Il n'y a sur cette terre qu'hypocrisie et mensonge. Bismarck.
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Nous patinons sur un? mince glace, et notre salut est dans notre
promptitude. Emerson.
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Il y a une politique qui soutient l'Église comme une maison qu'on étaye
pour la démolir. Fr. de Mérode.
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La philosophie a ses nomades qui traversent tous les systèmes pour le
seul plaisir de voir changer le paysage. Mgr d'Hulst.
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Qui se donne au rêve est perdu pour la vie. (_Reliques._) Jules Tellier.
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Le chagrin, c'est encore la vie; l'ennui, c'est le néant. Louis Lacombe.
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Meurs si tu veux: demain, ceux-là mêmes qui croyaient t'aimer ne sauront
plus ton nom. (_Ibid._) Jules Tellier.
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Il n'est pas de hasard au service des sots. Emile Gaboriau.
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La vertu des femmes est comme la science des médecins: tout le monde en
médit, et chacun, à l'occasion, compte sur elle.
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«Fin de siècle! fin de siècle!» les dernières folies de jeunesse d'un
vieillard. G.-M. Valtour.
[Illustration: UNE CÉRÉMONIE BOUDDHIQUE A PARIS.--Offrande de l'encens à
Bouddha.]
[Illustration: THÉÂTRE DU VAUDEVILLE.--«Liliane», comédie en trois
actes, de MM. Félicien Champsaur et Léopold Lacour. Liliane (Mlle
Brandès) rendant à son mari (M. Candé) la reconnaissance souscrite au
banquier Giraud.]
[Illustration: LES THÉÂTRES]
Palais-Royal: _Les Joies de la paternité,_ comédie en trois actes, de
MM. Alexandre Bisson et Vast-Ricouard.
Mme Cabibol adore les enfants, à ce point qu'elle a pris pour l'avenir
des précautions qui lui assurent une nombreuse famille. C'est elle qui a
choisi son gendre; elle la pris solide, bien râblé avec une chevelure
abondante. Cabibol qui a lu la Bible est persuadée que la force de
l'homme est dans les cheveux. En quoi elle s'est trompée, la brave
darne, car M. Cascaret, qui a été l'époux heureux d'Estelle, n'était
rien moins qu'un Samson ou un Hercule. Le brave garçon ne portait pas
précisément perruque, mais son front dénudé s'abritait sous une
réchauffante. Voilà ce qui a trompé Mme Cabibol, qui depuis huit mois
que sa fille s'est mariée n'entend pas parler de la venue du moindre
Cascaret. Aussi elle taquine, elle vexe, elle irrite son gendre à tel
point, par des allusions incessantes et du plus mauvais goût, sur tout
et à propos de tout, que le malheureux a fui la maison de sa belle-mère.
Il a réintégré son appartement de garçon.
La vengeance de Mme Cabibol l'a poursuivi jusque-là, car la belle-mère a
acheté une créance contre le mari de sa fille: en vertu de son droit de
créancière elle fait tout saisir chez lui, et Cascaret, exaspéré contre
de tels procédés qui sentent peu les liens de famille unie, brise à
coups de marteau ses meubles un à un, ce qui est un moyen comme un autre
de faire enrager les belles-mères.
Chaque auteur dramatique a sa cible sur laquelle il tire. M. Scribe
visait particulièrement les avoués, Duvert, les notaires; «Dieu me
garde, monsieur, de confondre les notaires avec les imbéciles! Je sais
trop la différence; d'abord le nombre des notaires est limité», a dit
Duvert. M. Bisson fait la guerre aux belles-mères et avec un bonheur qui
a fait une partie du succès du _Député de Bombignac_ et qui a assuré la
vogue des _Surprises du divorce_. Il travaille ce côté comique du
mariage. Le voici maintenant, avec les _Joies de la paternité_, passé
aux babies et, je dois le dire, cette orientation ne lui a pas porté
bonheur. Ce poupon passé de mains en mains, avec ses cris, ses
inconvénients, ses accidents, n'est guère comique au théâtre. Les effets
drolatiques ou tragiques de _nursery_ sont bien vite épuisés et, au bout
de quelques instants, le public reste froid à toutes ces farces autour
du berceau.
Il est un autre sentiment de gêne qui inquiète la salle tout entière et
la rend réfractaire à toutes les plaisanteries sur les malaises, sur les
nausées, sur l'état intéressant des femmes enceintes. Aussi, cette
comédie de M. Alexandre Bisson se ressentait-elle de toutes ces
résistances, et toute la bonne humeur, tout l'esprit de l'auteur,
perdaient un peu leur temps. La salle n'écoutait que d'une oreille
distraite cette histoire, qui s'annonçait par ses premières scènes comme
une excellente comédie, car, au milieu du désastre commis par Cascaret
sur son propre mobilier, Mme Cabibol faisait irruption chez son gendre,
non pour l'invectiver cette fois, comme à l'ordinaire, mais pour
l'embrasser avec effusion.
Mme Cabibol, sur les assurances de sa fille, entrait dans les joies de
la grande maternité, et, suivant le contrat de mariage, elle donnait une
somme de cent mille francs pour don de joyeux avènement à son gendre, au
bénéfice de l'enfant qui allait bientôt naître. Le rapprochement est
donc acquis au ménage Cascaret. Cascaret a bien le temps d'écouter tout
cela! Il ne prend pas garde à ce que dit sa belle-mère, il a la tête
ailleurs, le pauvre homme! Une lettre de Clara, une ancienne maîtresse,
lui annonce qu'elle a, depuis un mois, donné le jour à un enfant, qui
porte le nom d'Anatole. Si à la fin du jour elle n'a pas reçu dix mille
francs, Clara enverra dans le ménage Cascaret le petit bâtard. Cascaret
a à peine le temps d'éviter l'orage, et pendant qu'il court Paris,
cherchant la nouvelle adresse de Clara, Mme Cabibol installe une
nourrice au foyer conjugal, la mère avec l'enfant. Mme Cabibol et Mme
Cascaret feront leurs études préparatoires. Aussi, lorsque Cascaret
rentre chez lui, effrayé de la lettre de Clara, et qu'il trouve cette
Bourguignonne et le moutard installés dans son domicile, il ne doute pas
que Clara n'ait été fidèle à ses menaces. Peu à peu, il se fait pourtant
à cette idée de paternité en voyant sa femme et sa belle-mère prendre
aussi bien la chose, et entourer de tous leurs soins le nouveau venu.
Cascaret met cela sur le compte de la passion de la maternité même pour
des enfants illégitimes. Tout le monde raffole du petit de Clara.
Si drôles qu'ils soient, les quiproquo ne peuvent pas longtemps durer.
Cette charge a, elle aussi, sa fin. Tout se découvre: l'enfant choyé de
la maison est bien celui de la nounou, il faut le rendre à ceux qui le
réclament en vertu des «justes noces», comme dit la loi romaine. Quant à
Clara, une lettre du commissaire de police fait justice de ce chantage.
La lettre de Clara est une circulaire à tous ses anciens amants. Cet
Anatole n'a jamais existé; c'est une invention à l'aide de laquelle elle
soutire l'argent aux gens qu'effraye ou que passionne la recherche de la
paternité.
Ces trois actes sont joués à merveille par MM. Daubray et Saint-Germain.
Mme Mathilde est bien amusante dans le rôle de la belle-mère. La
nourrice Sidonie est jouée par Mme Lavigne avec une fantaisie
désopilante. Mlle Durand et sa camarade, Mlle Cheirel, ont fait de leur
mieux dans des personnages de second plan.