Château de Compiègne, dimanche 21 novembre 1858.
Votre lettre me désespère. . . . . . . . . . . .
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Nous restons encore un jour de plus à Compiègne. Au lieu de jeudi,
c'est vendredi que nous revenons, à cause d'une comédie d'Octave
Feuillet qu'on représente jeudi soir. J'espère bien que ce sera le
dernier retard. Je suis, d'ailleurs, tout malade. On ne peut dormir
dans ce lieu-ci. On passe le temps à geler ou à rôtir, et cela m'a
donné une irritation de poitrine qui me fatigue beaucoup. D'ailleurs,
impossible d'imaginer châtelain plus aimable et châtelaine plus
gracieuse. La plupart des invités sont partis hier et nous sommes
restés en petit comité, c'est-à -dire que nous n'étions que trente ou
quarante à table. On a fait une très-longue promenade dans les bois qui
m'a rappelé nos courses d'autrefois. Sans le froid, la forêt serait
tout aussi belle qu'au commencement de l'automne. Les arbres ont encore
leurs feuilles, mais jaunes et oranges du plus beau ton du monde. Nous
rencontrions à chaque pas des daims qui traversaient notre route.
Aujourd'hui arrive une cargaison nouvelle d'hôtes illustres. Tous les
ministres d'abord, puis des Russes et d'autres étrangers. Redoublement
de chaleur, bien entendu, dans les salons.
Adieu.
Quand je pense que j'aurais pu vous voir à Paris aujourd'hui! Je suis
tenté de m'enfuir et de tout planter là . . . . . . . .