DIVERS.

Tout abbregé sur vn bon liure est vn sot abbregé, =III=, 368.

L’accoustumance, n’est pas chose de peu, =I=, 158.

L’accoustumance est vne seconde nature, et non moins puissante,

=III=, 496.

L’accoustumance à porter le trauail, est accoustumance à porter la

douleur, =I=, 244.

Tu as bien largement affaire chez toy, ne t’esloigne pas, =III=, 486.

Il ne faut pas se precipiter esperduement apres nos affections et

interestz, =III=, 504.

L’affirmation et l’opiniastreté, sont signes exprez de bestise,

=III=, 620.

A combien de sottes ames sert vne mine froide et taciturne, de tiltre

de prudence et de capacité? =III=, 352.

Nostre appetit est irresolu et incertain: il ne sçait rien tenir, ny

rien iouyr de bonne façon, =I=, 566.

Il mesprise et outrepasse ce qui luy est en main, pour courir apres ce

qu’il n’a pas, =I=, 434.

Bien apprentis sont ceux qui syndiquent leur liberté, =I=, 346.

O le vilain et sot estude d’estudier son argent, se plaire à le manier

et recomter! c’est par là, que l’auarice faict ses approches,

=III=, 392.

Les arts qui promettent de nous tenir le corps en santé, et l’ame en

santé, nous promettent beaucoup: mais aussi n’en est-il point, qui

tiennent moins ce qu’elles promettent, =III=, 628.

L’auarice et la profusion ont pareil desir d’attirer et d’acquerir,

=I=, 570.

Les Barbares ne nous sont de rien plus merueilleux que nous sommes à

eux: ny auec plus d’occasion, =I=, 162.

La bestise et la sagesse se rencontrent en mesme poinct de sentiment

et de resolution à la souffrance des accidens humains: les sages

gourmandent et commandent le mal, et les autres l’ignorent, =I=, 570.

On dit: Il ne sçauroit estre bon, puis qu’il n’est pas mauuais aux

meschans. Ou bien ainsi: Il faut bien qu’il soit bon, puis qu’il l’est

aux meschants mesme, =III=, 598.

Chacun en sa chacuniere, =I=, 390.

Quand nous voyons vn homme mal chaussé, nous disons que ce n’est pas

merueille, s’il est chaussetier, =I=, 218.

Rien ne chatouille, qui ne pince, =III=, 564.

La plus grande chose du monde c’est de sçauoir estre à soy, =I=, 418.

La maladie se sent, la santé, peu ou point: ny les choses qui nous

oignent, au prix de celles qui nous poignent, =III=, 520.

Toutes choses ont leur saison, les bonnes et tout. Et ie puis dire mon

patenostre hors de propos, =II=, 586.

Nous admirons et poisons mieux les choses estrangeres que les

ordinaires, =II=, 164.

La difficulté donne prix aux choses, =II=, 434.

L’application aux legeres choses nous retire des iustes, =III=, 270.

La plus part des choses du monde se font par elles mesmes, =III=, 358.

Toutes choses tombent en discretion et modification, =III=, 458.

On me faict haïr les choses vray-semblables, quand on me les plante

pour infaillibles, =III=, 534.

Les choses se guerissent par leurs contraires: le mal guerit le mal,

=I=, 350.

Il n’est chose, en quoy le monde soit si diuers qu’en coustumes et

loix. Telle chose est icy abominable, qui apporte recommandation

ailleurs, =II=, 376.

On commence ordinairement ainsi: Comment est-ce que cela se fait? mais,

se fait-il? faudroit il dire, =III=, 528.

Qui ne peut venir à bout du commencement, ne viendra pas à bout de

la fin. Ny n’en soustiendra la cheute, qui n’en a peu soustenir

l’esbranslement, =III=, 510.

Il y a beaucoup de commodité à n’estre pas si aduisé, =II=, 218.

L’issuë authorise souuent vne tres-inepte conduite, =III=, 354.

La confession genereuse et libre, enerue le reproche, et desarme

l’iniure, =III=, 444.

Ie croy des hommes plus mal aisément la constance que toute autre

chose, et rien plus aisément que l’inconstance, =I=, 602.

Pour mesurer la constance, il faut necessairement sçauoir la

souffrance, =III=, 506.

Tous les iours la sotte contenance d’vn autre, m’aduertit et m’aduise,

=III=, 332.

