=De la vertu=, =II=, 591.--Par le mot vertu, il faut entendre ici
la force d’âme. Ce n’est pas en des élans impétueux mais passagers
que consiste ce genre de vertu; elle demande de la persévérance, un
caractère solide et constant, et se rencontre rarement, 591.--Bien
qu’il la possédât à un haut degré, PYRRHON essaya vainement de toujours
mettre sa vie en conformité avec sa doctrine; c’est que ce n’est pas
tout de témoigner de la fermeté d’âme dans une circonstance donnée, le
difficile est de se montrer tel dans toutes ses actions, 591.--Traits
de courage amenés par une soudaine résolution (un PAYSAN et un
GENTILHOMME du pays de Montaigne, une FEMME de Bergerac), 593.--Autres
exemples, ceux-là suite de déterminations, de projets arrêtés longtemps
à l’avance; ces actions fortes et courageuses longuement préméditées
sont, en général, le fruit de préjugés absurdes ou de fausses doctrines
(les FEMMES HINDOUES, les GYMNOSOPHISTES, CALANUS), 595.--Le dogme
de la fatalité, souvent mis en avant mais facile à réfuter, est
fréquemment exploité pour surexciter les esprits; c’est lui qui inspire
tant d’audace aux TURCS (les BÉDOUINS, deux MOINES de Florence, un
JEUNE TURC, HENRY DE NAVARRE), 597.--Quant aux assassins, la plupart du
temps ce sont les passions religieuses ou politiques qui arment leur
bras (les assassins du PRINCE D’ORANGE et du DUC DE GUISE, la secte des
ASSASSINS), 601.