IMAGINATION.

La iouyssance, et la possession, appartiennent principalement à

l’imagination. Elle embrasse plus chaudement et plus continuellement ce

qu’elle va querir, que ce que nous touchons, =III=, 434.

Nostre discours est capable d’estoffer cent autres mondes, et d’en

trouuer les principes et la contexture. Il ne luy faut ny matiere ny

baze. Laissez le courre: il bastit aussi bien sur le vide que sur le

plain, et de l’inanité que de matiere, =III=, 528.

Que de choses nous semblent plus grandes par imagination, que par

effect, =I=, 668.

Nous embrassons et ceux qui ont esté, et ceux qui ne sont point encore,

non que les absens, =III=, 436.

Nous tressuons, nous tremblons, nous pallissons, et rougissons aux

secousses de nos imaginations. Chacun en est heurté, aucuns en sont

renuersez, =I=, 134.

Nous auons raison de faire valoir les forces de nostre imagination: car

tous nos biens ne sont qu’en songe, =II=, 204.

Les bestes mesmes se voyent comme nous, subiectes à la force de

l’imagination, =I=, 148.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 241 / 504 题