AFFAIRES (FORTUNE, VIE PUBLIQUE).

Il faut manier les entreprises humaines, plus grossierement et

superficiellement; et en laisser bonne et grande part, pour les

droits de la Fortune. Il n’est pas besoin d’esclairer les affaires si

profondement et si subtilement. On s’y perd à la consideration de tant

de lustres contraires et formes diuerses, =II=, 540.

Qui en recherche et embrasse toutes les circonstances, et consequences,

il empesche son eslection. Vn engin moyen, conduit esgallement, et

suffit aux executions, de grand et de petit poix, =II=, 542.

Nous guidons les affaires en leurs commencemens, et les tenons à nostre

mercy: mais par apres, quand ils sont esbranlez, ce sont eux qui nous

guident et emportent, et auons à les suyure, =III=, 514.

Vn sage homme peut pour l’interest d’autruy, comme pour ne rompre

indecemment compagnie ou pour ne discontinuer vn autre affaire

d’importance, remettre à entendre ce qu’on luy apporte de nouueau: mais

pour son interest ou plaisir particulier, mesmes s’il est homme ayant

charge publique; pour ne rompre son disner, voyre ny son sommeil, il

est inexcusable de le faire, =I=, 656.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 153 / 504 题