=A propos d’une coutume de l’île de Céa=, =I=, 629.--Il y a des
accidents pires que la mort; celui qui ne la craint pas, brave toutes
les tyrannies et toutes les injustices (DAMINDAS, AGIS, un enfant
de LACÉDÉMONE, les LACÉDÉMONIENS et ANTIPATER, les LACÉDÉMONIENS
et PHILIPPE), 629.--C’est un bienfait de la nature que d’avoir mis
constamment, comme elle l’a fait, la mort à notre portée, et, par
elle, de nous avoir faits libres d’accepter ou de refuser l’existence
qui nous est faite. Arguments en faveur du suicide (BOIOCALUS, le
grammairien SERVIUS, les STOÏCIENS, HÉGÉSIAS, DIOGÈNE et SPEUSIPPE),
631.--Objections contre le suicide; c’est une lâcheté de fuir
l’adversité; c’est aller contre les lois de la nature que de ne
pas supporter l’existence telle qu’elle nous l’a faite (REGULUS et
CATON, MARTIAL, LUCAIN, PLATON), 633.--Pour ceux qui admettent comme
licite de se donner la mort, dans quel cas est-on fondé à user de
cette faculté? Tant que demeure un reste d’espérance on ne doit pas
disposer de sa vie, et les revirements de la fortune sont tels qu’il
n’y a jamais lieu de désespérer (les VIERGES de Milet, THERYCION et
CLÉOMÈNE, JOSÈPHE, CASSIUS et BRUTUS, le duc D’ENGHIEN à Cérisoles),
637.--Cependant des maladies incurables, d’irrémédiables infortunes
peuvent autoriser une mort volontaire (DÉMOCRITE chef des Étoliens,
ANTINOÜS et THEODOTUS, un SICILIEN à Goze, les FEMMES JUIVES lors
de la persécution d’Antiochus, SUBTERFUGE employé par sa famille
vis-à-vis d’un criminel, SCRIBONIA et son neveu LIBO, mort courageuse
de RAZIAS lors de la persécution de Nicanor), 639.--Elle est glorieuse
chez les femmes qui n’ont d’autre moyen de conserver leur honneur, ou
auxquelles il a été ravi par la violence, ce dont beaucoup pourtant
finissent par prendre leur parti (PELAGIA et SOPHRONIA, une FEMME de
Toulouse, CLÉMENT MAROT), 641.--Les raisons les plus diverses ont été
cause de semblables résolutions (L. ARUNTIUS, GR. SILVANUS et STATIUS
PROXIMUS, SPARGAPIZEZ, BOGÈS, NINACHETUEN seigneur indien, COCCEIUS
NERVA), 643.--Femmes se donnant la mort pour encourager leurs maris
à faire de même (SEXTILIA femme de Scaurus, PAXEA femme de Labeo,
la FEMME de Fulvius), 645.--Mort de Vibius Virius et de vingt-sept
autres sénateurs de Capoue, 645.--Inhumanité de Fulvius consul romain
(TAUREA JUBELLIUS), 647.--Indiens qui se brûlent tous dans une ville
assiégée par Alexandre le Grand, 647.--Fin tragique des habitants
d’Astapa, ville d’Espagne assiégée par les Romains, 649.--Fin analogue
des habitants d’Abydos; de semblables résolutions sont plus facilement
décidées par les foules que par les individus, 649.--Privilège accordé
du temps de Tibère aux condamnés à mort qui se la donnaient eux-mêmes,
649.--Parfois on se donne la mort dans l’espoir des félicités d’une
vie future (S. PAUL, CLÉOMBROTE, JACQUES DU CHATEL évêque de Soissons,
les INDIENS), 651.--Plusieurs coutumes et institutions politiques
autorisaient le suicide et s’y prêtaient (à MARSEILLE, dans l’île de
CÉA; mort courageuse, dans ces conditions, d’une FEMME de haut rang de
cette île qui s’empoisonne en public; chez une NATION HYPERBORÉENNE),
651.--Conclusion: de grandes douleurs et une mort misérable en
perspective sont les motifs les plus excusables qui peuvent nous porter
à nous ôter la vie, 653.