PRIÈRES (DÉVOTION, DIEU).

Ie ne louë pas volontiers ceux, que ie voy prier Dieu plus souuent

et plus ordinairement, si les actions voisines de la priere, ne me

tesmoignent quelque amendement et reformation, =I=, 580.

Nous prions par vsage et par coustume: ou pour mieux dire, nous lisons

ou prononçons noz prieres: ce n’est en fin que mine, =I=, 580.

C’est de la conscience que la priere doit estre produite, et non pas de

la langue, =I=, 584.

Il ne faut pas demander à Dieu que toutes choses suiuent nostre

volonté, mais qu’elles suiuent la prudence, =I=, 592.

La priere des Lacedemoniens publique et priuée portoit, simplement les

choses bonnes et belles leur estre octroyées: remettant à la discretion

de la puissance supreme le tirage et choix d’icelles, =II=, 368.

Il est peu d’hommes qui ozassent mettre en euidence les requestes

secrettes qu’ils font à Dieu, =I=, 592.

L’Eglise peut estendre et diuersifier les prieres selon le besoin de

nostre instruction: c’est tousiours mesme substance, et mesme chose.

Mais le patenostre dit tout ce qu’il faut, et est trespropre à toutes

occasions. C’est l’vnique priere, dequoy ie me sers par tout, et la

repete au lieu d’en changer, =I=, 578.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 305 / 504 题