I’essaye à auoir expres besoing de nul, =III=, 420.
Ie hay les morceaux que la necessité me taille. Toute commodité me
tiendroit à la gorge, de laquelle seule i’aurois à despendre,
=III=, 460.
On iouyt bien plus librement, et plus gayement, des biens empruntez:
quand ce n’est pas vne iouyssance obligee et contrainte par le besoing:
et qu’on a, et en sa volonté, et en sa fortune, la force et les moyens
de s’en passer, =III=, 420.
Ie fuis à me submettre à toute sorte d’obligation. Mais sur tout, à
celle qui m’attache, par deuoir d’honneur. Ie ne trouue rien si cher,
que ce qui m’est donné: et ce pourquoy, ma volonté demeure hypothequee
par tiltre de gratitude. Et reçois plus volontiers les offices, qui
sont à vendre. Pour ceux-cy, ie ne donne que de l’argent: pour les
autres, ie me donne moy-mesme, =III=, 416.
La subiection essentielle et effectuelle, ne regarde d’entre nous,
que ceux qui s’y conuient, et qui ayment à s’honnorer et enricher par
tel seruice: car qui se veut tapir en son foyer, et sçait conduire sa
maison sans querelle, et sans procés, il est aussi libre que le Duc de
Venise, =I=, 492.
Mes amis m’importunent estrangement, quand ils me requierent, de
requerir vn tiers. Et ne me semble guere moins de coust, desengager
celuy qui me doibt, vsant de luy: que m’engager enuers celuy, qui ne me
doibt rien, =III=, 422.
I’ayme tant à me descharger et desobliger, que i’ay parfois compté à
profit, les ingratitudes, offences, et indignitez, que i’auois reçeu
de ceux, à qui ou par nature, ou par accident, i’auois quelque deuoir
d’amitié: prenant cette occasion de leur faute, pour autant d’acquit,
et descharge de ma debte, =III=, 418.