CE QUI S'ETAIT PASSE PENDANT CES HUIT JOURS.

Le lendemain en effet, … l'heure habituelle, van Baerle entendit

gratter … son guichet comme avait l'habitude de le faire Rosa dans

les bons jours de leur amiti‚. On devine que Corn‚lius n'‚tait pas

loin de cette porte … travers le grillage de laquelle il allait

revoir enfin la charmante figure disparue depuis trop longtemps.

Rosa, qui l'attendait sa lampe … la main, ne put retenir un mouvement

quand elle vit le prisonnier si triste et si pƒle.

--Vous ˆtes souffrant, monsieur Corn‚lius? demanda-t-elle.

--Oui, mademoiselle, r‚pondit Corn‚lius, souffrant d'esprit et de

corps.

--J'ai vu, monsieur, que vous ne mangiez plus, dit Rosa; mon pŠre m'a

dit que vous ne vous leviez plus; alors je vous ai ‚crit pour vous

tranquilliser sur le sort du pr‚cieux objet de vos inqui‚tudes.

--Et moi, dit Corn‚lius, je vous ai r‚pondu. Je croyais, en vous

voyant revenir, chŠre Rosa, que vous aviez re‡u ma lettre.

--C'est vrai, je l'ai re‡ue.

--Vous ne donnerez pas pour excuse, cette fois, que vous ne savez pas

lire. Non seulement vous lisez couramment, mais encore vous avez

‚norm‚ment profit‚ sous le rapport de l'‚criture.

--En effet, j'ai non seulement re‡u, mais lu votre billet. C'est pour

cela que je suis venue pour voir s'il n'y aurait pas quelque moyen de

vous rendre … la sant‚.

--Me rendre … la sant‚! s'‚cria Corn‚lius, mais vous avez donc

quelque bonne nouvelle … m'apprendre?

Et en parlant ainsi, le jeune homme attachait sur Rosa des yeux

brillants d'espoir. Soit qu'elle ne comprŒt pas ce regard, soit

qu'elle ne voul–t pas le comprendre, la jeune fille r‚pondit

gravement:

--J'ai seulement … vous parler de votre tulipe, qui est, je le sais,

la plus grave pr‚occupation que vous ayez.

Rosa pronon‡a ce peu de mots avec un accent glac‚ qui fit tressaillir

Corn‚lius. Le z‚l‚ tulipier ne comprenait pas tout ce que cachait,

sous le voile de l'indiff‚rence, la pauvre enfant toujours aux prises

avec sa rivale, la tulipe noire.

--Ah! murmura Corn‚lius encore, encore! Rosa, ne vous ai-je pas dit,

mon Dieu! que je ne songeais qu'… vous, que c'‚tait vous seule que

je regrettais, vous seule qui, par votre absence, me retiriez l'air,

le jour, la chaleur, la lumiŠre, la vie?

Rosa sourit m‚lancoliquement.

--Ah! dit-elle, c'est que votre tulipe a couru un si grand danger!

Corn‚lius tressaillit malgr‚ lui, et se laissa prendre au piŠge si

c'en ‚tait un.

--Un si grand danger! s'‚cria-t-il tout tremblant, mon Dieu! et

lequel?

Rosa le regarda avec une douce compassion, elle sentait que ce

qu'elle voulait ‚tait au-dessus des forces de cet homme, et qu'il

fallait accepter celui-l… avec sa faiblesse.

--Oui, dit-elle, vous aviez devin‚ juste, le pr‚tendant, l'amoureux,

le Jacob ne venait point pour moi.

--Et pour qui venait-il donc? demanda Corn‚lius avec anxi‚t‚.

--Il venait pour la tulipe.

--Oh! fit Corn‚lius pƒlissant … cette nouvelle plus qu'il n'avait

pƒli lorsque Rosa, se trompant, lui avait annonc‚ quinze jours

auparavant que Jacob venait pour elle. Rosa vit cette terreur, et

Corn‚lius s'aper‡ut … l'expression de son visage, qu'elle pensait ce

que nous venons de dire.

