qui bavent
sur les amours inachevées
semer le vent
semer le temps
de ce lointain paysage
sur nos paresses
endormies
_________________________
Quand cette pomme tomba de l'arbre
l'automne venu a dégusté
le fruit le jus les coloris
d'un très vaste pays
abandonné
dans le courant du feu des femmes
trop morcelées
un songe d'été
colore les arbres
de leur automne gris
_________________________
Les mots ont quelque chose à dire
à nos essentiels
cherchez-les
trouvez-les
mâchez-les
digérez-les
ne resteront
que les mots essentiels
parmi les vôtres
les miens
et ceux des autres
Essentiellement vôtre,
le mot
les mots les mots les mots les mots les mots les
mots les mots les mots les mots les mots Un les
mots les mots les mots les mot les les mots lesm
mots les mots les mots les mots les mots les mot
les mots les mots les mots les mots les mots les
mots les mots les mots les mots les mots les mot
les mots les mots les mots les mots les mots les
mots seul les mots les mots les mots les mots les
mots les mots les mots les mots les mots les mot
les mots les mots les mots les mots les mots mot
les mots les mots les mots les mots les mots les
mots les mots les mots les mots les mots les mot
les mots les mots les mots les mots les mots les
_________________________
Sur le rivage insondable des abandons
la mer raconte ses insomnies
croise la douleur
réveille les muses
de mots crus et frais
poésie explosive
au bout d'une main tendue qui se brise
dans un décor inattendu
_________________________
À l'heure où le ciel s'endort
ne sait-on pas
que les poètes graves
doivent curieusement aller dormir
à l'ombre de leurs rêves
parmi un peuple de mots
dont les blessures s'épanchent
sur l'épaule de l'oreiller
nourries à même le plein des jours
délicieusement habité
dehors le temps grisaille
le vent s'accroche aux arbres
pendant que pleure le poème
sur la nuit esseulée
_________________________
Y a des tranches de vie indigènes
d'où s'échappent des amours interdites
piétinées sous les pieds de l'oubli
Y a des tranches de vie comestibles
plongées dans le secret des blessures
sous le ramage d'une étoile solitaire
Y a des tranches de vie liquide
harnachées
qui produisent des ondes de choc
qui vous arrivent dans la gorge
comme un déluge venu inonder la peur
Y a des tranches de vie qui font des ronds
dans le liquide le comestible
des amours indigènes
_________________________
tendres
tendrement tendres
tous ces gestes
sur une fleur enivrée
qu'un doux regard
est venu désarmer
tendres
tendrement tendres
tous ces mots
jetés au sort
qu'une simple brise
est venue balayer
tendres
tendrement tendres
tous les mots
tous les gestes
bus à même ces lèvres
emprisonnées dans un délire
tendre
tendrement tendre
ce rêve nu
échoué entre la chair et l'âme
_________________________
Sans cris
sans joies
la vie cette impatiente
vient saturer le temps
et tous ses heurts
qui vous aiguisent l'âme
magnifiquement approfondie
comme un coup de grâce
dans la continuité des choses belles
_________________________
la vie bête fauve
de ses crocs vient mordre
les échines langoureuses
entre ses griffes empoigne
cet amour spontané
arraché à la flamme
d'une âme enivrée
vie fauve
vie sèche
au coeur du tendre
dérive sur un fleuve
appelé liberté
_________________________
Cette chair qui nous déchire
vient mourir à l'ombre d'un poème
habité par les mots par les sons
d'un volcan balafré
par tant de braises
par tant de pluies
par tant de cendres
sur le visage de l'âme abîmée
ramassée par les peurs qui filent
entre les dents des jours trop aiguisés
_________________________
À la dérive
quelques mots tendres se répondent
entre la lumière et l'ombre
par vagues successives
viennent s'échouer sur le rivage
d'une âme emportée
sur la mer
déchirée
joie paix santé bonheur
dans la dureté des jours
quand les nuits scintillent
au coeur du rêve en allé
sans appel
_________________________
Atteint au coeur du crépuscule
le jour se meurt gris
enchaîné aux mots
sur banc de pierres
qu'un simple rêve
a terrassé
était-ce un rêve
ou bien l'amour
trop fasciné
par tant de bruits
autour d'un personnage
étoilé
_________________________
Noire pluie noire
sur la chair abritée
quand la beauté perdure
dans un souffle vert émeraude
s'abandonne dans la sève
des regards endormis
Noire pluie noire
sur la peur détrempée
par tant de vains mots
qui racontent des peines
affichées à l'écran
d'un grand ciel trop aimé
_________________________
Enivrée d'un silence
je titube vers les mots
murmurés à l'oreille
de mon âme profanée
emportés par la vague
que vient bercer ma nuit
jusqu'à l'aube
dégrisée
_________________________
Éternel dur pays
en mon âme givrée
que portage le soleil
sur les rives sanglantes
de mille lacs mille rivières
vers le flot de l'oubli
cette marche du feu
vient brûler les attentes
arrachées à nos pas
trop fragiles
et brisés