23, +Parlementer+.--C’est deviser, conférer, entre deux ou plusieurs,
sur quelque affaire; se dit ordinairement des pourparlers en vue de la
capitulation d’une place assiégée.
30, +Sénat+.--Constituait à Rome le premier corps de l’État. Institué
par Romulus, il comprit d’abord cent membres, dont le nombre s’éleva
progressivement jusqu’à mille sous César, mais qui avant et après lui
n’était que de six cents, ce qui semble avoir été le plus généralement.
Les sénateurs étaient nommés à l’élection, mais le furent aussi parfois
par les consuls, les censeurs ou tout autre exerçant le pouvoir
suprême; ils devaient avoir une fortune de 800.000 sesterces (163.000
fr.) sous la République et de 1.200.000 (244.000 fr.) sous l’Empire; le
sénateur porté le premier sur la liste était appelé Prince du Sénat.
=46=,
2, +Bataille+.--En =170=. Le procédé de L. Marcius n’en fut pas
moins finalement approuvé par le sénat; ses atermoiements avaient
empêché Persée de profiter de l’avance considérable de ses préparatifs
et firent que l’année suivante la guerre se terminait par sa ruine
complète. TITE-LIVE, XLII, 37; il le nomme Quintus, au lieu de Lucius.
3, +Medecin+.--En =275=. Pyrrhus, venu en Italie au secours
des Tarentins, avait déjà remporté une victoire sur les Romains,
quand son médecin leur offrit de les débarrasser de leur ennemi en
l’empoisonnant. Le consul Fabricius dénonça au roi cette offre de
trahison, et celui-ci, plein d’admiration, lui renvoya sans rançon les
prisonniers qu’il avait faits, y joignant des propositions de paix. Les
Romains lui renvoyèrent le même nombre de Samnites et de Tarentins, ses
alliés, qui étaient en leur pouvoir, et, pour le reste, lui déclarèrent
qu’ils ne pouvaient traiter, tant qu’il n’aurait pas évacué l’Italie.
PLUTARQUE, _Pyrrhus_.
4, +D’escole+.--En =394=, se trouvant en guerre avec les Romains, et
ceux-ci assiégeant leur ville Faleries (auj. Sainte-Marie de Falari),
leur maître d’école amena à leurs ennemis pour les leur livrer et
contraindre ainsi la ville à se rendre, les enfants des principaux
citoyens confiés à ses soins. Camille qui, en qualité de dictateur,
commandait l’armée romaine, refusa cette offre criminelle, fit
dépouiller le traître de ses vêtements et ramener par ses élèves à
coups de verge; touchés de cette noble action, les Phalisques firent
leur soumission. PLUTARQUE, _Camille_.
11, +Sentence+.--80 et 88 port.: _Si est-ce que le Senat Romain à qui
le seul aduantage de la vertu sembloit moyen iuste pour acquerir la
victoire, trouua cette pratique laide et deshonneste, n’ayant encore
ouy sonner à ses oreilles cette belle sentence_, au lieu de: «Si
est-ce... sentence».
13, +Polybe+.--Liv. XIII, ch. 1.
25, +Vaincre+.--Plus conséquentes que les gens de Ternate, et tenant
qu’à la guerre le succès seul est à considérer et que rien ne doit
être négligé pour l’obtenir, les nations modernes, dites civilisées,
non seulement mettent en œuvre à cet effet tous leurs moyens, mais
cherchent encore à en dérober la connaissance à toutes autres, nos amis
d’aujourd’hui pouvant être nos ennemis de demain.--Pour en atteindre
le but qui est l’anéantissement aussi rapide et aussi complet que
possible de l’ennemi, tout est bon sauf la déloyauté; et encore, si
chacun, à cet égard, est d’accord en théorie, la divergence est immense
dans la pratique; et seul a tort celui qui sera vaincu, au point que
s’accentue chaque jour davantage la tendance d’attaquer sans même
faire de déclaration de guerre. Cela, à la vérité, s’est vu de tous
temps: en Europe, dans ces deux derniers siècles, on ne compte pas
moins de 110 cas où les hostilités ont commencé sans déclaration ou
avant toute déclaration; c’est notamment dans ces conditions que les
Anglais, coutumiers du fait plus que tous autres, détruisirent en 1718
la flotte espagnole, en 1807 bombardèrent Copenhague, et en 1900 ont
failli en user à notre endroit lors de l’incident de Fachoda; c’est
aussi ce qu’ont fait les Japonais à l’égard des Russes en 1904. Cette
pratique est éminemment regrettable pour la paix du monde et la fortune
publique; elle ruine les États en les obligeant à être constamment en
armes et risque de faire dégénérer toute question en éventualité de
guerre. Elle est une tentation continue pour ceux sans scrupule, par
l’avantage que peut donner un jour ou deux d’avance sur l’adversaire
dont cela déroute les prévisions, trouble la mobilisation, restreint
les ressources, en livrant à l’envahisseur celles des territoires sur
lesquels il a inopinément pénétré. Aussi quelle infériorité pour ceux
chez lesquels le droit de déclarer la guerre est, à si juste titre,
soumis à l’assentiment du pouvoir législatif!--Étant donné qu’elle est
sans cesse menaçante et peut aboutir à la ruine, il nous faut être
forts, très forts, le plus forts possible et toujours prêts, mais en
outre il serait à souhaiter que la responsabilité de ceux investis
du pouvoir de l’engager fût rendue aussi effective et afflictive que
possible. Pour cela, nous souhaiterions qu’il s’introduisît dans
nos idées que les chefs d’État et membres de gouvernement, dont les
agissements l’ont amenée, méritent de payer de leur vie ce forfait,
sont de ce fait voués à tout jamais à la vindicte publique, et que
tout attentat contre eux est œuvre pie. Puissions-nous voir des
associations (voire même internationales, ce serait bien ici le cas),
sorte de Tugend-bund, se former et propager cette doctrine et faire
des prosélytes, et il n’en manquerait pas, que n’arrêteraient point sa
mise en application, rendue facile avec les progrès de la science à qui
a fait le sacrifice de sa vie! Devant les risques personnels auxquels
ces mandataires des peuples, abusant de leurs mandats, se trouveraient
de la sorte exposés, il est à croire qu’ils se montreraient plus
circonspects. C’est là, dira-t-on, une provocation à l’assassinat;
j’en conviens, mais c’est le seul moyen de conjurer ce fléau, la
plupart du temps déchaîné ou accepté d’un cœur léger et sans raison
suffisante, en admettant qu’il en existe en dehors d’une invasion; de
plus, qu’est-ce que le meurtre d’une douzaine de grands coupables,
auprès de celui de cent, deux cent mille innocents tombant de part
et d’autre par la faute de ces criminels et des ruines, quelle que
soit l’issue de la lutte, si considérables et de toute nature pour
le pays et les individus dont ils sont cause! Guerre à la guerre! G.
