Quatre-vingts jours avant l'expiration de sa peine, le condamné fait
connaître la résidence qu'il a choisie et qui ne peut être Paris,
Versailles, ni aucune autre résidence impériale.
Dès ce moment, il peut laisser croître sa barbe, ses cheveux; souvent on
modifie son costume et on lui donne un bonnet brun ou violet.
À l'expiration de la peine, on lui délivre le pécule, qu'il a su
ménager. On lui donne des vêtements d'homme libre. On lui signe, au
commissariat du bagne, son congé, une feuille de route indiquant
l'itinéraire qu'il doit suivre sans déviation, restant sous la
surveillance de la police.
Arrivé à la mairie de la commune sur laquelle on l'avait dirigé, il
reçoit une carte en échange de sa feuille de route.
* * * * *
Les bagnes ont été supprimés par la loi du 1er juin 1854, la peine des
travaux forcés devant être subie à l'avenir dans des établissements
créés par décret, sur le territoire d'une ou de plusieurs possessions
françaises, autres que l'Algérie.
_TROISIÈME PARTIE_ LES TORTURES
Il n'est aucun supplice rêvé par l'imagination qui n'ait été appliqué
par les tyrans ou les inquisiteurs; aucune partie du corps qui n'ait été
soumise aux souffrances les plus odieuses.
Les tortures avaient pour but soit de punir les prétendus coupables,
soit de leur arracher des aveux: et nous avons un grand nombre
d'exemples de cas dans lesquels les misérables qu'on soumettait à la
torture avouaient des crimes imaginaires pour échapper à leurs bourreaux
ou obtenir une mort plus prompte. Voyez à ce sujet le volume de la
Bibliothèque des curiosités, traitant de la folie et des prétendus
sorciers et démonomaniaques.
Passons rapidement en revue les diverses parties du corps, et constatons
que la fantaisie des bourreaux et des tortionnaires n'a négligé aucune
invention.