=De l’exercice=, =I=, 665.--Le raisonnement et la science ne suffisent
pas pour lutter contre les difficultés de la vie; il faut nous y
exercer pour pouvoir en triompher le cas échéant, 665.--Mais si l’on
peut par l’expérience fortifier son âme contre la douleur, l’indigence,
etc., contre la mort, nous n’avons pas cette ressource parce qu’on
ne la souffre qu’une fois, 665.--Exemple mémorable de J. Canius
qui, au moment de mourir, ne songeait qu’à observer l’impression
qu’il en pouvait ressentir, 667.--Il y a pourtant possibilité de
se familiariser avec la mort et presque de l’essayer; le sommeil
en est une image, les évanouissements lui ressemblent plus encore,
667.--Comme tant d’autres choses, la mort produit plus d’effet de loin
que de près, 669.--Accident survenu à Montaigne qui lui causa un long
évanouissement, 669.--Ce qu’il éprouva pendant cette défaillance et
en reprenant ses sens, 671.--Ce fut pour lui une preuve de l’idée,
qu’il s’était faite depuis longtemps, que les affres de la mort sont
les effets d’une désorganisation à laquelle l’âme ne participe pas,
671.--L’agonie est un état analogue à celui d’un homme qui ne serait
ni tout à fait éveillé, ni complètement endormi, 673.--Au début de son
accident Montaigne demeure anéanti, ses mouvements comme ses réponses
sont inconscients, seul règne en lui un sentiment de bien-être qui le
tient tout entier; à ce moment où la mort était si proche, sa béatitude
était complète, 675.--Peu à peu renaissant à l’existence, la mémoire
lui revient, et en même temps les souffrances l’envahissent et prennent
une place prépondérante, 677.--Si Montaigne s’est si longuement arrêté
sur cet accident, c’est que son but est de s’étudier dans toutes les
circonstances de la vie, afin d’offrir aux autres d’utiles documents
(PLINE L’ANCIEN), 677.--C’est à tort que l’on accuse de vanité ceux
qui se confessent publiquement et qui, en toute sincérité, montrent à
découvert leurs actes et leurs passions; nous sommes à nous-mêmes, pour
qui sait s’observer, une précieuse source d’enseignements (SOCRATE),
679.--Il faut reconnaître toutefois que cette étude de soi-même est des
plus délicates, 681.--S’occuper de soi n’est pas se complaire en soi,
c’est le moyen de se connaître; par suite d’arriver à mieux, ce qui est
le but de la sagesse, 683.
[B.23] DEUXIÈME VOLUME