M.--En ces dernières années, un Congrès international permanent de la
paix, auquel toutes les nations ont adhéré par pudeur plutôt que par
conviction, s’est constitué à La Haye sur l’initiative de Nicolas II,
empereur de Russie. L’intention est excellente, mais faute de sanction
efficace possible, il est douteux que les résultats en soient jamais
de quelque importance. De fait, on n’y a guère obtenu jusqu’ici que la
consécration du principe de l’arbitrage, auquel on avait déjà recours
auparavant, et qui n’a chance de prévaloir que pour des questions de
peu d’importance.--On a proposé qu’en cas de conflit arrivant à l’état
aigu, les hostilités ne puissent s’ouvrir avant un délai de quinze ou
vingt jours, durant lequel les gouvernements amis pourraient intervenir
et essayer de régler le litige à l’amiable. En cas de non-consentement
à cet ajournement des hostilités, la nation opposante serait mise à
l’index, ce qui comporterait l’impossibilité, pour elle, de recevoir,
pendant toute la durée de la guerre, aucune aide financière ou
commerciale, de la part des autres puissances signataires. L’adoption
de cette proposition constituerait assurément un grand progrès
humanitaire, mais outre qu’elle ralliera difficilement l’unanimité
des suffrages, la pénalité qui s’y trouve introduite, en supposant
qu’elle ait l’efficacité qu’on lui prête, ne serait-elle pas aisément
éludée?--D’autres prônent la réduction des armements; il est peu
probable que cette proposition chimérique puisse même être présentée.
Sur quelles bases opérer avec tant d’éléments et d’intérêts dont il
faudrait tenir compte et sur lesquels l’accord ne se fera jamais? Et
puis, il est si facile par des dispositions accessoires de modifier le
fond des choses: la Prusse limitée dans ses armements par le traité de
Tilsitt n’est-elle pas arrivée à mettre en ligne, cinq ans après, des
effectifs bien supérieurs à ceux qu’elle avait présentés jusqu’alors?
28, +Exercite+.--Armée, du latin _exercitus_.
29, +Martinella+.--Du nom de Saint-Martin, dérivé lui-même de Mars,
dieu de la guerre; maîtresse cloche dont on usait en cas d’alarme.--De
là, le mot de Pierre Capponi, premier secrétaire de la république de
Florence, qui, déchirant le papier où étaient écrites les conditions
que lui faisait Charles VIII, s’écria: «Eh bien! s’il en est ainsi,
sonnez vos trompettes, nous sonnerons nos cloches!» SISMONDI, _Hist.
des républiques italiennes_, XII.
32, +Regnard+.--PLUTARQUE, _Lysandre_, 4.--Coudre la peau du renard à
celle du lion, c’est ajouter la ruse à la force.
=48=,
7, +Mousson+.--Pont-à-Mousson, contre le duc de Nassau, en 1521.
Cette reddition eut lieu dès que l’artillerie de l’assiégeant se fit
entendre; la garnison, composée de nouvelles levées, effrayée, ayant
obligé ses deux chefs à entrer en pourparlers. Non seulement ceux-ci
eurent la faiblesse d’y consentir, mais ils commirent encore la faute
qui leur est reprochée ici de sortir tous deux de la place et de se
rendre au camp ennemi pour parlementer. DU BELLAY, I.
18, +Ville+.--En 1521, alors que nous étions maîtres du duché de
Milan. Regge, ville des États de l’Église, à peu de distance de là,
était le refuge de tous ceux que nous avions bannis; ils devaient
nous être livrés. Pour les obtenir, le maréchal de Foix, seigneur de
l’Escut, vint sommer Guy de Rangon, qui était gouverneur de la place,
de les lui remettre; c’est pendant les pourparlers que se produisit
cette échauffourée dont le résultat fut que nous n’obtînmes pas
satisfaction. DU BELLAY, I; GUICCIARDINI, XIV.
28, +Anglois+.--En 1359. Le château était abondamment pourvu et les
assiégés ne se doutaient pas qu’il fût si complètement sapé. FROISSART,
I, 209, où le capitaine anglais a nom de Brunes.