Nous nous corrigeons aussi sottement souuent, comme nous corrigeons les

autres, =III=, 412.

Comme si nous auions l’attouchement infect, nous corrompons par nostre

maniement les choses qui d’elles mesmes sont belles et bonnes, =I=, 344.

Il ne faut pas croire à chacun, par ce que chacun peut dire toutes

choses, =II=, 358.

Encore faut-il du courage à craindre, =III=, 288.

Ie n’ay point l’authorité d’estre creu, ny ne le desire, me sentant

trop mal instruit pour instruire autruy, =I=, 232.

I’ay peur que nous ayons les yeux plus grands que le ventre, et plus de

curiosité, que nous n’auons de capacité, =I=, 354.

La curiosité de cognoistre les choses, a esté donnée aux hommes pour

fleau, dit la saincte Escriture, =II=, 470.

La defense attire l’entreprise, et la deffiance l’offense, =II=, 438.

Nous defendre quelque chose, c’est nous en donner enuie. Nous

l’abandonner tout à faict, c’est nous en engendrer mespris, =II=, 434.

Il ne faut rien designer de si longue haleine, ou au moins auec telle

intention de se passionner pour en voir la fin, =I=, 120.

Nostre desir s’accroist par la malaisance, =II=, 432.

Au pis aller, courez tousiours par retranchement de despence, deuant la

pauureté, =III=, 382.

Qui est desloyal enuers la verité, l’est aussi enuers le mensonge,

=II=, 494.

Il fait bien piteux, et hazardeux, despendre d’vn autre, =III=, 420.

Nous ne prestons volontiers à la deuotion que les offices, qui flattent

noz passions, =II=, 120.

Les dieux s’esbatent de nous à la pelote, et nous agitent à toutes

mains, =III=, 404.

La difficulté donne prix aux choses, =II=, 434.

Qui establit son discours par brauerie et commandement, montre que la

raison y est foible, =III=, 536.

Il y a encore plus de discours à instruire autruy qu’à estre instruit,

=III=, 160.

Le vray miroir de nos discours, est le cours de nos vies, =I=, 272.

La dissimilitude s’ingere d’elle-mesme en nos ouurages, nul art peut

arriuer à la similitude, =III=, 600.

Il ne nous faut guere de doctrine, pour viure à nostre aise, =III=, 550.

Comme le donner est qualité ambitieuse, et de prerogatiue, aussi est

l’accepter qualité de summission, =III=, 422.

La douleur a quelque chose de non euitable, en son tendre commencement:

et la volupté quelque chose d’euitable en sa fin excessiue, =III=, 692.

Platon veut plus de mal à l’excés du dormir, qu’à l’excés du boire,

=III=, 662.

Les effectz nous touchent, mais les moyens, nullement, =III=, 528.

L’eloquence faict iniure aux choses, qui nous destourne à soy, =I=, 278.

Nous embrassons tout, mais nous n’estreignons que du vent, =I=, 354.

Enfant, tu és venu au monde pour endurer: endure, souffre et tais toy,

=III=, 648.

L’enfance et la decrepitude se rencontrent en imbecillité de cerueau,

=I=, 570.

Nous ne faisons que nous entregloser. Tout fourmille de commentaires:

d’autheurs, il en est grand cherté, =III=, 606.

Les esprits hauts, ne sont de guere moins aptes aux choses basses, que

les bas esprits aux hautes, =III=, 466.

On s’appriuoise à toute estrangeté par l’vsage et le temps, =III=, 532.

Où cuidez-vous pouuoir estre sans empeschement et sans destourbier?

=III=, 458.

Estant peu apprins par les bons exemples, ie me sers des mauuais:

desquels la leçon est ordinaire, =III=, 322.

Ny vne estuue ny vne leçon, n’est d’aucun fruict si elle ne nettoye et

ne decrasse, =III=, 460.

Les euenemens, sont maigres tesmoings, de nostre prix et capacité,

=III=, 356.

Autant se fache le cheuelu comme le chauue, qu’on luy arrache le poil,

=I=, 470.

Il y a moyen de faillir en la solitude, comme en la compagnie, =I=, 428.

Tout ce qui peut estre faict vn autre iour, le peut estre auiourd’huy,

=I=, 118.