--Oh! pardonnez-moi, Rosa, dit-il, je vous connais, je sais la bont‚

et l'honnˆtet‚ de votre coeur. Vous, Dieu vous a donn‚ la pens‚e, le

jugement, la force et le mouvement pour vous d‚fendre, mais … ma

pauvre tulipe menac‚e, Dieu n'a rien donn‚ de tout cela.

Rosa ne r‚pondit point … cette excuse du prisonnier et continua:

--Du moment o— cet homme, qui m'avait suivie au jardin et que j'avais

reconnu pour Jacob, vous inqui‚tait, il m'inqui‚tait bien plus

encore. Je fis donc ce que vous aviez dit, le lendemain du jour o— je

vous ai vu pour la derniŠre fois et o— vous m'avez dit...

Corn‚lius l'interrompit.

--Pardon, encore une fois, Rosa, s'‚cria-t-il. Ce que je vous ai dit,

j'ai eu tort de vous le dire. J'ai d‚j… demand‚ mon pardon de cette

fatale parole. Je le demande encore. Sera-ce donc toujours vainement?

--Le lendemain de ce jour-l…, reprit Rosa, me rappelant ce que vous

m'aviez dit... de la ruse … employer pour m'assurer si c'‚tait moi ou

la tulipe que cet odieux homme suivait...

--Oui, odieux... N'est-ce pas, dit-il, vous le ha‹ssez bien, cet

homme?

--Oui, je le hais, dit Rosa, car il est cause que j'ai bien souffert

depuis huit jours.

--Ah! vous aussi, vous avez donc souffert? Merci de cette bonne

parole, Rosa.

--Le lendemain de ce malheureux jour, continua Rosa, je descendis

donc au jardin, et m'avan‡ai vers la plate-bande o— je devais planter

la tulipe, tout en regardant derriŠre moi si, cette fois comme

l'autre, j'‚tais suivie.

--Eh bien? demanda Corn‚lius.

--Eh bien! la mˆme ombre se glissa entre la porte et la muraille, et

disparut encore derriŠre les sureaux. Je m'inclinai sur la

plate-bande que je creusai avec une bˆche comme si je plantais le

ca‹eu.

--Et lui... lui... pendant ce temps?

--Je voyais briller ses yeux ardents comme ceux d'un tigre … travers

les branches des arbres.

--Voyez-vous? voyez-vous? dit Corn‚lius.

--Puis, ce semblant d'op‚ration achev‚, je me retirai. Il attendit

un instant, sans doute pour s'assurer que je ne reviendraais pas,

puis il sortit … pas de loup de sa cachette, s'approcha de la

plate-bande par un long d‚tour, puis arriv‚ enfin … son but, c'est-…-

dire en face de l'endroit o— la terre ‚tait fraŒchement remu‚e, il

s'arrˆta d'un air indiff‚rent, regarda de tous c“t‚s, interrogea

chaque angle du jardin, interrogea chaque fenˆtre des maisons

voisines, interrogea la terre, le ciel, l'air, et croyant qu'il ‚tait

bien seul, bien isol‚, bien hors de la vue de tout le monde, il se

pr‚cipita sur la plate-bande, enfon‡a ses deux mains dans la terre

molle, et enleva une portion qu'il brisa doucement entre ses mains

pour voir si le ca‹eu s'y trouvait, recommen‡a trois fois le mˆme

manŠge, et chaque fois avec une action plus ardente, jusqu'… ce

qu'enfin, commen‡ant … comprendre qu'il pouvait ˆtre dupe de quelque

supercherie, il calma l'agitation qui le d‚vorait, prit le rƒteau,

‚galisa le terrain pour le laisser … son d‚part dans le mˆme ‚tat o—

il se trouvait avant qu'il ne l'e–t fouill‚, et tout honteux, tout

penaud, il reprit le chemin de la porte, affectant l'air innocent

d'un promeneur ordinaire.

--Oh! le mis‚rable, murmura Corn‚lius essuyant les gouttes de sueur

qui ruisselaient sur son front. Oh! le mis‚rable, je l'avais devin‚.

