XIV. LE CORPS ALLUMÉ.

Sifi II, schah de Perse, avait, au commencement de son règne, ordonné,

par un singulier caprice, qu'une de ses favorites, qu'il avait beaucoup

aimée jusqu'alors, fût mariée sur-le-champ à quelque misérable du

peuple. Elle épousa ainsi le fils du blanchisseur de la cour et ils

vivaient fort heureux, lorsque le jeune homme eut la malheureuse

inspiration, à la mort de son père, de demander la survivance de sa

charge.

Le schah le fit venir et lui dit: Lorsque tu épousas cette belle fille

par mon ordre, quelle fête fis-tu en réjouissance?

--Puissant prince, répondit-il, je suis un pauvre homme, je n'eus pas le

moyen de faire une illumination.

--Bien, reprit le schah, qu'on fasse illumination sur son corps.

On étendit ce malheureux sur une planche, couché sur le dos et on l'y

attacha; on lui fit dans les chairs des trous sans nombre à mettre le

petit doigt avec une pointe de poignard; on les remplit d'huile, on

plaça au milieu une petite mèche, on les alluma toutes à la fois, et le

misérable expira au milieu des plus horribles tortures.

Peines, tortures et supplices · 第 55 / 104 题