Ie ne me mesle pas de dire ce qu’il faut au monde: d’autres assés s’en

meslent: mais ce que i’y fay, =I=, 214.

Toute femme estrangere nous semble honneste femme, =III=, 434.

Les femmes qui communiquent tant qu’on veut leurs pieces à garçonner: à

medeciner, la honte le deffend, =I=, 346.

La fortune a meilleur aduis que nous, =I=, 386.

La fortune se rencontre souuent au train de la raison, =I=, 384.

Plaisante foy, qui ne croid ce qu’elle croid, que pour n’auoir le

courage de le descroireII, 124.

La gloire et la curiosité, sont les fleaux de nostre ame. Cette cy nous

conduit à mettre le nez par tout, et celle là nous defend de rien

laisser irresolu et indecis, =I=, 296.

Le goust des biens et des maux despend en bonne partie de l’opinion que

nous en auons, =I=, 440.

La hastiueté se donne elle mesme la iambe, s’entraue et s’arreste,

=III=, 494.

L’homme qui presume de son sçauoir, ne sçait pas encore que c’est que

sçauoir, =II=, 132.

L’homme n’est non plus instruit de la cognoissance de soy, en la partie

corporelle, qu’en la spirituelle, =II=, 330.

L’homme forge mille plaisantes societez entre Dieu et luy, =II=, 290.

L’honneur, c’est vn priuilege qui tire sa principale essence de la

rareté: et la vertu mesme, =II=, 12.

Qui veut guerir de l’ignorance, il faut la confesser, =III=, 534.

Combien en a rendu de malades la seule force de l’imagination,

=II=, 208.

Nous sommes plus ialoux de nostre interest, que de celuy de nostre

createur, =II=, 206.

Ie ne fay qu’aller et venir: mon iugement ne tire pas tousiours auant,

il flotte, il vague, =II=, 348.

C’est iniustice de se douloir qu’il soit aduenu à quelqu’vn, ce qui

peut aduenir à chacun, =III=, 648.

L’extreme espece d’iniustice, c’est que, ce qui est iniuste, soit tenu

pour iuste, =III=, 558.

Il est force de faire tort en detail, qui veut faire droict en gros; et

iniustice en petites choses, qui veut venir à chef de faire iustice és

grandes, =III=, 612.

L’innocence ciuile, se mesure selon les lieux et saisons, =III=, 468.

Les ieunes se doiuent faire instruire; les hommes s’exercer à bien

faire: les vieux se retirer de toute occupation ciuile et militaire,

viuants à leur discretion, sans obligation à certain office, =I=, 418.

Il ne faut pas iuger les conseils par les euenemens, =III=, 358.

C’est vne mauuaise prouision de païs, que iurisconsultes, et medecins,

=III=, 602.

Nostre licence nous porte tousiours au delà de ce qui nous est

loisible, et permis, =III=, 462.

La licence des iugements, est vn grand destourbier aux grands affaires,

=II=, 454.

Quiconque combat les loix, menace les gents de bien d’escourgées et de

la corde, =I=, 244.

On est assez à temps à sentir le mal, sans l’allonger par le mal de la

peur, =III=, 660.

La tourbe des menus maux, offence plus, que la violence d’vn, pour

grand qu’il soit, =III=, 386.

Seruons nous pour consolation des maux presens, de la souuenance des

biens passez, et appelons à nostre secours vn contentement esuanouy,

pour l’opposer à ce qui nous presse, =II=, 214.

De nos maladies la plus sauuage, c’est mespriser nostre estre,

=III=, 692.

Il n’est pas marchant qui tousiours gaigne, =III=, 366.

La maturité a ses deffaux, comme la verdeur, et pires, =III=, 586.

La meschanceté fabrique des tourmens contre soy, =I=, 660.

Ny les Dieux, ny les gens de bien, dict Platon, n’acceptent le present

d’vn meschant, =I=, 594.

Chacun peut faire bonne mine par le dehors, plein au dedans de fiebure

et d’effroy, =II=, 454.

On se doibt moderer, entre la haine de la douleur, et l’amour de la

volupté, =III=, 484.

Le monde n’est que varieté et dissemblance, =I=, 612.

Qui se faict mort viuant, est subiect d’estre tenu pour vif mourant,

=III=, 442.

Il est incertain où la mort nous attende, attendons la par tout,

=I=, 116.