Mais le ca‹eu, Rosa, qu'en avez-vous fait? H‚las! il est d‚j… un peu

tard pour le planter.

--Le ca‹eu, il est depuis six jours en terre.

--O— cela? comment cela? s'‚cria Corn‚lius. Oh! mon Dieu! quelle

imprudence! O— est-il? Dans quelle terre est-il? Est-il bien ou mal

expos‚? Ne risque-t-il pas de nous ˆtre vol‚ par cet affreux Jacob?

--Il ne risque pas de nous ˆtre vol‚, … moins que Jacob ne force la

porte de ma chambre.

--Ah! il est chez vous, il est dans votre chambre, Rosa! dit

Corn‚lius un peu tranquillis‚. Mais dans quelle terre, dans quel

r‚cipient? Vous ne le faites pas germer dans l'eau comme les bonnes

femmes de Harlem et de Dordrecht, qui s'entˆtent … croire que l'eau

peut remplacer la terre, comme si l'eau, qui est compos‚e de

trente-trois parties d'oxygŠne et de soixante-six parties

d'hydrogŠne, pouvait remplacer... Mais qu'est-ce que je vous dis l…,

Rosa!

--Oui, c'est un peu savant pour moi, r‚pondit en souriant la jeune

fille. Je me contenterai donc de vous r‚pondre, pour vous

tranquilliser, que votre ca‹eu n'est pas dans l'eau.

--Ah! je respire.

--Il est dans un bon pot de grŠs, juste de la largeur de la cruche o—

vous aviez enterr‚ le v“tre. Il est dans un terrain compos‚ de trois

quarts de terre ordinaire prise au meilleur endroit du jardin, et

d'un quart de terre de rue. Oh! j'ai entendu dire si souvent … vous

et cet infame Jacob, comme vous l'appelez, dans quelle terre doit

pousser la tulipe, que je sais cela comme le premier jardinier de

Harlem!

--Ah! maintenant reste l'exposition. A quelle exposition est-il,

Rosa?

--Maintenant il a le soleil toute la journ‚e, les jours o— il y a du

soleil. Mais quand il sera sorti de terre, quand le soleil sera plus

chaud, je ferai comme vous faisiez ici, cher monsieur Corn‚lius. Je

l'exposerai sur ma fenˆtre au levant de huit heures du matin … onze

heures, et sur ma fenˆtre du couchant depuis trois heures de l'aprŠs-

midi jusqu'… cinq.

--Oh! c'est cela! s'‚cria Corn‚lius, et vous ˆtes un jardinier

parfait, ma belle Rosa. Mais j'y pense, la culture de ma tulipe va

vous prendre tout votre temps.

--Oui, c'est vrai, dit Rosa ; mais qu'importe? votre tulipe, c'est ma

fille. Je lui donne le temps que je donnerais … mon enfant, si

j'‚tais mŠre. Il n'y a qu'en devenant sa mŠre, ajouta Rosa en

souriant, que je puis cesser de devenir sa rivale.

--Bonne et chŠre Rosa! murmura Corn‚lius en jetant sur la jeune fille

un regard o— il y avait plus de l'amant que de l'horticulteur, et qui

consola un peu Rosa. Puis, au bout d'un instant de silence, pendant

le temps que Corn‚lius avait cherch‚ par les ouvertures du grillage

la main fugitive de Rosa :

--Ainsi, reprit Corn‚lius, il y a d‚j… six jours que le ca‹eu est en

terre?

--Six jours, oui, monsieur Corn‚lius, reprit la jeune fille.

--Et il ne paraŒt pas encore?

--Non, mais je crois que demain il paraŒtra.

--Demain, soit! vous me donnerez de ses nouvelles en me donnant des

v“tres, n'est-ce pas, Rosa? Je m'inquiŠte bien de la fille, comme

vous disiez tout … l'heure ; mais je m'int‚resse bien autrement … la

mŠre.

--Demain, dit Rosa en regardant Corn‚lius de c“t‚, demain, je ne sais

si je pourrai.

--Eh! mon Dieu! dit Corn‚lius, pourquoi donc ne pourriez-vous pas

demain?

--Monsieur Corn‚lius, j'ai mille choses … faire.

--Tandis que moi je n'en ai qu'une, murmura Corn‚lius.

--Oui, r‚pondit Rosa, … aimer votre tulipe.

--A vous aimer, Rosa.

Rosa secoua la tˆte. Il se fit un nouveau silence.

--Enfin, continua van Baerle, interrompant ce silence, tout change

dans la nature, aux fleurs du printemps succŠdent d'autres fleurs, et

l'on voit les abeilles qui caressaient tendrement les violettes et

les girofl‚es se poser avec le mˆme amour sur les chŠvrefeuilles, les

roses, les jasmins, les chrysanthŠmes et les g‚raniums.

--Que veut dire cela? demanda Rosa.

--Cela veut dire, mademoiselle, que vous avez d'abord aim‚ … entendre

le r‚cit de mes joies et de mes chagrins; vous avez caress‚ la fleur

de notre mutuelle jeunesse; mais la mienne s'est fƒn‚e … l'ombre. Le

jardin des esp‚rances et des plaisirs d'un prisonnier n'a qu'une

saison. Vous m'avez abandonn‚, mademoiselle Rosa, pour avoir vos

quatre saisons de plaisirs. Vous avez bien fait; je ne me plains

pas; quel droit avais-je d'exiger votre fid‚lit‚?

--Ma fid‚lit‚! s'‚cria Rosa tout en larmes, et sans prendre la peine

de cacher plus longtemps … Corn‚lius cette ros‚e de perles qui

roulait sur ses joues, ma fid‚lit‚! je ne vous ai pas ‚t‚ fidŠle,

moi?

--H‚las! est-ce m'ˆtre fidŠle, s'‚cria Corn‚lius, que de me quitter,

que de me laisser mourir ici?

--Mais, monsieur Corn‚lius, dit Rosa, ne faisais-je pas pour vous

tout ce qui pouvait vous faire plaisir, ne m'occupais-je pas de votre

tulipe?

--De l'amertume, Rosa! vous me reprochez la seule joie sans m‚lange

que j'aie eue en ce monde.

--Je ne vous reproche rien, monsieur Corn‚lius, sinon le seul chagrin

profond que j'aie ressenti depuis le jour o— l'on vint me dire au

Buytenhoff que vous alliez ˆtre mis … mort.

--Cela vous d‚plaŒt, Rosa, ma douce Rosa, cela vous d‚plaŒt que

j'aime les fleurs?

--Cela ne me d‚plaŒt pas que vous les aimiez, monsieur Corn‚lius,

seulement cela m'attriste que vous les aimiez plus que vous ne

m'aimez moi-mˆme.

--Ah! chŠre, chŠre bien-aim‚e, s'‚cria Corn‚lius, regardez mes mains

comme elles tremblent, regardez mon front comme il est pƒle, ‚coutez,

‚coutez mon coeur comme il bat; eh bien! ce n'est point parce que ma

tulipe noire me sourit et m'appelle; non! c'est parce que vous

penchez votre front vers moi. Rosa, mon amour, rompez le ca‹eu de la

tulipe noire, d‚truisez l'espoir de cette fleur, ‚teignez la douce

lumiŠre de ce rˆve chaste et charmant que je m'‚tais habitu‚ … faire

chaque jour, soit! plus de fleurs aux riches habits, aux grƒces

‚l‚gantes, aux caprices divins, “tez-moi tout cela, fleur jalouse des

autres fleurs, “tez-moi tout cela, mais ne m'“tez pas votre voix,

votre geste, le bruit de vos pas dans l'escalier lourd; ne m'“tez pas

le feu de vos yeux dans le corridor sombre, la certitude de votre

amour qui caressait perpetuellement mon coeur; aimez-moi, Rosa, car

je sens bien que je n'aime que vous.