L’estre mort ne fasche pas, mais ouy bien le mourir, =II=, 426.

La moins premeditee mort, est la plus heureuse, et plus deschargee,

=II=, 576.

Les plus mortes morts sont les plus saines, =I=, 120.

La plus volontaire mort, c’est la plus belle, =I=, 630.

Les morts ie ne les plains guere, et les enuierois plustost; mais ie

plains bien fort les mourans, =II=, 100.

Vne mort courte, est le souuerain heur de la vie humaine, =II=, 424.

Le soing des morts nous est en recommandation, =III=, 474.

A celuy qui disoit à Socrates: Les trente tyrans t’ont condamné à la

mort: Et nature eux, respondit-il, =I=, 142.

Nature peut tout, et fait tout, =I=, 218.

La vie despend de la volonté d’autruy, la mort de la nostre, =I=, 630.

Nature nous a mis au monde libres et desliez, nous nous emprisonnons en

certains destroits, =III=, 428.

Les loix de Nature nous apprennent ce que iustement il nous faut,

=III=, 494.

Tout ce qui vient au reuers du cours de nature, peut estre fascheux:

mais ce, qui vient selon elle, doibt estre tousiours plaint, =III=, 674.

La necessité compose les hommes et les assemble. Cette cousture

fortuite se forme apres en loix, =III=, 398.

Il fait bon auoir bon nom, c’est à dire credit et reputation, =I=, 508.

Le meilleur pretexte de nouuelleté est tres-dangereux, =I=, 178.

De l’obeyr et ceder naist toute autre vertu, comme du cuider, tout

peché, =II=, 204.

L’offence a ses droits outre la iustice, =III=, 442.

L’offence a sans mesure plus d’aigreur, que n’a la perte, =III=, 562.

L’ordre est vne vertu morne et sombre, =III=, 116.

L’orgueil gist en la pensée: la langue n’y peut auoir qu’vne bien

legere part, =I=, 682.

Est l’opiniastreté sœur de la constance, au moins en vigueur et

fermeté, =II=, 628.

L’opiniastreté est plus excusable, que la pusillanimité, =III=, 516.

Toute opinion est assez forte, pour se faire espouser au prix de la

vie, =I=, 446.

Il est impossible de voir deux opinions semblables exactement: non

seulement en diuers hommes, mais en mesme homme, à diuerses heures,

=III=, 604.

Il faut refuser l’opportunité à toute action importune, =II=, 28.

Il y a prou de loy de parler par tout, et pour et contre, =I=, 518.

Le n’oser parler rondement de soy, accuse quelque faute de cœur,

=III=, 372.

Qui n’arreste le partir, n’a garde d’arrester la course, =III=, 510.

La passion nous commande bien plus viuement que la raison, =II=, 660.

La pauureté des biens, est aisée à guerir; la pauureté de l’ame,

impossible, =III=, 496.

Chacun poise sur le peché de son compagnon, et esleue le sien, =I=, 612.

La peur extreme, et l’extreme ardeur de courage troublent également le

ventre, et le laschent, =I=, 568.

Qui a sa pensee à prendre, ne l’a plus à ce qu’il a prins. La

conuoitise n’a rien si propre que d’estre ingrate, =III=, 298.

Qui ne peut d’ailleurs, si se paye de sa bourse, =III=, 522.

Ce qui poincte, touche et esueille mieux, que ce qui plaist, =III=, 332.

Tout ce qui plaist, ne paist pas, =III=, 552.

C’est vne sotte presomption, aller desdeignant et condamnant pour faux,

ce qui ne nous semble pas vray-semblable, =I=, 290.

Il se faut prester à autruy, et ne se donner qu’à soy-mesme, =III=, 484.

La priere me gaigne, la menace me rebute, la faueur me ploye, la

crainte me roydit, =III=, 380.

La prudence et l’amour ne peuuent ensemble, =III=, 276.

La prudence si tendre et circonspecte, est mortelle ennemye des hautes

executions, =I=, 196.

La raison nous ordonne bien d’aller tousiours mesme chemin, mais non

toutesfois mesme train, =I=, 500.

La raison va tousiours torte, boiteuse, et deshanchée: et auec le

mensonge comme auec la verité. Par ainsin, il est malaisé de descouurir

son mescompte, et desreglement, =II=, 346.