--AprŠs la tulipe noire, soupira la jeune fille, dont les mains

tiŠdes et caressantes consentaient enfin … se livrer … travers le

grillage de fer aux lŠvres de Corn‚lius.

--Avant tout, Rosa...

--Faut-il que je vous croie?

--Comme vous croyez en Dieu.

--Soit! cela ne vous engage pas beaucoup de m'aimer?

--Trop peu, malheureusement, chŠre Rosa, mais cela vous engage,vous.

--Moi, demanda Rosa, et … quoi cela m'engage-t-il?

--A ne pas vous marier d'abord.

Elle sourit.

--Ah! voil… comme vous ˆtes, dit-elle, vous autres tyrans. Vous

adorez une belle: vous ne pensez qu'… elle, vous ne rˆvez que d'elle;

vous ˆtes condamn‚ … mort, et en marchant … l'‚chafaud vous lui

consacrez votre dernier soupir, et vous exigez de moi, pauvre fille,

vous exigez le sacrifice de mes rˆves, de mon ambition.

--Mais de quelle belle me parlez-vous donc, Rosa? dit Corn‚lius

cherchant, mais inutilement, dans ses souvenirs, une femme … laquelle

Rosa p–t faire allusion.

--Mais de la belle noire, monsieur, de la belle noire … la taille

souple, aux pieds fins, … la tˆte pleine de noblesse. Je parle de

votre fleur, enfin.

Corn‚lius sourit.

--Belle imaginaire, ma bonne Rosa, tandis que vous, sans compter

votre amoureux, ou plut“t mon amoureux Jacob, vous ˆtes entour‚e de

galants qui vous font la cour. Vous rappelez-vous, Rosa, ce que vous

m'avez dit des ‚tudiants, des officiers, des commis de la Haye? Eh

bien! … Loewestein, n'y a-t-il point de commis, point d'officiers,

point d'‚tudiants?

--Oh! si fait qu'il y en a, et beaucoup mˆme, dit Rosa.

--Qui ‚crivent?

--Qui ‚crivent.

--Et maintenant que vous savez lire ...

Et Corn‚lius poussa un gros soupir en songeant que c'‚tait … lui,

pauvre prisonnier, que Rosa devait le privilŠge de lire les billets

doux qu'elle recevait.

--Eh bien! mais, dit Rosa, il me semble, Monsieur Corn‚lius, qu'en

lisant les billets qu'on m'‚crit, qu'en examinant les gallants qui se

pr‚sentent, je ne fais que suivre vos instructions.

--Comment, mes instructions?

--Oui, vos instructions ; oubliez-vous, continua Rosa en soupirant …

son tour, oubliez-vous le testament ‚crit par vous, sur la bible de

Monsieur Corneille de Witt? Je ne l'oublie pas, moi! Je le relis tous

les jours, et plut“t deux fois qu'une. Eh bien! dans ce testament,

vous m'ordonnez d'aimer et d'‚pouser un beau jeune homme de vingt-six

… vingt-huit ans. Je le cherche, ce jeune homme, et comme toute ma

journ‚e est consacr‚e … votre tulipe, il faut bien que vous me

laissiez le soir pour le trouver.

--Ah! Rosa, le testament est fait dans la pr‚vision de ma mort, et

grƒce au ciel, je suis vivant.

--Eh bien! donc, je ne chercherai pas ce beau jeune homme de

vingt-six … vingt-huit ans, et je viendrai vous voir.

--Ah! oui, Rosa, venez! venez!

--Mais … une condition.

--Elle est accept‚e d'avance.

--C'est que de trois jours il ne sera pas question de la tulipe

noire.

--Il n'en sera plus jamais question si vous l'exigez, Rosa.

--Oh! dit la jeune fille, il ne faut pas demander l'impossible.

Et, comme par m‚garde, elle approcha sa joue fraŒche, si proche du

grillage que Corn‚lius put la toucher de ses lŠvres. Rosa poussa un

petit cri d'amour et disparut.

La Tulipe Noire · 第 29 / 48 题