Nul ne met en compte publique sa recette: chacun y met son acquest,

=I=, 240.

Nostre religion est faite pour extirper les vices: elle les couure, les

nourrit, les incite, =II=, 122.

La ressemblance ne faict pas tant, vn, comme la difference faict,

autre. Nature s’est obligée à ne rien faire autre, qui ne fust

dissemblable, =III=, 600.

Ie veux estre riche par moy, non par emprunt, =II=, 454.

Rien de noble ne se faict sans hazard, =I=, 196.

Rien n’est extreme, qui a son pareil, =I=, 314.

Il en est sur qui les belles robes pleurent, =III=, 294.

Nostre sagesse n’est que folie deuant Dieu: et de toutes les vanitez la

plus vaine c’est l’homme, =II=, 132.

En beaucoup de sagesse, beaucoup de desplaisir, =II=, 218.

Ce n’est pas sagesse d’escrire à l’enuy de celuy, qui peut proscrire,

=III=, 330.

Il n’est science si arduë que de bien sçauoir viure cette vie,

=III=, 692.

La plus belle science qui soit, c’est la science d’obeir et de

commander, =I=, 222.

L’estude des sciences amollit et effemine les courages, plus qu’il ne

les fermit et aguerrit, =I=, 224.

Combien ay-ie veu de mon temps, d’hommes abestis, par temeraire auidité

de science, =I=, 264.

A quoy la science, à qui n’a plus de teste? =III=, 498.

Toute cognoissance s’achemine en nous par les sens, ce sont nos

maistres, =II=, 390.

On se met souuent sottement en pourpoinct, pour ne sauter pas mieux

qu’en saye, =III=, 410.

D’apprendre qu’on a dit ou fait vne sottise, ce n’est rien que cela. Il

faut apprendre, qu’on n’est qu’vn sot. Instruction bien plus ample, et

importante, =III=, 618.

Qui craint de souffrir, il souffre desia de ce qu’il craint, =III=, 660.

C’est folie de rapporter le vray et le faux à nostre suffisance,

=I=, 288.

Il est bien plus aisé et plus plaisant de suiure, que de guider,

=I=, 488.

Le temps me laisse: sans luy rien ne se possede, =III=, 498.

L’achat donne tiltre au diamant, la difficulté à la vertu, la douleur à

la deuotion, l’aspreté à la medecine, =I=, 464.

Chaque vsage a sa raison, =III=, 454.

L’vsage, conduit selon raison, a plus d’aspreté, que n’a l’abstinence,

=II=, 646.

L’vsage nous faict veoir, vne distinction enorme, entre la deuotion et

la conscience, =III=, 592.

La verité et le mensonge ont leurs visages conformes, le port, le

goust, et les alleures pareilles: nous les regardons de mesme œil,

=III=, 528.

La vertu est qualité plaisante et gaye, =III=, 186.

La vertu n’est pas plus grande, pour estre plus longue: la verité, pour

estre plus vieille, n’est pas plus sage, =II=, 632.

Tel a la veuë claire, qui ne l’a pas droitte: et par consequent void le

bien, et ne le suit pas: et void la science, et ne s’en sert pas,

=I=, 218.

Le vice, n’est que des-reglement et faute de mesure; et par consequent,

il est impossible d’y attacher la constance, =I=, 602.

C’est nostre vice, que nous voyons plus ce qui est dessus nous, que

volontiers, ce qui est dessoubs, =III=, 402.

C’est chose tendre que la vie, et aysee à troubler, =III=, 386.

La deffaillance d’vne vie, est le passage à mille autres vies. Prenons,

sur tout les vieillards: le premier temps opportun qui nous vient,

=III=, 582.

On peut continuer à tout temps l’estude, non pas l’escholage. La sotte

chose, qu’vn vieillard abecedaire, =II=, 588.

La laideur d’vne vieillesse aduouee, est moins vieille, et moins laide

à mon gré, qu’vne autre peinte et lissee, =III=, 282.

Qui abandonne en son propre, le sainement et gayement viure pour en

seruir autruy, prent à mon gré vn mauuais et desnaturé party,

=III=, 492.

Le viure, c’est seruir, si la liberté de mourir en est à dire, =I=, 630.

Qui ne vit aucunement à autruy, ne vit guere à soy, =III=, 490.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 208 / 504 题